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Conquête spatiale : "Mars en 2024, ça ne marchera pas", estime Thomas Pesquet sur RTL

INVITÉ RTL - Le spationaute français s'apprête a effectuer son deuxième voyage dans l'espace. Pour lui, il ne sera pas possible d'aller sur la planète Mars en 2024. En revanche, aller sur la Lune "ce serait l'étape suivante, logique".

L'astronaute français Thomas Pesquet
L'astronaute français Thomas Pesquet
Crédit : RTL
Conquête spatiale : "Mars en 2024, ça ne marchera pas", estime Thomas Pesquet sur RTL
13:09
Thomas Pesquet est l'invité d'Alba Ventura
12:01
Gregory Fortune
Gregory Fortune

Le compte à rebours est enclenché. Dans 10 jours, le 22 avril, Thomas Pesquet s'envolera à destination de l'ISS, la station spatiale internationale, pour une mission de six mois. Depuis le centre de contrôle de la Nasa à Houston au Texas, le Johnson Space Center, où il a passé la plupart de son temps ces derniers mois, l'astronaute français de 43 ans livre sur RTL ce qu'il ressent avant de voyager dans l'espace pour la deuxième fois, et ce qu'il va y faire.

"Il y a deux sensations que j'ai vraiment hâte de retrouver, explique-t-il pour commencer. La première, c'est évidemment celle de l'impesanteur, de la légèreté, cet espèce de super pouvoir de flotter qui est quand même super agréable. Ce n'est pas toujours facile, parce qu'il faut changer la manière dont on fait les choses, mais c'est très agréable de se libérer des contraintes de son corps".

"La deuxième, c'est vraiment la sensation de mission, où tout le monde a le même but, où il y a énormément de gens qui tirent dans le même sens, et tous les matins en se levant on sait exactement ce qu'on a à faire. Les priorité sont claires, on n'a qu'un interlocuteur et on est là pour le boulot".

Si on est sur la Lune en 2024, ce sera déjà superbe

Thomas Pesquet

Cette mission à bord de l'ISS, "c'est aussi une étape sur la route de l'exploration, précise le natif de Rouen. On sait très bien qu'on a envie d'aller vers Mars, on sait que c'est là où on va répondre à des questions un peu fondamentales, sur l'origine de la vie, où est-ce qu'on va en tant qu'espèce (...) Mais on ne sait pas encore y aller. Donc il faut apprendre, il faut répéter, c'est comme l'aviation, il faut répéter les technologies, il faut étudier l'homme dans l'espace, et un jour on sera prêt à aller vers Mars. Il y a une bonne partie du temps à bord de l'ISS qui sert à préparer la suite".

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Le premier pas d'un humain sur cette planète Mars pourra-t-il se faire 2024 comme le dit Elon Musk, dont la société SpaceX a construit la capsule Crew Dragon à bord de laquelle va embarquer Thomas Pesquet  ? "Non, je ne suis pas d'accord, estime le Français (...) C'est vrai que ce qu'a fait SpaceX, c'est assez impressionnant. Mais Mars en 2024, surtout dans les proportions dans lesquelles il l'indique, avec des équipages extrêmement étendus, non, ça ne marchera pas. Si on est sur la Lune en 2024, qu'on est en train d'y construire une base permanente, ce sera déjà superbe".

Aller sur la Lune, j'en rêve, parce que ce serait l'étape suivante

Thomas Pesquet

"Aller sur la Lune, j'en rêve, parce que ce serait l'étape suivante, logique, poursuit le spationaute. On a encore pas mal de recherches à faire sur la Lune, il y a plein de choses à apprendre, mais on sait surtout que c'est une répétition obligatoire. C'est la traversée de la Méditerranée en avion alors que ce que l'on veut faire c'est la traversée de l'Atlantique. Mais il faut répéter nos gammes. Si on ne sait pas faire la station spatiale, on ne saura jamais aller sur la Lune. Et si on ne sait pas aller sur la Lune, on ne saura jamais aller sur Mars. C'est 1.000 fois plus difficile, c'est 1.000 fois plus loin".

"Il faut y retourner (sur la Lune, ndlr), c'est certain, mais de manière plus durable, vraiment pas juste pour planter un drapeau et dire 'ça y est, on l'a fait, bravo' : pour y rester, pour faire une base en coopération internationale, pour faire de la recherche scientifique (...) Une fois que l'on saura faire ça, on regardera la suite".

Il ne faut être un expert mondial dans aucun domaine

Thomas Pesquet

"Je pense que pour être astronaute aujourd'hui il ne faut être un expert mondial dans aucun domaine, explique aussi Thomas Pesquet. Il ne faut pas être un athlète de haut niveau ou un Prix Nobel de physique, mais il faut avoir un peu toutes ces qualités-là une par une, il faut être un joueur d'équipe, il ne faut pas avoir de trou dans la raquette. Et ça, je trouve que c'est plutôt normal, ça ne me paraît pas être quelque chose d'exceptionnel au final".

Enfin, le dixième Français à s'être rendu dans l'espace promet qu'il va "essayer" de partager sa mission à travers de nouvelles photos. "Mais c'est vrai qu'avec le changement de rôle à bord de la station je serai peut-être encore plus occupé que la dernière fois, déjà que j'avais plutôt tendance à faire ça sur mes heures de sommeil. Je vais essayer parce que je sais que maintenant il y a une attente".

J'ai quelques photos que je n'ai pas réussi à prendre

Thomas Pesquet

"C'est important de partager la mission, c'est pour ça que je l'ai fait la première fois, conclut Thomas Pesquet. C'est beaucoup de boulot mais c'est aussi un plaisir : on se sent moins seul, ça crée de l'engouement. J'ai quelques photos que je n'ai pas réussi à prendre : le Machu Picchu, des cibles qui étaient difficiles. Je me suis mis ça dans un coin de la tête, ce sera mon objectif".

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