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Horloge biologique perturbée, inflammations... Comment le manque de sommeil pèse sur le risque de cancers et l'efficacité des traitements

Le manque de sommeil ne se contente pas d’épuiser l’organisme. S'il est acquis qu'il favorise le risque de certains cancers, il pourrait aussi réduire l’efficacité des traitements, selon une nouvelle étude menée aux États-Unis.

Une femme en train de dormir (image d'illustration).

Crédit : CAIA IMAGE / SCIENCE PHOTO LIBRARY / NEW / Science Photo Library via AFP

Mieux dormir pour mieux guérir

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Jimmy Mohamed - édité par Alexian Giron

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Un bon sommeil est essentiel pour être en bonne santé. Des chercheurs de l'université de Floride ont privé de sommeil des souris et ont observé leur microbiote, leur flore intestinale. Perturbé par la dette de sommeil, ce microbiote a ensuite été transféré sur des souris saines. Ces souris au départ en bonne santé ont fini par développer des tumeurs et lorsque les chercheurs ont tenté de les traiter avec une chimiothérapie, la réponse au traitement était moins bonne. 

Jusqu'ici, on savait déjà, notamment chez l'homme, que le manque de sommeil augmente le risque de cancer. Les infirmières qui travaillent de nuit ont par exemple plus de risques de développer un cancer du sein que les autres. Ce qui est inédit dans cette nouvelle étude, c'est que les scientifiques se sont rendus compte que la réponse au traitement, notamment aux chimiothérapies, pourrait être influencée par la qualité du sommeil. 

Et lorsqu'un individu a un cancer, il peut avoir des troubles du sommeil. Donc  une des clés pour améliorer la réponse aux traitements sera peut-être demain d'améliorer le sommeil des patients, à la fois avec des conseils ou de nouveaux médicaments.

Tout notre rythme perturbé

Comment expliquer cet impact du sommeil sur la flore intestinale ? Le premier élément est le bouleversement de notre rythme circadien, notre horloge biologique. Le cerveau et les bactéries du tube digestif fonctionnent sur 24 heures, avec en quelque sorte les bactéries de jour et les bactéries de nuit. Lorsqu'une personne subit un décalage horaire, il est prouvé scientifiquement que cela perturbe le microbiote. 

Deuxièmement, le manque de sommeil stresse l'organisme. L'être humain va ainsi produire plus de cortisol et de molécules inflammatoires, qui pourront ainsi provoquer une inflammation dans le tube digestif et perturber le microbiote. Enfin, une dette de sommeil augmente l'envie de manger des aliments gras, sucrés ou salés. Cette pratique a également un impact majeur sur la flore intestinale. 

Une des clés de notre bonne santé se trouve donc dans notre lit. Mais les Français dorment de moins en moins : nous avons perdu 1h30 de sommeil en 30 ans avec des conséquences catastrophiques sur notre santé. Au-delà de la question des cancers, le fait de retarder l'heure d'endormissement en regardant les écrans ou en naviguant sur les réseaux sociaux a des impacts lourds sur notre organisme : cela accentue l'hypertension artérielle, le risque de développer un diabète de type 2 ou encore la prise de poids. 

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