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VIDÉOS - Voyage à Berlin : la semaine où Manuel Valls a créé la polémique

Le Premier ministre a entaché la République exemplaire voulue par François Hollande, après son voyage à Berlin à bord d'un Falcon, pour assister à la finale de la Ligue des champions, samedi 6 juin.

Manuel Valls et Michel Platini assistent à la finale des Ligue des champions, à Berlin le 6 juin 2015
Manuel Valls et Michel Platini assistent à la finale des Ligue des champions, à Berlin le 6 juin 2015 Crédit : ODD ANDERSEN / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

La polémique ne l'aura pas lâché de la semaine. Manuel Valls a dû faire face aux critiques après avoir effectué un déplacement à bord d'un Falcon de la République, accompagné de deux de ses enfants, à Berlin pour assister à la finale de la Ligue des champions, samedi 6 juin. À la question de savoir s'il se déplaçait aux frais de l'État, le Premier ministre a répondu : "Je suis premier ministre. Je me déplace avec les moyens que vous connaissez. N'essayez pas de créer de faux débats". Rapidement, la nouvelle prend de l'importance et ce au moment où le Parti socialiste tient son congrès à Poitiers.

"Je vais à Berlin à l'invitation de Michel Platini qui est le président de l'UEFA. Nous aurons une rencontre - puisque dans un an nous accueillons l'Euro de football (...) - je rencontrerai les dirigeants de l'UEFA", pour une réunion d'organisation sur l'Euro, "et j'assisterai à un beau match de football", a-t-il déclaré à la presse.

Lundi : Le gouvernement monte au créneau

Rapidement, les membres du gouvernement vont faire front commun et défendre le Premier ministre. "On a tort de juger ça illégitime", a lancé Michel Sapin, sur RTL. Le ministre des Finances juge que la réaction des Français et de l'opposition s'inscrit dans "une forme de chauvinisme un peu maladroit (…) Qu'il se déplace de Paris au Havre - ce qui est très loin, c'est vrai - en jet, c'est son affaire. C'est payé par l'UMP de toute façon. Mais là, c'est le Premier ministre de la France qui y est allé à l'invitation de Michel Platini. Angela Merkel y était aussi. C'est une polémique sans intérêt".

Le journaliste Pascal Praud se dit "surpris" mais "pas choqué" : "Je le pensais plus malin. Et cela révèle la difficulté, pour les élites et les puissants, à se discipliner". "Au sommet, on aime jouir, sans entraves, sans contraintes. Les efforts, c'est toujours pour les autres". L'exemplarité est exigée en temps de crise, poursuit le journaliste, "l’exemplarité par une forme d’ascèse : un oubli de soi et de son ego, au profit de sa mission. Le supporter Valls a pris le pas sur le Premier ministre. Ce n'est pas un crime, c'est une faute de goût".

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"Le supporter Valls a pris le pas sur le Premier ministre", juge Pascal Praud Crédit Image : dailymotion | Crédit Média : RTL | Date :

Mardi : Manuel Valls mise sur "la passion" pour justifier son voyage

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Dès mardi 9 juin, Manuel Valls se défend en déclarant : "Qu'un premier ministre s'intéresse au sport, que ce soit à Berlin ou à Paris, c'est la preuve d'une passion. Je pense que, dans la vie, quand on est un chef d'entreprise, un responsable public, un sportif, il faut avoir de la passion. Et parfois en France être passionné ça gêne", a-t-il ainsi déclaré avant de réfuter : "Non, la passion, c'est un élément qui déclenche du mouvement, de l'envie".
Selon l'éditorialiste Alba Ventura, "ce n'est pas une affaire d'État. Mais enfin il faut reconnaître que ce n'est pas très adroit. Que le chef du gouvernement, supporter du Barça, aille voir le match, ce n'est pas choquant. Il dit qu'il travaille beaucoup et qu'il s'est accordé un moment de détente. Très bien. De même qu'il a le droit d'aller à Roland-Garros, voir la finale de tennis".

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Aller-retour de Valls à Berlin : "Les avions, c'est maudit dans la politique française", rappelle Alba Ventura Crédit Image : dailymotion | Crédit Média : RTL | Date :

Elle souligne ainsi que Manuel Valls est "maladroit au point de ne pas voir que ça va lui retomber sur le bec. Que l'argument selon lequel il travaille dur et qu'il faut lui lâcher les baskets, ça ne passe pas, c'est trop court. On le sait, il le sait, les avions c'est maudit dans la politique française. Les avions, on ne les prend que dans le cadre du boulot".

Mercredi : les internautes ajoutent leur grain de sel

Les internautes se sont aussi emparés de la polémique en ironisant sur la communication simpliste utilisée par Manuel Valls. Sur Twitter, le mot-clef #VallsGate, pour parler de ce scandale, a été l'un des hashtags les plus utilisés sur le réseau social. Yamani tweetait par exemple : "Pour les impôts, je peux mettre en frais réels les déplacements vers le stade de foot ? Le cinéma ? Le restaurant ?".

L'humour caustique de la toile ne s'est pas arrêté là. Une infographie a été publiée sur le compte de Manuel Valls. Plusieurs parodies et autres détournements ont été imaginés et inventés par les internautes.

L'UEFA a décidé d'intervenir à son tour en assurant que le Premier ministre avait bien été invité par Michel Platini à la finale Barça-Juve. Lors de leurs discussions, le président de l'UEFA et le Premier ministre français ont été rejoints par Jacques Lambert, le président du comité d'organisation de l'Euro-2016, a précisé le porte-parole de l'UEFA. Le représentant de l'Union européenne de football n'a pas précisé le contenu des discussions entre les trois hommes.

Jeudi : l'exemplarité voulue par François Hollande entachée

En déplacement à Tulles, François Hollande n'a pas souhaité répondre aux questions posées à ce sujet. Cependant, dans l'avion du retour le président de la République s'est laissé aller à quelques commentaires. Un de ses conseillers travaillait sur les dégâts provoqués dans l'opinion par cette affaire du Falcon et la note sera remise au Président ce mercredi. "Après Cahuzac, après Thévenoud et après les taxis de l'INA, les Français sont hyper sensibles, explique ce conseiller, la gauche et les privilèges, attention, danger pour 2017".

Après cinq jours de remous, Manuel Valls a annoncé qu'il rembourserait 2.500 euros pour le trajet effectué par ses deux enfants : "Dans le cadre de ce déplacement officiel, j'ai utilisé les moyens mis normalement à la disposition du Premier ministre (...) Mais je suis sensible, bien sûr, à la réaction des Français, je me dois d'incarner un comportement parfaitement rigoureux. Si c'était à refaire, je ne le referais pas. Et pour lever tout doute, j'ai décidé d'assumer la prise en charge pour mes deux enfants, soit 2.500 euros".

"À notre époque bêtement égalitariste, le pouvoir sans privilèges n'est plus le pouvoir". Pour lui, "dans un pays monarchique comme la France, le privilège n'enlève rien à la majesté et l'autorité du gouvernant. Au contraire, il les renforce", estime Éric Zemmour.

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Éric Zemmour : "Plaidoyer pour Manuel Valls !" Crédit Média : RTL | Durée : | Date :

De son côté, Alain Duhamel explique que le mea culpa du chef du gouvernement est minimaliste, "parce qu'il ne se considère pas coupable, mais incompris. Il s'est tout de même résigné, sachant que son escapade était très mal prise par les Français. D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle François Hollande lui a probablement suggéré de fournir des explications".

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L'Edito d'Alain Duhamel du 11 juin 2015 Crédit Image : dailymotion | Date :

Vendredi : Manuel Valls perçu comme étant arrogant

Plus les jours passent et plus la polémique enfle. Rachida Dati prend part à son tour au débat. "Je le connais depuis longtemps et je trouve qu'il a pris la grosse tête. J'espère que cette affaire lui aura donné une leçon d'humilité et le sens des réalités", attaque Rachida Dati. La députée européenne reproche notamment à Manuel Valls d'avoir "menti sur le fait qu'il ait été accompagné par ses enfants. Il a continué à être arrogant (…) Quelle insulte vis-à-vis des Français. Ce n'est pas une fixation personnelle mais je trouve qu'il est très arrogant. Il a le ton et le verbe hauts", estime-t-elle sur RTL.

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Rachida Dati : "Manuel Valls a pris la grosse tête" Crédit Image : Alice Beckel / RTL.fr | Crédit Média : RTL | Date :

Samedi : les Français ne pardonnent pas

Les Français ne pardonnent pas à Manuel Valls. Selon un sondage pour Le Parisien, deux Français sur trois jugent l'affaire "grave". Si les sympathisants de droite sont les plus nombreux à émettre une opinion critique envers le Premier ministre, le "BerlinGate" a également eu un impact à gauche, où près d'un sympathisant sur deux (48%) trouve également l'affaire grave. Côté socialiste, 30% des sympathisants partagent cette opinion.

Dimanche : une "bourde" pardonnée par François Hollande

Dimanche 14 juin, Manuel Valls a reconnu avoir commis "une bourde", dans le Journal du dimanche. " Je comprends que les Français qui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois puissent avoir été choqués par cette désinvolture. Il y a eu une bourde, je ne dois pas en commettre une deuxième. La confiance doit être le maître-mot pour les deux prochaines années. Je veux la mettre au service des Français", admet-il.

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Le Premier ministre a entaché la République exemplaire voulue par François Hollande, après son voyage à Berlin à bord d'un Falcon, pour assister à la finale de la Ligue des champions, samedi 6 juin.
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2015-06-14 17:44:00
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