3 min de lecture Éric Dupond-Moretti

Samuel Paty : Éric Dupond-Moretti "dégouté" par "une partie de la classe politique"

Le garde des Sceaux réfute toute "faille" dans le suivi du jeune Russe tchétchène qui a décapité le professeur d'histoire Samuel Paty.

Éric Dupond-Moretti, le 6 octobre 2020
Éric Dupond-Moretti, le 6 octobre 2020 Crédit : Christophe ARCHAMBAULT / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

L'enquête se poursuit quatre jours après l'assassinat sauvage de Samuel Paty. Seize personnes étaient en garde à vue, dont cinq collégiens. Les enquêteurs souhaitent comprendre comment l'assaillant, le réfugié d'origine russe tchétchène de 18 ans Abdoullakh Anzorov, a pu retrouver et identifier facilement sa cible avant de la tuer près de son établissement de Conflans-Sainte-Honorine. 

L'exécutif a annoncé travailler sur une série de mesures s'inscrivant dans un "plan d'action" pour empêcher les islamistes de "dormir tranquilles" en France, selon les mots d'Emmanuel Macron rapportés par l'Élysée. 

Alors que Gérald Darmanin multiplie les interventions médiatiques et les mesures depuis l'assassinat du professeur d'histoire-géographie, son collègue de la Justice Éric Dupond-Moretti était plus discret. Le garde des Sceaux sort du silence ce 20 octobre pour revenir sur l'arsenal judiciaire à mettre en place pour lutter contre la menace terroriste.

"Pas de failles"

Dans un entretien au Parisien, celui qui a été l'avocat du frère aîné de Mohamed Merah, Abdelkader Merah ne s'aventure pas dans ce qu'il appelle être "une surenchère sémantique", en parlant de "guerre". Mais il nuance néanmoins : "La guerre que veut mener le ministre de la Justice s'inscrit dans le droit".

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Éric Dupond-Moretti réfute toute "faille" dans le suivi du jeune Russe tchétchène". "De ce que je sais, on a en réalité une vidéo qui est postée, qui fait état de propos pédopornographiques, d'images à caractère pédopornographique. S'en suit un débat entre ce malheureux enseignant et le collège, et il n'a comme seule possibilité juridique que le dépôt d'une plainte pour injure publique", souligne le garde des Sceaux.

Sur France inter, il estime qu'il s'agit d'une "guerre insidieuse". "Il y a le terrorisme organisé que suivent les services et il y a un jeune homme de 18 ans qui n'est pas dans les radars des services de renseignement et qui commet cet acte abominable au nom d'une religion dévoyée", ajoute-t-il. 

À peine la tragédie était-elle publique que des politiciens s'en servaient déjà avec cynisme à des fins électoralistes

Éric Dupond-Moretti dans "Le Parisien"
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Sur le plan politique, Éric Dupond-Moretti exprime dans Le Parisien son "dégoût" à l'égard de l'absence d'unité nationale au sein de la classe politique. "Une partie de la classe politique semble avoir perdu son sang-froid. À peine la tragédie était-elle publique que des politiciens s'en servaient déjà avec cynisme à des fins électoralistes (...) C'est d'une grande indécence", dénonce-t-il.

Il ne s'agit pas d'aller vers quelque chose qui ressemblerait à une censure

Éric Dupond-Moretti dans "Le Parisien"
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Comme ses collègues au gouvernement, le ministre de la Justice se positionne en faveur d'une régulation des réseaux sociaux. "Il faut que le Parlement européen adopte rapidement un texte en cours de discussion sur le retrait des contenus terroristes en ligne et je souhaite aussi réunir les différents ministres de la Justice pour encadrer les réseaux sociaux lorsqu'ils permettent l'expression de la haine", indique-t-il au journal. 

Est-il favorable à la fin de l'anonymat sur les réseaux sociaux ? Éric Dupond-Moretti confirme qu'il s'agit de l'une des pistes à l'étude. "Mais le chemin de crête à trouver avec la garantie de la liberté d'expression est ténu. Donc, tout cela est infiniment complexe. Il ne s'agit pas d'aller vers quelque chose qui ressemblerait à une censure, alors même que les terroristes cherchent précisément à attaquer notre liberté d'expression". 

Pour rappel, le projet de la loi sur la haine en ligne de la députée LaREM Laetitia Avia avait été retoqué par le Conseil constitutionnel pour atteinte à la liberté d'expression.

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