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Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure
Crédit : AFP / Montage RTL.fr
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La gauche va-t-elle s'entendre lors du second tour des élections municipales ? La poussée de La France insoumise au premier tour du scrutin et la concurrence entre plusieurs listes de gauche qualifiées pour le dimanche 22 mars, remet plus que jamais la question des alliances au cœur de la campagne qui s'ouvre ce lundi. Les Insoumis appellent à un "front antifasciste" pour faire barrage à la droite et au Rassemblement national.
"Il y a des endroits où nous sommes en tête de la gauche et il y a des endroits où nous sommes derrière d'autres listes. Nous avons toujours dit qu'il fallait nous rassembler pour battre la droite et l'extrême droite au droite (...) Nous proposons un front antifasciste au second tour", a déclaré Antoine Léaument, député insoumis de l'Essonne, invité de RTL ce dimanche 15 mars au soir.
Le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard a également "tendu la main" aux autres listes de gauche pour constituer "un front antifasciste" "partout où la droite et l'extrême droite menacent". Dans de grandes villes comme Paris, les candidats insoumis ont appelé leurs homologues socialistes à réaliser des "fusions techniques".
Le parti de la gauche radicale, jusqu'alors peu implanté au niveau local, est notamment arrivé en tête à Roubaix, où le député David Guiraud, parti seul, a frôlé la victoire dès le premier tour. À Limoges, le député insoumis Damien Maudet est aussi en tête à gauche, et à Lille, le maire sortant Arnaud Deslandes (PS) est talonné par sa concurrente LFI Lahouaria Addouche. À Toulouse, le candidat insoumis François Piquemal arrive en deuxième position, derrière le maire sortant divers droite Jean-Luc Moudenc, mais devant le socialiste François Briançon.
Dans d'autres communes, les candidats socialistes se retrouvent dépendants des Insoumis pour l'emporter dimanche prochain. À Nantes, la maire sortante Johanna Rolland, qui mène une liste d'union de la gauche hors-LFI, est arrivée en tête, mais talonnée par le candidat de la droite et du centre Foulques Chombart de Lauwe (LR). Une alliance avec le candidat insoumis William Aucant, en position de se maintenir, pourrait sauver sa tête. À Lyon, l'édile écologiste sortant Grégory Doucet, à égalité avec Jean-Michel Aulas, pourrait aussi bénéficier des voix de l'insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi.
À Marseille, deuxième ville la plus peuplée de France, Benoît Payan et le candidat du RN Franck Allisio sont aussi au coude-à-coude, avec une possible quadrangulaire avec Sébastien Delogu (La France insoumise) et Martine Vassal (Les Républicains). Mais le maire sortant a fermé la porte à toute alliance avec LFI, affirmant qu'il "n'est pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit".
"C'est une position irresponsable qui pourrait donner les clefs de Marseille au Rassemblement national. Nous appelons le peuple de Marseille à se mobiliser massivement pour créer les conditions d'un front antifasciste pour battre le Rassemblement national", a réagi Sébastien Delogu sur X.
Le parti à la rose se montre ainsi peu enclin à l'idée d'alliances avec les Insoumis au second tour. Avant le premier tour, il appelait même au désistement des listes de gauche arrivées en seconde position. Selon le patron du PS Olivier Faure, LFI n'a "pas la capacité d'emmener la gauche vers la victoire et de barrer la route à l'extrême droite".
Il n'y aura "pas d'accord national entre le PS et LFI au second tour", a-t-il répété ce dimanche soir, demandant "aux socialistes de rassembler dans la clarté et de veiller au respect de nos principes et de nos valeurs".
"Avec le Parti socialiste, nous n'avons pas d'accord national avec La France insoumise pour le second tour", a martelé la députée européenne Emma Rafowicz, invitée sur RTL. Et de nuancer : "C'est une nouvelle campagne qui commence. Il y a un vote utile et l'objectif est de gagner pour continuer à transformer nos villes."
"La France insoumise veut faire de la mousse avec peu de savon", a jugé le secrétaire général du PS Pierre Jouvet sur RTL, rappelant que Jean-Luc Mélenchon avait "eu des propos outranciers" et "antisémites", faisant référence à une de ses remarques lors d'un meeting à Lyon, où il a ironisé sur la prononciation du nom du pédocriminel Jeffrey Epstein, remplaçant "Epstein" par "Epstine".Cette séquence a été perçue par une partie de la classe politique et des institutions juives comme antisémite.
"Nous demandons à l'échelle locale à tous les candidats de La France insoumise de se désolidariser des propos de Jean-Luc Mélenchon", a déclaré Pierre Jouvet, souhaitant qu'ils rompent "avec cette stratégie de l'outrance permanente".
Le dirigeant de Place publique Raphaël Glucksmann, farouchement opposé à la formation de Jean-Luc Mélenchon, a lui réaffirmé qu'il n'y aurait pas de candidat de son parti au second tour sur des listes de gauche où figurerait LFI.
"Aucun candidat ne pourra se prévaloir d'un soutien de Place publique sur une liste à laquelle participerait La France insoumise", a déclaré l'eurodéputé dimanche soir, pour qui "la volonté de gagner ne peut justifier de renoncer à ce que nous sommes politiquement". Il précise toutefois que face à l'extrême droite, "lorsque nous ne sommes pas en position de l'emporter, nous appelons au retrait au profit de la liste la mieux placée pour la battre".
Un choix contesté par la patronne des Écologistes Marine Tondelier, appelant dimanche soir à "éliminer la droite et l'extrême droite" au second tour. "Au premier tour on choisit, au deuxième tour on élimine (...) Et je sais qui éliminer au deuxième tour, c'est la droite et l'extrême droite", a-t-elle dit sur TF1. "Je pense qu'à vouloir être toujours au-dessus de la mêlée, on finit par être hors-sol", a-t-elle ajouté en direction de Raphaël Glucksmann.
La patronne des Verts a dénoncé ceux qui depuis Paris, "vont dicter une consigne qui risque de faire que les villes de gauche basculent à droite et que les villes de droite ne basculent pas à gauche". Elle a notamment appelé à une union du PS et de LFI à Limoges et Toulouse, jugeant que "l'intégralité des candidats de La France insoumise en France ne sont pas Jean-Luc Mélenchon".
Les tractations doivent aboutir avant 18 heures mardi 17 mars, heure limite pour déposer les listes pour le second tour des élections municipales.
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