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Retraites, impôts, santé... Ce que l'on sait du budget présenté jeudi par Sébastien Lecornu

Le gouvernement de Sébastien Lecornu présente son budget 2027 jeudi 1er octobre avec plusieurs pistes de coupes pour économiser 54 milliards d'euros, notamment sur le retraites, les grandes entreprises et les dépenses publiques.

Sébastien Lecornu le 11 juin 2026

Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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Redresser les finances publiques, sans braquer les principales forces politiques : le gouvernement de Sébastien Lecornu présentera jeudi 1er octobre une première copie de son budget pour 2027, laissant la main au Parlement pour tenter de trouver un compromis, à moins de sept mois de la présidentielle. 

Avec son projet de budget de la Sécurité sociale présenté jeudi 1er octobre, le Premier ministre ambitionne de réduire "d'un tiers" le déficit en 2027, sachant qu'il devrait atteindre au moins 23,2 milliards d'euros en 2026. 

Coup de frein sur les dépenses d'Assurance maladie

Viser une réduction d'un tiers du déficit de la Sécurité sociale représente une nette inversion de la tendance à la hausse observée depuis 2023. Le déficit était alors descendu à 10,8 milliards d'euros.  

En 2024 et 2025, il avait grimpé à chaque fois d'un tiers. En 2026, il devrait encore progresser d'au moins 7%, à 23,2 milliards d'euros, selon des prévisions de la commission des comptes de la Sécurité sociale, établies au printemps. 

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Pour y parvenir, le gouvernement veut notamment donner un coup de frein sur les dépenses d'Assurance maladie. Selon des sources proches de l'exécutif, ces dépenses (regroupées dans l'Ondam, objectif national de dépenses d'assurance maladie) n'augmenteraient que de "2 ou 2,1%" dans le projet de budget, nettement moins que les années précédentes (au dessus de 3% en 2024, 2025 et 2026).  

Les retraités seront mis à contribution

Le gouvernement envisage deux leviers : un gel partiel des pensions et une "réduction de la niche fiscale". Mais les "petites retraites" seront protégées, assure Sébastien Lecornu. 

Normalement, les pensions de base augmentent chaque année en suivant l'inflation (environ +15% entre 2022 et 2026). Le gouvernement envisage de désindexer ou sous-indexer les pensions (augmenter, mais moins que l'inflation).  

Selon un avant-projet vu par Le Monde, l'indexation serait maintenue en dessous d'une pension (base + complémentaire) de 1.260 euros, partielle entre 1.260 et 2.034 euros, et plus appliquée au-dessus. 

Le gouvernement veut par ailleurs baisser à 3.000 euros le plafond de l'abattement fiscal sur les pensions (les retraités peuvent déduire 10% de leur revenu, dans la limite d'un plafond aujourd'hui fixé à 4.439 euros), selon une source au sein de l'exécutif.   

Matignon espère récupérer plusieurs milliards sur les retraités, mais "moins" que les 6 milliards initialement évoqués par le ministre des Comptes publics. 

Les arrêts maladie dans le viseur

"Nous comptons faire des efforts sur les arrêts maladie, pour environ 2 milliards d'euros", a annoncé Sébastien Lecornu, sans préciser comment. Leur montant global était de 17,9 milliards en 2025.  

Le gouvernement a déjà décidé d'abaisser - de trois à un an - la durée d'indemnisation dont bénéficient certains patients à titre dérogatoire (dépression légère, troubles musculo-squelettiques...). Cela permettrait selon le ministère de la Santé d'économiser "plusieurs centaines de millions d'euros". 

Un décret est aussi en préparation pour abaisser le maximum de salaire pris en compte pour le calcul des indemnités journalières après un accident du travail ou pour une maladie professionnelle, pour économiser 270 millions d'euros. 

Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé le lancement de discussions avec les partenaires sociaux sur les arrêts maladie. Le gouvernement compte leur demander de trouver au moins 600 millions d'euros d'économie, selon les Echos.  
  
La Cour des comptes a suggéré des pistes explosives, comme étendre le "délai de carence" (premiers jours d'arrêt non remboursés, souvent payés par l'employeur) ou instaurer une "carence d'ordre public", que l'employeur ne payerait plus.  

Déremboursements, franchises

Cette mesure est déjà actée : pour économiser plus d'un milliard d'euros annuels, le gouvernement abaisse, dès janvier, la part remboursée par l'Assurance maladie sur certains soins, pour transférer cette charge aux complémentaires santé. 

Les consultations chez le dentiste, certains soins dentaires et les dispositifs médicaux seront remboursées à 50% par l'Assurance maladie, contre 60% aujourd'hui. Le remboursement des transports sanitaires passera à 50% (contre 55%). 

L'Assurance maladie abaisse aussi sa part sur les médicaments dont le "service médical rendu" est jugé faible (Betadine, Gaviscon, bains de bouche...) ou "moyen", comme les laxatifs. 

Le gouvernement a aussi porté dès octobre à 140 euros - contre 100 aujourd'hui - le montant maximum annuel qu'est susceptible de payer un patient en "franchises" et "participations forfaitaires", le reste à charge remboursé ni par l'Assurance maladie ni par les complémentaires (1 euro par boîte de médicaments, 2 euros par consultation médicale, 4 euros par transport...).  

Des mesures concernant la politique familiale

"La branche famille mérite au global une remise à plat", a jugé le Premier ministre, plaidant notamment pour un "recentrage" de l'allocation de rentrée scolaire. Les aides personnalisées au logement versées par la branche famille de la Sécurité sociale (16,4 milliards d'euros) vont être gelées, a indiqué le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun.  

"Nous proposerons aussi des mesures de soutien aux familles, par exemple avec la création d'un +prêt à taux zéro natalité+ pour faciliter l'accès à la propriété d'un logement adapté pour les familles", a dit M. Lecornu. 

Un "alignement des droits pour les étrangers"

Le gouvernement veut "présenter une mesure d'alignement de droits, notamment pour les étrangers, sur ce qu'on appelle les allocations sociales non-contributives, c'est-à-dire celles qui ne dépendent pas du travail" (RSA, APL, allocations familiales...), a indiqué M. Lecornu, sans donner de précisions. 

Il a évoqué l'instauration d'un "délai de carence" pour en bénéficier, mais de telles restrictions existent déjà dans le droit français, selon des experts interrogés par l'AFP. 

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