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Une injection du vaccin (illustration)
Crédit : SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA
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Un traitement préventif de l'infection au VIH injectable et à longue durée d'action, considéré comme une grande avancée par les associations et les spécialistes qui l'attendaient depuis près de deux ans, va pouvoir faire son arrivée en France, après un arrêté gouvernemental ce jeudi 26 février.
La prophylaxie pré-exposition (PrEP), traitement préventif destiné aux personnes exposées au VIH, est déjà disponible en France sous forme de comprimés. Mais cette version orale impose une prise très régulière, avec un risque de mauvaise observance ou d’abandon du traitement.
Le cabotégravir injectable offre une alternative : administré tous les deux mois, il vise à simplifier le suivi et à réduire les contraintes liées à la prise quotidienne. Commercialisé sous le nom Apretude par ViiV Healthcare, filiale du laboratoire britannique GSK, ce médicament est désormais considéré comme "irremplaçable et particulièrement coûteux" par les autorités, justifiant sa prise en charge à 100%.
L’arrivée de cette PrEP injectable se faisait attendre. La Haute Autorité de santé (HAS) avait validé son intérêt à l’été 2024, tout en estimant qu’elle n’apportait qu’une amélioration "modérée" du service médical rendu.
Depuis, sa commercialisation restait suspendue à des négociations tarifaires entre les autorités sanitaires et le laboratoire. Officiellement, une dose d’Apretude est vendue à plus de 1.000 euros, mais le montant réellement remboursé par l’Assurance maladie demeure confidentiel.
De nombreux experts et associations ont salué l’arrivée de ce traitement. Dès 2020, ONUSIDA évoquait un médicament susceptible de "changer la donne" dans la prévention du VIH.
En France, l’association Aides parle d’une "avancée majeure dans la lutte contre le VIH/sida". Selon elle, la PrEP injectable permettra notamment aux personnes pour qui l’observance de la PrEP orale était particulièrement difficile d’accéder à un outil de prévention mieux adapté.
Malgré cet enthousiasme, des réserves subsistent. Pour bénéficier de la PrEP injectable, il est nécessaire de réaliser un test de charge virale du VIH, qui n’est pas pris en charge à 100%. "Il y aura donc un reste à charge pour la personne", éventuellement couvert par une mutuelle, souligne Solenn Bazin, chargée de plaidoyer prévention à Aides.
Par ailleurs, toutes les personnes exposées au virus ne sont pas éligibles. La HAS ne recommande pas le cabotégravir injectable aux femmes en âge d’avoir un enfant, en raison d’un "risque potentiel de malformation" chez le fœtus.
Au cas où une prescription serait "souhaitable" chez une "femme en âge de procréer", la HAS ouvre toutefois la possibilité de le faire à condition qu'elle soit "avertie" de ces risques potentiels ainsi que de la nécessité de suivre une contraception efficace. Il est également recommandé de réaliser un test de grossesse avant une première prescription.
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