3 min de lecture Violences conjugales

Violences faites aux femmes : la volonté politique peut faire changer les choses

ÉDITO - Nicole Belloubet a reconnu dans "Le JDD" les défaillances à tous les étages de l’administration, en matière de violences conjugales. Du commissariat ou la gendarmerie, jusqu’au tribunal et même la prison, les failles sont innombrables.

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Violences faites aux femmes : la volonté politique peut faire changer les choses Crédit Image : Ludovic MARIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
édité par Marie-Pierre Haddad

Dans une semaine prendra fin le Grenelle des violences faites aux femmes. Après dix semaines de consultations, le gouvernement va annoncer des mesures pour endiguer ce fléau. Ce Grenelle, sous la pression de l’actualité et des associations, a crée beaucoup d’attentes. Le gouvernement sera-t-il à la hauteur de ces attentes ?


Ça en prend le chemin. Ce qui fait espérer les associations qui travaillent depuis longtemps sur ces sujets, c’est notamment la prise de position très forte, dimanche 17 novembre de Nicole Belloubet. La ministre de la Justice a courageusement reconnu les défaillances à tous les étages de l’administration. Du commissariat ou la gendarmerie, jusqu’au tribunal et même la prison, les failles sont innombrables.


Certains diront que Nicole Belloubet n’avait pas le choix, tellement le rapport qu’elle a commenté ce week-end dans le JDD est accablant. Moins d’une plainte sur cinq d’une femme morte sous les coups de son conjoint a donné lieu à une enquête. De nombreuses victimes ne parviennent pas à porter plainte.

Nicole Belloubet ne cherche pas d’excuse

Souvent, il y a des antécédents de violences, il y a même des condamnations qui auraient dû alerter toute la chaîne pénale. Nicole Belloubet est courageuse parce qu’elle ne cherche pas d’excuse. Elle ne renvoie pas la responsabilité sur ses prédécesseurs. Elle accepte le constat sévère et elle reprend des solutions. 

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L’autre ministre très concerné est Christophe Castaner. Lui commence par dire qu’il n’accepte pas les mises en cause de policiers et de gendarmes. Avant de dire qu’il est très sensible, aussi, au sujet. Quand il était enfant, il a été témoin de ces violences. Nicole Belloubet et Christophe Castaner suivront les recommandations qui leur sont suggérées. 


Une convocation systématique du conjoint mise en cause, des procédures claires et contraignantes, des mesures d’éloignements. Car aujourd’hui, c’est l’une des réalités pointées par les associations et par le rapport publié : l’accueil et l’attention réservée à une femme victime de violence sont très différentes d’un commissariat, d’une gendarmerie ou d’un tribunal à l’autre

Marlène Schiappa assume d’être la ministre de la parole

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Il y a aussi Marlène Schiappa qui est spécifiquement en charge de ces dossiers. Mais il y a une grosse différence. Marlène Schiappa suit les conseils que lui a donné Yvette Roudy, qui fut ministre aux Droits de la femme sous François Mitterrand. "Pour faire avancer les choses, lui a-t-elle dit, vous êtes obligé d’être une emmerdeuse".


Marlène Schiappa assume d’être la ministre de la parole. Il n’y a qu’en se faisant remarquer dans les médias, en interpellant ses collègues aussi, qu’elle fait avancer ses dossiers. Ça irrite régulièrement dans le gouvernement. De la pure jalousie, estime Marlène Schiappa qui rappelle souvent sans beaucoup de modestie qu’elle est bien plus connue par les Français que la plupart de ses collègues.


En fait, ce que Marlène Schiappa supporte moins, raconte des activistes féministes, c’est quand des associations se font plus entendre qu’elle. Ces pressions médiatiques expliquent d’ailleurs que le sujet des violences aux femmes avance et soit devenu une priorité.

Grande cause du quinquennat ?

A l’origine de son quinquennat, Emmanuel Macron avait fait de l’égalité femmes-hommes une priorité nationale. Mais le sujet des violences physiques et sexuelles s’est imposé ces dernières semaines et ces derniers mois il y a eu plusieurs récits terribles de femmes tuées, alors qu’elles avaient largement alerté la justice.

Des associations ont dénoncé ces situations, des activistes féministes ont manifesté, un député Les Républicains a même proposé et fait adopter une première loi tout récemment. Les violences subies par les femmes sont devenues une grande cause nationale, d’abord sous toute cette pression. 


Ces pressions sont une chance, quand elles se transforment en volonté politique. Il reste à Emmanuel Macron, à Édouard Philippe d’en faire une grande cause à la hauteur de la sécurité routière, du cancer ou du handicap. C’est parfois ce qui reste le plus marquant, le plus concret, dans un quinquennat.

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