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Rouge, orange, vert et... blanc : pourquoi l'Italie réfléchit à mettre en place des feux de circulation quadricolores

Ce feu blanc s'allumerait en présence d'un nombre important de véhicules autonomes à une intersection, pour que les IA des différents engins prennent en charge la gestion du trafic.

Un feu tricolore à Rome, près du Vatican.

Crédit : ALBERTO PIZZOLI / AFP

Florian Gazan & Gabriel Joly

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Les feux tricolores, vivent-ils leurs dernières heures ? La ville de Rome pourrait bientôt se doter de feux quadricolores dans le cadre d'une expérimentation, en ajoutant un feu blanc aux traditionnelles lumières rouge, orange et verte. L'objectif : s'adapter à l'arrivée des voitures connectées et autonomes, à bord desquelles des automobilistes peuvent circuler mais qui se conduisent toutes seules.

Le Roma Servizi per la Mobilità, l'entreprise publique créée par la municipalité pour gérer les mobilités publique et privée dans la capitale italienne, a confirmé que cela était à l'étude, comme le rapporte la Gazzetta Motori. Dans le cadre du déploiement de ce type de véhicules nouvelle génération, les feux blancs doivent permettre de gérer le trafic grâce à l'intelligence artificielle.

L'idée née aux États-Unis, où il y a déjà 2.500 taxis autonomes dans les rues, après des travaux de l'université de Caroline du Nord. L'Europe s'y met aussi puisque depuis une dizaine de jours, les Pays-Bas ont autorisé la circulation de ces voitures autonomes.


Concrètement, ce feu blanc situé, sous le vert, s'allumerait en présence d'un nombre important (défini à l'avance) de véhicules connectés à une intersection, pour que les IA des différents engins prennent en charge la gestion du trafic, sachant qu'elles communiquent entre elles via les infrastructures routières pour calculer leurs trajectoires.

Les conducteurs des voitures traditionnelles devraient repenser leur conduite

Pour les conducteurs humains dans des véhicules traditionnels, la consigne habituelle donnée par les feux tricolores changerait alors radicalement puisqu'il ne s'agirait plus que de suivre le mouvement de la voiture de devant avec le principe du "Si elle avance, tu avances, si elle s'arrête, tu t'arrêtes". La gestion de la priorité étant de fait confiée aux véhicules autonomes.

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En revanche, ce dispositif pourrait n'être activé que lorsqu'un nombre suffisant de voitures autonomes est détecté dans une zone. Autrement, on rebasculerait sur le fonctionnement classique du feu tricolore. Selon les études, cette innovation pourrait réduire de 25% les bouchons et donc la limitation de l'utilisation du carburant et des rejets de CO2.

Néanmoins, cela impliquerait de gros efforts budgétaires, souligne la Gazzetta Motori : "Se retrouver avec des feux très complexes à gérer, sans les financements nécessaires, une fois la phase d'expérimentation terminée, pourrait devenir un problème majeur dans une ville tentaculaire comme Rome, avec ses embouteillages". Autant dire qu'en France, on n'en est pas encore là.

Pour l'histoire, le feu de circulation était bicolore à l'origine, avec le rouge pour symboliser le danger et le vert lorsqu'il n'y en a pas. Il est entré en fonction en 1914 à Cleveland, dans l'Ohio. À l'époque, c'est un policier qui basculait manuellement les couleurs en faisant retentir une sonnerie au moment du changement. La couleur orange - entre les deux dans la gamme chromatique - est apparue six ans plus tard à Détroit, afin de laisser au conducteur un temps de réaction entre les deux et ainsi éviter les freinages brutaux et collisions à des carrefours.

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