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Régionales : le Conseil scientifique ne tranche pas et soulève plusieurs incertitudes

Le Conseil scientifique a soulevé plusieurs variables et incertitudes concernant les élections régionales et départementales, notamment la campagne de vaccination et les effets "des mesures de contrôle".

Des électeurs dans un bureau de vote (image d'illustration)
Des électeurs dans un bureau de vote (image d'illustration)
Crédit : JEFF PACHOUD / AFP
Florise Vaubien

Les élections régionales et départementales vont-elles se dérouler en juin 2021 ? L'avis remis lundi 29 mars au Premier ministre sur l'éventuel report des scrutins a soulevé les incertitudes et les risques sanitaires liés à un tel évènement public. S'il ne tranche pas, le Conseil scientifique a identifié plusieurs variables qui compliquent la prise de décision, notamment la campagne de vaccination et les effets "des mesures de contrôle". 

Pour rappel, un sondage Odoxa Backbone-Consulting réalisé pour Le Figaro et France Info rapporte que 71% des Français approuveraient un report au nom de la santé publique. Mais perplexe sur de nombreux enjeux, l'organisation consultative indépendante a préféré laisser Matignon trancher en raison du caractère "éminemment politique" de la décision. Dans un souci d'éclairage, différentes catégories de risques ont été relevées par l'institution. 

Anticiper la situation sanitaire

Il y a d'abord la gestion du risque humain, "la plus délicate", explique le conseil, à savoir "les candidats et les équipes de campagne". Puis, les risques "auxquels s'exposent les électeurs en allant voter", ainsi que ceux liés à la contamination des personnes mobilisées "dans les opérations de vote et en particulier lors du dépouillement". S'ajoute à cela, les risques encourus par l'utilisation de locaux "notamment scolaires" et ceux in fine liés à "une reprise de l'épidémie suivant les élections sous forme de clusters ou d'une 'petite vague'".

Des incertitudes compliquent par ailleurs la tâche : quels seront "les effets des mesures de contrôle" mises en oeuvre dans les deux prochains mois ? La réponse représente un "élément clé" pour anticiper la situation sanitaire en juin 2021. Gestes barrières, distanciation sociale, campagne de vaccination... D'autres variables doivent être prises en compte pour conclure le débat.

Le Conseil n'a pas tranché

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Le maintien en juin aurait ses avantages pour plusieurs raisons : le Conseil scientifique a fait valoir qu'il "est peu probable qu'un nouveau variant soit détecté d'ici juin". Par ailleurs, la saison estivale pourrait être synonyme de relâchement des gestes barrières et d'une "moindre vigilance". De quoi dégrader "la situation sanitaire dès septembre 2021, comme cela avait été observé en 2020". 

Autre point de vue : un nouveau report, une stratégie également étudiée en raison de l'extension de la couverture vaccinale. De fait, le gouvernement espère qu'il aura vacciné entre 40 et 45 millions de personnes d'ici fin septembre 2021, un niveau de protection qui "permettra de diminuer significativement la circulation du virus dans la population". 

À noter que les scientifiques rappellent la dangerosité de la tenue des scrutins "dans un contexte où le niveau de circulation virale reste élevé", d'autant plus dans un contexte de regain épidémique lié à la "forte contagiosité" du variant britannique. 

Procuration, dérogation au couvre-feu... Les recommandations du Conseil

Quelle que soit l'issue du débat, plusieurs recommandations s'imposent pour assurer la sécurité lors des prochaines élections régionales et départementales. Il est d'abord question de la mise en place d'un "protocole adapté" et de "l'usage de moyens dématérialisés", comme internet ou des "numéros verts". Dans la mesure du possible, le Conseil scientifique estime aussi que les candidats devront être vaccinés contre le virus et testés régulièrement.

Le jour du vote, "il est désormais recommandé de solliciter des personnes vaccinées" pour tenir les bureaux. Une stratégie sanitaire qui mobiliserait en priorité "des personnes plus âgées". En outre, le vote pourrait se dérouler "en extérieur" et l'organisation des élections "obligera à un nettoyage strict" des écoles mobilisées.

Une extension exceptionnelle des horaires du couvre-feu n'est pas écartée : il est recommandé d'étaler au maximum le vote, même s'il faut déroger provisoirement au couvre-feu éventuel, et de réserver "une plage horaire privilégiée pour les personnes vulnérables, par exemple de 09h00 à 12h00". Enfin, le vote par procuration est largement préconisé : le Conseil a d'ailleurs dit "regretter" que le vote par internet ou par correspondance n'ait pu être rendu possible.

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