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Sexualité : qu'est-ce que le "Self Help" ?

ÉCLAIRAGE - La journaliste Clarence Edgard-Rosa publie jeudi 9 mai "Connais-toi toi-même", un "guide d'auto-exploration du sexe féminin" pour encourager les femmes à regarder leur intimité et à s'emparer de leur sexualité.

Les témoignages des anciennes patientes et des élèves d'Emile Daraï sont glaçants. Toutes dénoncent des violences physiques et verbales.
Les témoignages des anciennes patientes et des élèves d'Emile Daraï sont glaçants. Toutes dénoncent des violences physiques et verbales.
Crédit : IStock/Getty Images
Arièle Bonte
Arièle Bonte

Les ateliers d'auto-exploration de l'anatomie féminine se multiplient aux quatre coins de la France. À la fois cours de gynécologie et actes militants, le succès de ces ateliers témoigne d'un réel besoin, pour les femmes, de connaître leur corps et de prendre le pouvoir sur leur sexualité.

Car à l'heure où le clitoris est encore invisibilisé dans la grande majorité des manuels scolaires, plus d'une femme sur trois déclare n'avoir jamais observé son intimité. 4 femmes sur 5 savent situer leur clitoris, mais 35% déclarent ne l'avoir jamais vu, selon une étude du laboratoire Terpan et du magazine So What ?, publiée en 2017.

Pourtant, cela fait plusieurs décennies que des militantes pour les droits des femmes travaillent à rendre à la vulve ses lettres de noblesse. C'est ce que raconte Clarence Edgard-Rosa, journaliste spécialisée dans les questions de sexualité et de genres, dans son livre Connais-toi toi-même, guide d'auto-exploration du sexe féminin, à paraître le 9 mai aux éditions La Musardine (1). 

Un mouvement militant né aux États-Unis

La journaliste, et actuelle rédactrice en chef de Marie Claire digital, raconte en effet que le mouvement d'auto-exploration de l'anatomie féminine est né dans les années 70 aux États-Unis, en pleine bataille pour le droit à l'avortement et à une contraception libre et choisie.

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Baptisé "Self Help" (littéralement, "s'aider soi-même"), ce mouvement a commencé dans les rangs des militantes féministes. Ces dernières se sont rendus compte d'un paradoxe : alors qu'elles réclamaient la libération de leurs corps, beaucoup d'entre elles ne le connaissaient, ne le regardaient pas, voire ne l'aimaient pas.

Armées d'un miroir et d'un spéculum, les ateliers d'exploration ont commencé en petit comité avant que le savoir ne soit partagé dans une poignée de publications comme Our Bodies, Ourselves, traduit en français chez Albin Michel en 1977 sous le titre de Notre corps, nous-mêmes, ou encore A New View of Woman's body (1981) et quelques fanzines dans les années 90.

Une (nouvelle) libération de la parole

Grace à ces ouvrages et aux figures du mouvement, le "Self Help" a été exporté en Europe et notamment en France. Mais comme beaucoup de luttes féministes, il est aussi tombé dans l'oubli avant d'être réactivé ces dernières années et plus particulièrement ces derniers mois, peut-être sous l'influence de #MeToo et de la libération de la parole des violences gynécologiques et obstétricales.

En France, Clarence Edgard-Rosa cite par exemple dans son livre les ateliers menés par les associations Les Chahuteuses et Le Cabinet de curiosité féminine, ou encore l'École des Arts et de l'Amour et propose, dans son livre, le b-a.ba de l'auto-exploration du sexe féminin, le tout illustré par Suzie Q. Un guide à mettre entre toutes les mains.  

(1) Connais-toi toi-même, guide d'auto-exploration du sexe féminin, Clarence Edgard-Rosa, éditions La Musardine, mai 2019, 64 pages, 12 euros

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