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Sénatoriales 2017 : "Une dure défaite pour Macron", note Olivier Bost

ÉDITO - Emmanuel Macron a subi dimanche 24 septembre son premier revers lors des élections sénatoriales. Mais cela ne risque pas de bouleverser son quinquennat.

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Sénatoriales 2017 : "Une dure défaite pour Macron", note Olivier Bost Crédit Image : Dimitar DILKOFF / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Olivier Bost
et Loïc Farge

La majorité de droite au Sénat est sortie renforcée dimanche 24 septembre des sénatoriales, marquées par un très fort renouvellement des élus et un premier revers pour La République En Marche d'Emmanuel Macron, très loin de ses objectifs initiaux. REM a moins de sénateurs qu’avant ces élections partielles. Mais ce n'est pas grave. Le Sénat n'a pas beaucoup d'importance. Vous souvenez-vous de la dernière fois où la Chambre haute a fait parler d'elle ? Vous souvenez-vous de la dernière loi qui a été bloquée par le Sénat ? Cela ne vous revient pas ? C'est normal. Le Sénat, malgré tous ses efforts, a bien du mal à être vraiment gênant pour un pouvoir en place. La Constitution est cruelle pour cette haute assemblée. Quoi qu'il arrive, quoi qu'en disent les sénateurs, à la fin ce sont toujours les députés qui l'emportent. C'est bête, mais c'est comme ça. C'est important de le rappeler.

Les sénateurs vous expliquent toujours qu'ils sont la sagesse, le recul, la stabilité, l'exigence. Bref qu'ils apportent un autre regard sur les débats et sur la loi. Quand ça vocifère à l'Assemblée nationale, eux réfléchissent et enrichissent la loi. Soit. Mais, par exemple sur les lois antiterroristes, on ne peut pas dire que dans les faits les sénateurs aient ralenti les velléités sécuritaires des gouvernements successifs ces dix dernières années. D'ailleurs dans la nouvelle loi sécurité qui arrive ce lundi 25 septembre en discussion à l'Assemblée, les propositions du Sénat n'ont pas été retenues.

Le Sénat, une assemblée faible...

Après les sénateurs vous disent qu’ils interviennent sur les grandes lois de société. Sur le Mariage pour tous, on ne peut pas dire qu'ils aient pesé. En plus, le problème pour les sénateurs c'est qu'Emmanuel Macron n'est pas très friand de sujets de société. Que ce soit la procréation médicalement assistée (PMA) ou la fin de vie, ce ne sont visiblement pas ses priorités.


Le Sénat se targue aussi de représenter les territoires, les villes et les campagnes. Mais là encore, l'influence des sénateurs est difficilement mesurable. Les collectivités locales (communes, départements, régions) voient depuis sept ans leurs budgets baisser. Et ce n'est pas le Sénat qui a franchement freiné la tendance. En fait, des élus au Congrès des maires de France en train de siffler un candidat-futur-président, un chef de l'État ou un premier ministre, ce n'est pas un spectacle brillant, mais c'est souvent bien plus efficace qu'un projet de loi de finances passé à la moulinette des sénateurs.

Qu'importe le Sénat, il ne restera que ce premier échec

Olivier Bost
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 En fait, le Sénat est une assemblée assez faible. Sauf quand il faut trois-cinquièmes des parlementaires pour faire une réforme de la Constitution. Emmanuel Macron, après son résultat aux sénatoriales, en est très loin. Souvenez-vous, en juillet dernier, il a promis à Versailles un changement des institutions. Il ne voulait pas de "demi-mesures" et d'"aménagements cosmétiques". Après le résultat de dimanche, le Sénat va pouvoir résister et servir à une chose : résister à ses propres changements et sauver son fonctionnement. C'est le premier fait politique.

... qui garde ses habitudes

Le Sénat n’aura pas plus de pouvoir, mais il va garder ses habitudes. Emmanuel Macron sera contraint de composer - ce qu’il n’aime pas trop -, de faire des deals avec les sénateurs et de ne pas trop les maltraiter. Au pire, si ça ne marche pas, il pourra toujours menacer de recourir au référendum.

Le Sénat n'est donc pas franchement un problème pour Emmanuel Macron. Le vrai problème, c'est que dimanche il a connu un échec. Tout ne lui réussit plus. Psychologiquement, chez les Français comme chez ses opposants, ça change tout. Qu'importe le Sénat, il ne restera que ce premier échec.

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