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Céréales, pommes de terre, pâtes... C'est quoi le cadmium, ce métal lourd cancérogène, présent dans nos aliments ?

Le cadmium se retrouve dans la chaîne alimentaire après son absorption par les cultures via les engrais. Il termine ainsi dans l'assiette des consommateurs, présentant des risques importants pour la santé.

Les pommes de terre contiennent du cadmium

Crédit : Wikipédia

Juliette Vignaud

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Une proposition de loi veut en limiter son exposition. Le sujet du cadmium arrive dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale ce mercredi 3 juin. Ce métal lourd cancérogène est présent dans les organismes de la population française à des taux très élevés, en comparaison à ceux de leurs voisins européens. Selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses), près de la moitié de la population française présentait des expositions au cadmium dépassant les valeurs sanitaires de référence

Moins connu que le plomb ou le mercure, le cadmium est pourtant un métal toxique, omniprésent dans l'environnement et l'alimentation. Il est naturellement présent dans les sols mais aussi apporté par les pratiques agricoles, via l'utilisation d'engrais phosphatés, et se retrouve ainsi dans les assiettes. 

Selon l'Anses, l'alimentation est la première source d'exposition au cadmium. Il se trouve aujourd'hui dans les céréales très consommées, telles que le blé et le riz, ou encore le pain, les pâtes, les pommes de terre et certains légumes. Le métal peut également se retrouver dans les mollusques, les crustacés ou encore les abats. "Moins consommés de manière générale, ils peuvent toutefois contribuer de manière significative à l’exposition des personnes qui en consomment fréquemment", note l'Anses.

Chez les fumeurs, le tabac constitue une source supplémentaire d'exposition au cadmium.

Des risques pour la santé

Le cadmium pénètre facilement dans les végétaux par leurs racines et contamine ainsi la chaîne alimentaire. Selon l'Anses, en France, les matières fertilisantes représentent en moyenne plus de 80% des apports en cadmium aux sols agricoles. Les engrais minéraux phosphatés sont la première source (55%), suivis des effluents d'élevage (25%), puis des boues et composts (5%).   

La France importe majoritairement ces engrais de pays d'Afrique du Nord (Maroc, Égypte, Algérie), où les roches phosphatées sont constituées de roches sédimentaires et donc très riches en cadmium, bien au-delà des normes européennes (60 mg/kg). Mais la réglementation française bénéficie d'une dérogation (90 mg/kg). L'agence de sécurité sanitaire Anses recommande d'abaisser les limites maximales autorisées de cadmium dans les engrais phosphatés à 20 milligrammes par kilo. 

Principal fournisseur de la France (environ 40% des importations), le géant marocain du secteur, l'OCP, assure, de son côté, livrer à l'UE, depuis février 2025, des engrais phosphatés contenant du cadmium à "moins de 20 mg/kg". 

En cas d'exposition prolongée, le cadmium est reconnu cancérogène et toxique pour la reproduction. Il peut entraîner des atteintes rénales, pouvant évoluer à terme vers une insuffisance rénale et une fragilité osseuse, augmentant le risque d’ostéoporose et de fractures. D’autres effets indésirables sont également identifiés notamment sur le neurodéveloppement et le système cardiovasculaire.

Face aux risques pour la santé, une proposition de loi écologiste va ainsi être étudiée par les députés et promet un débat houleux alors que ses détracteurs dénoncent une initiative dangereuse pour la compétitivité de l'agriculture française.

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