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Samuel Paty, rapport Obin, voile à l'école... François Fillon sort du silence

Dans un entretien accordé à "L'Express", François Fillon dénonce de nouveau le "totalitarisme islamique" et souhaite bannir le voile de l'espace public, "mais pas dans la rue".

François Fillon le 21 avril 2017 à Paris
François Fillon le 21 avril 2017 à Paris
Crédit : AFP / Patrick Kovarik
Marie-Pierre Haddad

En 2016 à l'aube de l'élection présidentielle, François Fillon publiait un livre programmatique Vaincre le totalitarisme islamique, écrit au lendemain de l'attentat de Nice. Il déclarait à l'époque au Figaro : "Il faut combattre avec sang-froid et fermeté. Le mot totalitaire n'est ni vain, ni excessif. Il est juste".

Quatre ans plus tard et après un retrait de la vie politique, l'ancien premier ministre brise le silence lors d'un entretien à L'Express, après l'assassinat de Samuel Paty. "Je me suis retiré de la vie publique, et je n'ai pas l'intention d'y revenir, prévient-il d'emblée. Mais je ne peux pas rester silencieux sur des événements qui découlent de faits sur lesquels j'ai, à maintes reprises, attiré l'attention". 

"Je ne veux certainement pas me joindre au concert des opportunistes pour qui chaque drame est une occasion d'affirmer leurs ambitions", ajoute François Fillon. 

J'en ai fait un peu plus que les autres

François Fillon dans "L'Express"

Selon François Fillon, "une partie significative de la communauté musulmane refuse de s'intégrer, d'accepter les règles de la République et de la vie en commun. La situation à l'école n'est que la conséquence de cette situation générale". Interrogé sur ses responsabilités après avoir été au pouvoir en tant que premier ministre revient sur ses responsabilités, l'ancien candidat à l'élection présidentielle confie : "Je ne m'absous pas de toute responsabilité dans le fait qu'on n'a pas suffisamment pris en compte la radicalisation des postures à l'école".

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Mais de compléter dans la foulée : "Je dirais que, en ce qui me concerne, j'en ai fait un peu plus que les autres, de la loi sur le voile aux positions que j'ai prises sur l'ensemble de ces sujets". 

François Fillon a-t-il enterré le rapport Obin ?

François Fillon est sous le feu des critiques de ses détracteurs depuis l'assassinat de Samuel Paty. L'ancien inspecteur général de l'Éducation nationale Jean-Pierre Obin a piloté, en 2004, le rapport sur "les signes et manifestations d'appartenance religieuse dans les établissements scolaires". Il reproche à l'ancien premier ministre de l'avoir "enterré".

Que contenait le rapport Obin ? Jean-Pierre Obin a enquêté dans "61 collèges et lycées d'une vingtaine de départements", précise Le Parisien. Il y décrit les cas d'élèves qui "refusent d'étudier l'édification des cathédrales", en cours d'histoire". Il y détaille l'ambiance des classes où "la laïcité est contestée contre antireligieuse en éducation civique" et où les "propos négationnistes sont fréquents". L'ancien inspecteur général de l'Éducation nationale pointe surtout le risque "d'une sorte de refoulement ou de déni généralisé de la part de beaucoup de personnes et de responsables".

Ce rapport n'a pas été ignoré

François Fillon dans "L'Express"

"Devant l'abondance des contestations et une parole débridée des élèves, qu'ils ne parviennent pas à maîtriser, la réaction la plus répandue des enseignants est sans doute l'autocensure", écrivent les auteurs du rapport, cités dans Le Parisien

François Fillon nie avoir enterré le rapport Obin. "Ce rapport n'a pas été ignoré, je cite le rapport Obin dans mon livre Vaincre le totalitarisme islamique, et j'explique notamment que, quand il a été rendu public, nous étions à la fois en train de mettre en œuvre la circulaire sur la laïcité et de finaliser la réforme de l'école avec quelques dizaines de milliers de manifestants tous les jours sous les fenêtres du ministère, se défend-il. Mais oui, nous ne sommes sûrement pas allés assez loin". 

Pour l'interdiction du voile dans l'espace public, "mais pas dans la rue"

À L'Express, l'ancien candidat à l'élection présidentielle se prononce en faveur du bannissement du voile "de tout l'espace public, pas dans la rue mais dans les établissements scolaires, universitaires, lors des sorties scolaires". 

Auteur de la circulaire interdisant le voile à l'école en 2004, alors qu'il était ministre de l'Éducation nationale, l'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy "pense qu'il faut bannir le voile de tout l'espace public. Pas dans la rue, mais dans les établissements scolaires, universitaires, lors des sorties scolaires et même dans tous les établissements recevant du public". Il estime également que "le contexte d'urgence justifie que l'enseignement de l'arabe ne soit pas une priorité de l'école publique". 

N'ayant visiblement pas perdu son sens politique, François Fillon met en garde la classe politique. "Il faut faire preuve de beaucoup de modestie, éviter les formules définitives, 'ils ne passeront pas' ou 'la peur va changer de camp', car nous faisons face à une crise de société", affirme-t-il. Des propos qui visent directement Emmanuel Macron.  

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