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"Des tutos pour se suicider, pour se scarifier" : 16 familles portent plainte contre TikTok pour "abus de faiblesse"

Seize familles ont porté plainte contre la plateforme lundi 11 mai. Elles estiment que TikTok profite de la vulnérabilité de leurs enfants, les poussant au suicide ou à la tentative de suicide. Une mère raconte à RTL comment sa fille s'est retrouvée dans une spirale infernale. Le géant chinois assure disposer d'outils de modération de ses contenus pour les jeunes.

L'application TikTok. (Illustration)

Crédit : AFP

Plana Radenovic & Sylvain Zimmermann

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Seize familles ont porté plainte lundi 11 mai contre TikTok pour "abus de faiblesse". Leur plainte, révélée par franceinfo, veut dénoncer les "prisons mentales" fabriquées sur la plateforme chinoise. Les parents dénoncent le fait que "la machine TikTok" ait poussé leurs enfants au suicide, ou à la tentative de suicide.

Une procédure civile est en cours à Créteil, tandis que des investigations pénales ont été lancées à Paris depuis un signalement du député Arthur Delaporte, à l'issue d'une commission d'enquête. Cette commission avait conclu que la plateforme proposait un "océan de contenus néfastes", de la violence "sous toutes ses formes", selon sa rapporteure Laure Miller (EPR).

Depuis l'automne 2025, le parquet de Paris enquête notamment pour propagande de moyens de se donner la mort. Avec leur plainte, les seize familles "souhaitent venir compléter les investigations", en mettant "l'accent sur le délit pénal d'abus de faiblesse non visé encore dans l'enquête", écrivent-elles dans un communiqué du collectif Algos Victima.

Du lavage de cerveau qui vous dit que la meilleure solution pour arrêter de souffrir, c'est de mourir

Mère de Maëlle

Morgane est la maman de Maëlle. Âgée aujourd'hui de 19 ans, la jeune femme a utilisé TikTok pour la première fois alors qu'elle avait 14 ans. Au départ, elle like des chansons tristes, puis, de fil en aiguilles, se retrouve dans une spirale infernale où l'algorithme lui propose des contenus mortifères. Elle a fait six tentatives de suicide.

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"Elle est au collège, elle ne se sent pas très bien dans sa peau. Et puis, une copine lui dit 'Ah, mais écoute, regarde, elle a TikTok', raconte la maman de Maëlle sur RTL. Donc, elle voit des trucs un peu satisfaisants, des trucs rigolos, des trucs bon enfant. Et du coup, elle décide de s'inscrire. En parallèle, elle se sent de moins en moins bien dans sa classe et elle est victime de harcèlement. Se sentant tellement seule, elle se réfugie sur les réseaux sociaux."

"L'algorithme sent qu'elle a un petit penchant pour ce mal-être et donc lui propose des contenus où les gens expriment leur mal-être, mais de façon de plus en plus claire, de plus en plus franche et directe, précise Morgane à RTL. Des tutos pour se suicider, pour se scarifier, pour perdre du poids. C'est du lavage de cerveau qui vous dit que la meilleure solution pour arrêter de souffrir, c'est de mourir."

Alerter les parents des risques du réseau social

Morgane a accepté de raconter son histoire, afin de prévenir les autres parents des risques de TikTok, mais aussi pour que la plateforme soit un jour condamnée, pour avoir inciter des mineurs fragiles à se donner la mort. Depuis que sa fille "n'est plus trop exposée à ces contenus, ça va mieux clairement", insiste-t-elle.


Le géant chinois a, à plusieurs reprises, rejeté ces allégations et assure disposer d'outils de modération de ses contenus pour les plus jeunes. Lundi, la plateforme n'avait pas répondu dans l'immédiat aux sollicitations de l'AFP. La première plainte en Europe visant TikTok pour provocation au suicide remonte à septembre 2023.

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