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Le professeur Nicolas Girard, le 30 octobre 2026 sur RTL
Crédit : RTL
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Un immense espoir pour des millions de malades du cancer du poumon. Le 25 octobre dernier, au Congrès de la Société européenne d’oncologie médicale à Madrid, était présentée une avancée potentiellement majeure dans la lutte contre cette maladie : un nouveau traitement qui pourrait permettre aux patients de vivre plus longtemps sans avoir recours à la chimiothérapie.
Derrière cette découverte se trouve le professeur français Nicolas Girard, chef du département d’oncologie médicale de l’Institut Curie, qui lutte depuis plus de vingt ans contre ce cancer. "Il y a 20 ans, l'espérance de vie était de l'ordre de 8-9 mois pour la plupart des patients, explique Nicolas Girard au micro de Marc-Olivier Fogiel sur RTL. Aujourd'hui, on est au moins à trois fois cela. On approche les 2 ans et pour une proportion de patients, on va guérir la maladie et on va pouvoir avoir une espérance de vie qui va être de plusieurs années, 5 ans, 7 ans, 10 ans. On voit chaque jour la limite reculer".
Nicolas Girard, qui lutte depuis 20 ans contre le cancer du poumon, explique que "cette découverte permet de proposer aux patients de partir avec un traitement qui va leur éviter de faire de la chimiothérapie, qui est un traitement qui fonctionne mais qui est difficile".
La chimiothérapie, ça impose de venir à l'hôpital, il y a des effets secondaires, il y a la fatigue. Et le traitement par comprimé permet d'éviter tout cela, tout en étant plus efficace".
Le professeur Nicolas Girard de l'Institut Curie sur RTL
Concrètement, "on va leur proposer un traitement par comprimé qui va être beaucoup plus efficace, qui va réduire de moitié les risques d'échec et qui va donc permettre de contrôler la maladie le plus longtemps possible". Autrement dit, vivre plus longtemps sans chimiothérapie : "La chimiothérapie, ça impose de venir à l'hôpital, il y a des effets secondaires, il y a la fatigue. Et le traitement par comprimé permet d'éviter tout cela, tout en étant plus efficace".
La découverte du professeur Girard correspond, selon lui, "dans un sous-groupe particulier de cancer du poumon, à rechercher les interrupteurs de la maladie qui se sont allumés, qui ont conduit au développement du cancer".
"Ces interrupteurs, explique-t-il, on peut les éteindre avec des traitements, ces traitements par comprimés qu'on appelle les traitements ciblés. Le problème, c'est que ces traitements ciblés peuvent perdre de leur efficacité, d'autres interrupteurs peuvent s'allumer. On va aller les chercher et spécifiquement chez les patients qui ont allumé ces interrupteurs particuliers, leur donner un deuxième traitement qui va les éteindre. On est tout le temps en train de s'adapter à l'évolution de la maladie. En faisant cela, on arrive finalement à contrôler les choses et à prolonger l'espérance de vie des patients".
L'oncologue raconte avoir découvert ces "interrupteurs" il y a maintenant une quinzaine d'années. "Mais entre-temps, il a fallu découvrir de nouveaux médicaments qui permettent d'éteindre ces interrupteurs. Et puis ensuite, il faut les évaluer. Et tout ça a pris finalement beaucoup de temps".
On attend désormais de voir arriver les médicaments auxquels a abouti cette découverte auprès des patients. "Aujourd'hui, on a la preuve de l'efficacité, explique Nicolas Girard. Ensuite, il y a l'évaluation par les autorités européennes, par les agences françaises. Ça prend du temps".
"En France, précise-t-il, on a la chance d'avoir des dispositifs qui permettent d'accéder plus tôt à l'innovation, ce qu'on appelle les accès précoces. Donc j'espère qu'il y aura un accès précoce pour cette stratégie. Pour un accès précoce, on parle probablement de quelques mois. Pour l'accès officiel, ça prend souvent 18 mois à 2 ans".
Un doublement des chances de survie chez les patients, c'est du jamais vu !
Le professeur Nicolas Girard de l'Institut Curie sur RTL
Au Congrès de Madrid, une autre découverte a été présentée, cette fois pour l'une des formes les plus agressives du cancer du poumon, à petites cellules.
"Dans le cancer bronchique à petites cellules, explique le spécialiste, cancer fulgurant, en quelques mois les patients peuvent être emportés par cette maladie, on a découvert le médicament de base, le médicament qu'on doit donner à tous les patients le plus tôt possible dans l'évolution de la maladie. Il s'agit de stimuler les défenses du patient pour qu'elle prenne le relais pour détruire les cellules cancéreuses".
"Un doublement des chances de survie chez les patients, c'est du jamais vu, assure-t-il. Il y a des petites marches, mais il y a des marches qui sont encore plus hautes. Et celle-ci, elle vient d'être franchie dans le cancer bronchique à petites cellules".
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