2 min de lecture

"Du jamais-vu" : pourquoi les médecins libéraux seront en grève pour dix jours dès lundi

Des mobilisations de grande envergure sont prévues à partir de la semaine prochaine en France. Usés, les professionnels de la santé s'insurgent contre des mesures qui "mettent "en danger" leur "liberté d'exercice".

Un médecin a été violemment agressé en Dordogne (illustration).

Crédit : Online Marketing / Unsplash

AFP - édité par Guillaume Cros

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Le monde de la santé se met en grève dans toute la France. Avec une action annoncée comme "historique", les médecins se mobilisent à partir du lundi 5 janvier et pour dix jours, les médecins libéraux sont appelés à faire grève contre "des politiques qui les piétinent", mouvement que leurs syndicats espèrent "massif", au risque de mettre en difficulté l'hôpital public.

Les médecins de ville et des cliniques protestent contre diverses mesures de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 adoptée le 16 décembre et plus largement des politiques qui "mettent en danger" leur "liberté d'exercice". 

Parmi les griefs : un budget insuffisant face à des besoins croissants, un contrôle accru des prescriptions d'arrêts de travail ou des mesures permettant aux autorités de baisser "de façon autoritaire" les tarifs de certains actes, en "contournant" le dialogue social.

Les praticiens craignent aussi la restriction de leur liberté d'installation, objet de textes en cours d'examen au Parlement. "Les remontées de terrain sont impressionnantes. Les médecins se sentent trahis. Le mouvement sera excessivement suivi, je n'ai pas vu ça depuis 30 ans", affirme Frank Devulder, président du syndicat CSMF. D'après un "sondage flash" du syndicat, environ 85% des adhérents prévoient de faire grève.

C'est la conséquence de politiques qui agressent les médecins.

Bertrand de Rochambeau, président du Syngof (gynécologues-obstétriciens)

Tous les syndicats font front commun : les organisations professionnelles représentatives (Avenir Spé/Le Bloc, CSMF, FMF, MG France, SML, UFML), les étudiants (Isni, Isnar-Img, Anemf) comme la jeune génération (Jeunes Médecins, Médecins pour Demain).

À lire aussi

"C'est la conséquence de politiques qui agressent les médecins", notamment le secteur 2 (praticiens conventionnés, avec dépassements d'honoraires), alors que les tarifs remboursés par l'Assurance maladie n'ont pour certains "pas évolué depuis les années 1990", lance Bertrand de Rochambeau, président du Syngof (gynécologues-obstétriciens).

La ministre de la Santé remettra sa démission en cas de "défaite"

Ces mécontentements, la ministre de la Santé Stéphanie Rist souhaiterait y répondre par "le dialogue". Dans Le Quotidien du médecin, elle assure "suivre de près la situation" et propose aux médecins libéraux d'ouvrir "un chantier sur les modes de rémunération".

Elle a souligné que des mesures très contestées avaient disparu, comme l'instauration d'une amende pour les médecins qui ne rempliraient pas le dossier médical partagé (DMP) des patients, mesure censurée par le Conseil constitutionnel. "Insuffisant" pour les syndicats, qui attendent "des actes".

À quelques heures du début de la grève, la ministre de la Santé souffle le chaud et le froid. Des réquisitions pourraient avoir lieu, a-t-elle glissé dans un entretien à La République du Centre ce dimanche 4 janvier. Elle explique prendre ses "responsabilités pour que nos concitoyens puissent être soignés, tout en respectant la possibilité de faire grève pour les professionnels". Les syndicats n'ont pas encore réagi à cette annonce. 

Avec cette mobilisation, Stéphanie Rist joue sa place au gouvernement. En cas de "défaite", elle annonce qu'elle remettra sa démission. 

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info