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2 min de lecture
Des boîtes de médicaments (Photo d'illustration)
Crédit : Aline Morcillo / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Pour vous, ce n'est qu'un bras cassé, mais pour la Sécu, cela représente des milliers d'euros. Afin de détacher les Français d'une forme de "confort de l'irresponsabilité" et leur faire prendre conscience du coût des services publics, l'Institut Montaigne propose d'inscrire le coût réel et détaillé de toutes les prestations de santé, dans un rapport.
Si elles semblent gratuites pour les citoyens, ces sommes sont en réalité prises en charge par la Sécurité sociale et coûtent très cher à l'État. Un Français sur deux ne connaît d'ailleurs pas le prix du soin dont il bénéficie, selon le rapport.
"J'ai payé une trentaine d'euros. Qui paye ça ? Quand j'ai accouché, ça ne m'a rien coûté", s'étonne Sarah, 25 ans, qui a retiré un kyste dans un hôpital public, lorsqu'elle apprend qu'une journée d'hospitalisation revient à 1.300 euros, et qu'elle vaut dans les faits 4.500 euros à l'établissement. "Je trouve qu'on a besoin de savoir : oui pour la transparence", ajoute-t-elle.
"Connaître le coût des prestations est une priorité. On pense qu'il est possible de donner à voir à chaque Français, ce qu'il coûte à la solidarité collective. Non pas dans une logique culpabilisante, mais dans une logique d'information puisque personne ne connaît la réalité des coûts", explique sur RTL jeudi 5 février, Marie-Pierre de Bailliencourt, directrice de l'Institut Montaigne.
L'idée est de susciter une "responsabilité accrue" des citoyens : "On est pour la confiance et l'autonomie, c'est faire la part des choses entre aller aux urgences lorsqu'on a un rhume et bénéficier de cette manne publique vitale pour un traitement anticancéreux", poursuit-elle. Elle préconise que les feuilles de soins indiquent le prix des médicaments en pharmacie et le coût des prises en charge hospitalières, "pas gratuites mais gracieuses au nom de la solidarité".
"Cela limiterait la consommation : sur un Doliprane, on a tendance à en prendre 12 boîtes, alors que 5-6 suffiraient si on connaissait la valeur des choses", estime Christelle, une pharmacienne.
2.000 euros pour une opération de la cataracte, 20.000 euros pour une prothèse de hanche… La directrice de l'Institut Montaigne parle même de 70.000 euros pour une jambe ou un bras cassé.
Mais comment on en arrive à de telles sommes ? Concrètement, un hôpital, c'est avant tout des coûts fixes : du matériel dans le bloc opératoire, du personnel qu'il faut payer entre les médecins, les infirmières, les anesthésistes ou encore les chirurgiens… Il y a aussi les soins post-opératoires comme le kiné et le prix des médicaments avec par exemple des ampoules revenant à 15.000 euros dans certains traitements contre le cancer.
"Les gens se plaignent du système de santé et de ce que ça coûte, mais je pense qu'il faut une vraie prise de conscience sur le sujet et que tout le monde réalise la chance qu'on a aussi d'être aussi bien soigné en France", confirme Marion, qui a accouché trois fois dans l'hôpital public, à notre micro.
Ces coûts de santé expliquent en partie le déficit actuel de la Sécurité sociale : 20 milliards d'euros, dont les trois quarts sont expliqués par les dépenses d'assurance maladie.
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