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Faut-il vraiment adapter son alimentation en fonction de son cycle menstruel ? L'avis d'un gynécologue

Plus d’énergie, moins de fringales, une meilleure humeur, moins de douleurs de règles... C’est ce que promet le "cycle syncing", cette tendance qui consiste à modifier son alimentation en fonction des différentes phases du cycle menstruel.

Une salade bien équilibrée.

Crédit : Brooke Lark / Unsplash

Aline Perraudin

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Les hormones féminines fluctuent au cours du cycle. C'est normal. Et ces fluctuations peuvent influencer l'appétit, l'humeur, le niveau d’énergie, mais c'est très variable d'une femme à l’autre, et même d’un cycle à l’autre. Mais il n'existe pas de preuves solides montrant que changer son alimentation en fonction de son cycle permet de se sentir mieux et d'atténuer les symptômes liés au cycle menstruel.

Les aliments ne peuvent pas équilibrer les hormones. Ils n’ont pas ce pouvoir de réguler les œstrogènes et la progestérone. Et aucune étude scientifique ne valide les listes précises d’aliments préconisées par les partisans de cette méthode. Qu’il faut, par exemple, manger du brocoli, de l’avocat et des graines de lin en début de cycle et plutôt des patates douces et des graines de tournesol avant la survenue des règles.

Une revue d’études publiée en 2023 a conclu qu’il n’existe pas de consensus sur les aliments ou les compléments alimentaires dont l’efficacité est suffisamment étayée pour les recommander contre les symptômes liés au cycle menstruel.

Mais certains conseils peuvent-ils être quand même être utiles ? Selon la Dre Odile Bagot, gynécologue, "certains conseils donnés pour la semaine précédant les règles peuvent aider à lutter contre le syndrome prémenstruel". C’est une période du cycle où des adaptations alimentaires peuvent avoir un intérêt.

La meilleure approche : manger équilibré et varié

Par exemple, manger moins salé pour lutter contre la rétention d’eau, avoir une alimentation suffisamment riche en glucides complexes - céréales complètes et légumes secs - pour freiner les fringales, et en calcium et magnésium pour limiter les sautes d’humeur fréquentes en cas de syndrome prémenstruel.

Mais il n’est pas nécessaire de prévoir des menus différents pour chaque phase du cycle. Une alimentation équilibrée, s’inspirant du régime méditerranéen, avec des produits frais et peu d’aliments ultra-transformés, reste la meilleure approche pour soutenir son bien-être tout au long du cycle. Ce qu’on peut garder de cette méthode, c’est d’écouter son corps et d’ajuster son assiette en fonction de son appétit ou de ses sensations digestives, par exemple, mais pas de transformer chaque repas en ordonnance.

Le défaut majeur de cette pratique, c’est qu’elle pousse à tout expliquer par les hormones et à faire croire que l’alimentation peut tout régler. Ce qui est faux. Des règles très abondantes, un syndrome prémenstruel sévère, des douleurs de règles importantes nécessitent un avis médical et une prise en charge adaptée.

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