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Des électeurs déposent un bulletin de vote dans l'urne (illustration).
Crédit : Jc Milhet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Quelque 48,7 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour ce premier tour des élections municipales ce dimanche 15 mars. L'érosion de la participation s'est poursuivie : le taux de participation est historiquement bas pour une élection municipales sous la Ve République, hors celle de 2020 organisée en pleine épidémie de Covid-19. Si les résultats sont désormais disponibles sur notre plateforme RTL / M6 info, voici les principaux enseignements à retenir au niveau national.
Pourquoi une participation si faible ? Invité de RTL, Jean-Philippe Dubrulle, directeur des études politiques Toluna Harris Interactive, estime que "le contexte international" avec la guerre au Moyen-Orient doit être pris en compte dans l'analyse de l'abstention. "Cela a pu priver certains candidats de faire campagne ou d'être audibles et d'atteindre les électeurs", a-t-il expliqué.
Le changement du mode de scrutin pourrait aussi être une des raisons de cette très faible mobilisation. "Dans les communes de moins de 1.000 habitants, avant les électeurs pouvaient faire un panachage, c'est-à-dire prendre leur bulletin et rayer certains noms qui ne leur plaisaient pas", rappelle Jean-Philippe Dubrulle. "Aujourd'hui, ce n'est plus possible. C'est une liberté en moins qui peut vous dissuader d'aller voter."
Sans compter que dans quelque 23.700 communes, l'enjeu était inexistant : une seule liste était candidate.
Le Rassemblement national comptait sur une douzaine d'édiles réélus dès le soir du premier tour des élections municipales. Peu après 20 heures, Jordan Bardella s'en est félicité affirmant que "plusieurs maires sortants" du part à la flamme ont été "réélus" dès ce dimanche 15 mars. C'est notamment le cas à Beaucaire, dans le Gard où son candidat Nelson Chaudon l'a emporté "avec près de 60% des voix". À Hénin-Beaumont, Steeve Briois a été conforté avec plus de 78% des suffrages, selon les résultats transmis par le ministère de l'Intérieur. Le RN conserve aussi Perpignan et Fréjus.
Une satisfaction pour l'autre cheffe du RN, celle du groupe de députés à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen. Selon la députée du Pas-de-Calais, le RN "gagne dès le premier tour (...) dans de nombreuses communes, et pas seulement dans les villes où (il était) sortant". Sans préciser quelles villes étaient conquises, elle s'est félicitée d'une "immense victoire pour (son) mouvement".
Les maires RN sortants réélus au premier tour "réalisent des scores qui sont bons, très bons, voire parfois exceptionnels en termes de reconduction", analyse Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Harris Interactive France, au micro de RTL. "Le fait de dépasser largement les 60-70% au premier tour lorsqu'on est un maire sortant est loin d'être négligeable", a-t-il ajouté. "Hormis à Paris", le sondeur observe "une très forte progression du Rassemblement national" qui est à l'image des dernières élections.
La question de l'entre-deux-tours se pose déjà. Ainsi, le RN a assuré : "Lorsque nous sommes qualifiés pour le second tour, nous nous maintiendrons", a assuré Jordan Bardella. "Partout où le contexte local le permet, le RN tend la main aux listes de droite sincères, aux listes indépendantes et à tous ceux qui refusent à la fois le désordre de l'extrême gauche et la dilution dans le macronisme", a-t-il déclaré appelant à "empêcher la victoire de l'extrême gauche".
Le RN est en position de l'emporter à Toulon où la députée RN Laure Lavalette est largement en tête, avec environ 40% des voix. Cependant, elle a peu de réserves de voix pour le second tour. À Marseille, le maire de gauche sortant Benoît Payan est talonné par le candidat RN Franck Allisio.
Ces élections municipales représentent aussi un enjeu important pour la France insoumise qui a décidé de se déployer sur le territoire. Manuel Bompard a salué la "progression remarquable" de sa formation aux municipales. Jean-Daniel Levy évoque "des scores bons, mais localisés". À Roubaix, le député LFI David Guiraud est en très bonne position pour offrir à la formation de Jean-Luc Mélenchon sa première ville de près de 100.000 habitants après avoir fini largement en tête au premier tour.
À Lille, le maire sortant Arnaud Deslandes (PS) est donné dans un mouchoir de poche avec sa concurrente LFI Lahouaria Addouche. À Limoges, le député insoumis Damien Maudet est en tête à gauche. Tout comme le député François Piquemal à Toulouse. La liste LFI-PCF est aussi largement en tête à Saint-Denis face à la liste du maire socialiste sortant Mathieu Hanotin.
Des premières batailles remportées qui, selon Manuel Bompard, permettent à la France insoumise de "doubler, tripler ou même parfois quadrupler son score par rapport à l'élection municipale de 2020".
C'est à gauche que de cruciales alliances seront les plus compliquées à nouer alors que le Parti socialiste, qui se maintient dans de nombreuses grandes villes et arrive largement en tête à Paris, Rennes, Strasbourg et Montpellier, souhaite rompre définitivement avec La France insoumise. De ce point de vue, les résultats en position de force des candidats insoumis à Toulouse ou Marseille et peut-être à Lyon, où la candidate LFI pourrait se maintenir, ne vont pas simplifier l'équation.
Fort de ces résultats, Manuel Bompard a estimé que "l'heure est désormais à la responsabilité", et appelé à un "front antifasciste au second tour". Afin d'y parvenir, le coordinateur de la France insoumise a indiqué "tendre la main" aux autres listes de gauche, "partout où la droite et l'extrême droite menacent". "Cela nécessite que chaque liste de premier tour soit représentée au second tour dans les listes de rassemblement", a-t-il encore poursuivi.
Sur X, Jean-Luc Mélenchon a appuyé les propos de son numéro 2 et a appelé la "gauche traditionnelle" à saisir "la main tendue" pour le deuxième tour. Cependant, le coordinateur de la France insoumise a mis en garde contre "les appels au désistement des listes de gauche", qui ont notamment été déjà formulés par le Parti socialiste.
Mais en face, le premier secrétaire du PS Olivier Faure a répété qu'il n'y aurait "pas d'accord national entre le PS et LFI au second tour". Plus ouverte à des alliances, l'Ecologiste Marine Tondelier a appelé à "éliminer la droite et l'extrême droite".
À Paris, l'écart entre le candidat de la gauche, hors LFI, Emmanuel Grégoire et la candidate Les Républicains Rachida Dati pour le premier tour est plus important qu'annoncé dans les sondages. Le socialiste a obtenu 38% des suffrages exprimés face à l'ancienne ministre de la Culture à 23,9%. Pierre-Yves Bournazel obtient 12,5% des voix. Sophia Chikirou pour la France insoumise et Sarah Knafo pour Reconquête sont en mesure de se maintenir au second tour, en ayant convaincu respectivement 12,5% et 10% des électeurs.
À Nice, Éric Ciotti est arrivé en tête avec 41,5% des suffrages exprimés, reléguant à la deuxième place le maire sortant Christian Estrosi (31,8%). La fin de campagne a été marquée par l'affaire de la "tête de porc" retrouvée devant le domicile du maire de Nice. Trois personnes ayant été en contact avec les équipes du maire sont actuellement en détention dans cette affaire mais le parquet a assuré vendredi que rien ne laissait envisager à ce stade que d'autres personnes soient impliquées.
À Lyon, la victoire franche de Jean-Michel Aulas ne s'est pas produite. Ce dernier est au coude-à-coude avec le maire sortant écologiste Grégory Doucet, d'après plusieurs instituts de sondage. Selon une estimation Ifop-Fiducial pour TF1, LCI et Sud Radio, les deux candidats sont à égalité au premier tour avec 37,5% des voix, devant l'Insoumise Anais Belouassa-Cherifi, qui flirte avec la barre de qualification au second tour (9,7%). Selon une autre estimation d'Ipsos BVA Cesi Ecole d'ingénieurs pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat-LCP, M. Doucet est en tête à 37,3% devant M. Aulas (35,4%) et Mme Belouassa-Cherifi (10,9%).
Au Havre, l'échec d'Édouard Philippe annoncé dans un sondage face au candidat communiste ne s'est pas produit. Le maire sortant de la cité portuaire est arrivé largement en tête au premier tour, avec un score autour de 43%, devant Jean-Paul Lecoq, autour de 33%, et le candidat de l'UDR et du RN Franck Keller, autour de 15%, selon des résultats provisoires.
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