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"Mélenchon se rêvait Mitterrand il finit comme Soral" : les réactions de la gauche après les propos de Jean-Luc Mélenchon sur la prononciation de "Epstein"

Jean-Luc Mélenchon, figure de proue de La France insoumise, suscite une vive polémique après ses déclarations sur la prononciation du nom "Epstein" lors d'un meeting à Lyon. Ses propos, perçus comme complotistes et teintés d'antisémitisme, ont provoqué une levée de boucliers au sein de la classe politique et des institutions juives.

Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure

Crédit : AFP / Montage RTL.fr

AFP & Eléonore Aparicio

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Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, est au centre d'une controverse après avoir critiqué la prononciation du nom "Epstein" par les médias, lors de son meeting à Lyon le 26 février. Il a d'abord accusé les médias mainstream de ne pas respecter le droit à la défense, puis a évoqué l'affaire du financier américain.


"L'affaire Epstein ? Ah, je voulais dire 'Epstine', pardon ! Cela fait plus russe, alors maintenant vous direz 'Einstine' au lieu d'Einstein, 'Frankenstine' au lieu de Frankenstein. Voilà, tout le monde comprend comment il faut faire", a-t-il lancé. Une séquence qualifiée de "délire complotiste" par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

"N'en déplaise à Jean-Luc Mélenchon, un élève de 5ᵉ sait qu'en anglais, 'Epstein' se prononce 'Epstine'". Les journalistes ne font donc que prononcer un nom américain… à l'américaine. Voir dans cette prononciation une manipulation est un délire complotiste aux vrais relents antisémites. Quelle que soit la prononciation, Mélenchon reste un synonyme de l'indignité politique", a réagi Yonathan Arfi, le président du Crif.

La gauche indignée par les propos de Jean-Luc Mélenchon

Invité sur RTL le 27 février, Eric Lombard a jugé les propos du chef de La France insoumise "inadmissibles". "C'est évidemment les codes de l'antisémitisme", assure l'ancien ministre de l'Économie issu de la gauche. "Je ne qualifie pas comme étant de gauche un parti qui tient ses positions", a-t-il ajouté.

Au Parti socialiste, l'indignation est également palpable. "Est antifasciste celui qui combat le fascisme, pas celui qui en réutilise les ressorts les plus dangereux", a tweeté Olivier Faure, premier secrétaire du parti. Il faisait référence dans le même temps aux prises de positions récentes de LFI pour son député Raphaël Arnault pourtant fondateur du groupe antifa "La Jeune Garde", impliqué dans le meurtre du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon.

Ça n'a plus rien à voir avec Gaza. Ça n'a à voir qu'avec l'antisémitisme le plus terrifiant.

La sénatrice socialiste Laurence Rossignol sur X.

"Depuis combien de décennies un responsable politique n'avait-il fait rire une salle en égrenant des noms juifs, en insistant sur leur prononciation, avec un rictus de haine ? Ça n'a plus rien à voir avec Gaza. Ça n'a à voir qu'avec l'antisémitisme le plus terrifiant", a dénoncé la sénatrice socialiste Laurence Rossignol sur X.

La candidate écologiste à la présidentielle, Marine Tondelier, a également réagi sur le réseau social d'Elon Musk. "Vraiment, rien ne va dans ces propos. Rien. Ça suffit maintenant", a-t-elle lancé. 

"Mélenchon se rêvait Mitterrand il finit comme Soral", a écrit l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, sur le même réseau social. Alain Soral a été condamné plusieurs fois notamment pour incitation à la haine ou apologie de crime de guerre et contre l'humanité. Il a récemment dénoncé une "mafia juive" à travers l'affaire Epstein. Laurent Nuñez a saisi la justice après ces propos.

Jean-Luc Mélenchon dénonce une "consternante réaction"

De son côté, le chef de La France insoumise, a dénoncé sur X la "consternante réaction de ceux qui y voient de l'antisémitisme".  "Ça pose question sur leurs réelles motivations sur cette question. L'antisémitisme est du côté de ceux qui veulent tout ramener à ce sujet", ajoute Jean-Luc Mélenchon.

"Au contraire, j'ai longuement expliqué dans mon discours pourquoi il fallait tenir la religion loin de la politique. La façon de prononcer ce nom a fait l'objet de nombreux articles de presse sans soulever aucune polémique. La brutalisation de la vie politique est du côté de ceux qui veulent nous faire taire à force de menaces et d'insultes à tous propos. Ils suscitent délibérément la violence contre LFI", écrit-il. 

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