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Un terminal de paiement par carte à une pompe à essence de Fleurance dans le Gers, le 6 mars 2026.
Crédit : Isabelle Souriment / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Quelle est la bonne méthode pour faire baisser les prix de l'essence en France ? Cette question anime l'ensemble des consommateurs de l'Hexagone. Trois possibilités peuvent être discutées.
En premier, le blocage des prix apparaît comme la solution la plus baroque. Dans ce cas, le gouvernement déciderait d’un trait de plume que le carburant ne puisse pas être vendu à plus de 1,70€ le litre, par exemple.
Le problème est que pour vendre, il faut que le distributeur y trouve son intérêt. Dans ce cas, les entreprises cherchent à dégager une marge sur la transaction, ce qui signifie que le prix de vente doit être supérieur à celui d’achat. Cette plus value permet de couvrir les frais de transport, de stockage et de distribution.
Si vous avez la contrainte de vendre moins cher que ce que l’opération vous coûte, vous perdez de l’argent à chaque litre. Aucun distributeur ne veut faire cela, à part TotalEnergies, qui se rattrape ailleurs pour subventionner sa vente à perte.
Si la France est un marché de diesel, elle importe pourtant la moitié de son gazole. Imagine-t-on les acheteurs français expliquer aux vendeurs internationaux qu’à cause d’un décret à Paris, ils devront payer moins cher que le prix demandé ? Les cargaisons partiront tout simplement ailleurs au plus offrant, et nos voitures diesel serviraient de cages à poules.
On voit pourtant que la Croatie bloque le prix du litre d'essence à 1,55€. Il s'agit en réalité d'un faux blocage : le gouvernement croate renonce simplement aux taxes qu’il lève habituellement.
Cette baisse des taxes est la deuxième solution. L’Allemagne, l’Italie et l’Espagne la pratiquent, avec des diminutions de prix de 15 à 20 centimes par litre. Le seul problème ici est le coût pour les Finances publiques. Tous ces pays ont des finances redressées, tandis que les nôtres sont effondrées. Voilà pourquoi le gouvernement temporise.
L’option intermédiaire serait de supprimer les certificats d’énergie, taxe qui représente plus de 15 centimes au litre. Mais une telle décision donnerait moins d'argent pour la transition énergétique.
Ces impasses contraignent le gouvernement à se rabattre sur le plafonnement des marges. Cette action vise à limiter l’écart entre le prix d’achat par les distributeurs et le tarif facturé à la pompe. Avec un tel système, les distributeurs seraient obligés de répercuter la baisse constatée sur le marché du pétrole.
Une solution intéressante qui ne concerne qu'une partie des stations. La grande distribution vend déjà avec des marges faibles. Pour elle, l'essence n’est qu’un produit d’appel. Quant à TotalEnergies, le raffineur vend avec des marges négatives et ne sera donc pas concerné.
Ce plafonnement des marges ne peut donc déboucher que sur quelques centimes de différence et seulement sur une partie du réseau. En résumé, si l’on examine les solutions évoquées, seulement une est efficace : la diminution des taxes. C’est d’ailleurs celle que pratiquent tous nos voisins, et qui coûte le plus cher.
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