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Manuel Valls
Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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La mémoire collective a-t-elle failli dans la commémoration de l'attentat de Nice, survenu le 14 juillet 2016 ? Manuel Valls, Premier ministre de François Hollande à l'époque des faits, le pense. Alors que ce mardi marque les dix ans de la tuerie terroriste, l'ancien ministre des Outre-mer revient pour RTL sur cette attaque au camion-bélier qui a fait 86 morts et plus de 400 blessés sur la Promenade des Anglais.
"Il y a une forme d'oubli", regrette-t-il. "Nous avons le sentiment que cet attentat n'a pas été traité médiatiquement, politiquement, avec la sensibilité nécessaire par rapport aux autres attentats de 2015." Et d'avancer plusieurs éléments d'explication : la concomitance avec le 14 juillet, qui aura éclipsé les commémorations au cours des années suivantes, le fait que l'attaque ait eu lieu à Nice et pas dans la capitale, qu'elle soit intervenue à la suite de nombreux autres attentats terroristes, notamment ceux de Charlie Hebdo et du 13-Novembre.
Manuel Valls évoque aussi "la nature même de l'attentat et du terroriste, qui a été tué", qu'il estime moins marquante que dans les précédents exemples : "Peu de complices, le mode opératoire qu'on appelle à tort ou à raison le 'terrorisme low-cost', c'est pas facile à identifier, ce n'est pas un visage, ce n'est pas un commando, ce n'est pas un acte clairement politique ou en tout cas vécu comme cela, avec la kalachnikov avec tous les symboles du terrorisme..."
"Il y a un faisceau d'éléments qui ont amené à ce que cet attentat terrible ne soit pas rentré dans cette mémoire", conclut-il. "Et c'est très difficile, pour les victimes qui ont le sentiment de vivre un autre traumatisme."
Un traumatisme qui sera peut-être apaisé ce soir, avec une cérémonie d'hommage aux victimes en présence d'Emmanuel Macron, sur les lieux de l'attaque. Marine Le Pen et Jordan Bardella, eux aussi, y prendront part. Une présence critiquée dans Nice-Matin, qui y voit "une opération de communication ourdie comme un jalon vers l’Elysée."
Manuel Valls, lui, ne partage pas cette indignation : "Les parlementaires nationaux et européens, tout le monde a sa place et c'est le moment de l'unité nationale et du rassemblement", estime-t-il. "Chacun a sa place et nous devons surtout penser aux victimes, aux morts, aux blessés, à leurs proches, à la ville de Nice qui a été touchée."
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