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Le navire de croisière MV Hondius au port de Granadilla, dans le sud de l'île espagnole de Tenerife le 10 mai 2026.
Crédit : MV Hondius
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Un nouveau virus fait parler de lui à l'international et tout s'emballe. Même si les spécialistes se succèdent dans les médias avec un message plutôt rassurant, l'hantavirus inquiète alors que les passagers du MV Hondius et les divers cas contacts sont pris en charge par les autorités de leur pays respectif.
France, Royaume-Uni, Espagne, Portugal, États-Unis… Chaque pays a établi son propre protocole sanitaire et s'est chargé de rapatrier ses ressortissants. De quoi craindre que, dans le voyage et la gestion du risque, le nombre de cas contacts explose en chemin.
"Sur le plan épidémiologique, l'idéal aurait été de les confiner sur le bateau", assurait Gilles Pialoux, infectiologue à l'hôpital Tenon à Paris, sur BFMTV le 11 mai. Le spécialiste a regretté que, le dispatching ayant été fait, aucun contrôle sanitaire international ne puisse être fait. C'est vrai que, quand on y réfléchit, cette solution paraît presque évidente. Mais alors, pourquoi a-t-elle été très rapidement exclue ?
En charge de la gestion des passagers du MV Hondius, le gouvernement espagnol, par la voie de sa ministre de la Santé, a été très clair sur le sujet le 8 mai. "Un bateau où une épidémie s'est déclarée n'est pas un lieu approprié ni pour traiter ni pour mettre en quarantaine, a expliqué Monica Garcia. "Il n'y a pas d'espace pour maintenir séparés les patients symptomatiques qui pourraient apparaître et les systèmes de ventilation ne sont pas adaptés pour réduire le risque de transmission", a-t-elle ajouté.
Seul un hôpital "permet de disposer de l'équipement pour réaliser une quarantaine efficace et sûre, et d'intervenir au cas où l'état de santé de quelqu'un se détériorerait", a précisé la ministre. Il n'est pas question de laisser "des patients abandonnés à leur sort sur un bateau" et "les personnes qui ont été en contact méritent d'être prises en charge dans des conditions dignes et sécurisées", a-t-elle poursuivi.
Sur notre antenne ce mardi 12 mai 2026, l'infectiologue Karine Lacombe a abondé en ce sens. "On ne peut pas faire de réanimation de haut niveau sur un bateau. Ça aurait été techniquement très difficile et surtout une perte de chance pour les personnes", a-t-elle estimé au micro de Thomas Sotto, ajoutant que la question est "humaine" avant d'être sanitaire.
Tedros Adhanom Ghebreyesus, le Directeur général de l'OMS, a achevé le débat ce mardi 12 mai 2026, en milieu de matinée, lors d'une conférence de presse à Madrid. Maintenir sur le navire les passagers pendant toute la période de quarantaine aurait été "inhumain et inutile". "Hier, j'ai même qualifié cela de cruel de le suggérer", a rappelé le patron de l'OMS, qui s'est dit "convaincu" par l'option du débarquement des passagers.
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