2 min de lecture Polémique

Réforme de l'ENA : "Bon courage, monsieur Macron !", lance Alba Ventura

ÉDITO - Le Président Macron envisage de modifier le classement de sortie de l'École nationale d'administration, pour que les meilleurs élèves ne servent pas seulement les grands corps de l'État, mais aussi des ministères comme l'Écologie ou le Logement. Une bonne idée ?

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Réforme de l'ENA : "Bon courage, monsieur Macron !", lance Alba Ventura Crédit Image : AFP / Archives, Patrick Hertzog | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Alba Ventura et Loïc Farge

L'intention est très bonne. Surtout de la part d'un énarque issu d’un grand corps, l'Inspection générale des finances. Mais bon, Emmanuel Macron n'est pas le premier président à vouloir s'y attaquer.

Nicolas Sarkozy s'y est essayé avant de faire marche arrière. Sous François Hollande aussi il y a eu une tentative de la part de la ministre de la Fonction publique de l'époque, Brigitte Girardin.

Je vais vous dire mieux. En 1972, les élèves de l'ENA avaient même mené une petite fronde. Le major de la promotion avait choisi la préfectorale. Les autres très bons élèves avaient choisi, eux, des ministères techniques.

Si bien que les choix les plus prestigieux (les Finances ou le Quai d'Orsay) apparaissaient dans le bas du tableau, aux 81e et 88e rang. Je crois que c'était d'ailleurs la promo d'Alain Juppé (qui a pris les Finances). L'idée c'était de changer les règles trop conformistes à leurs yeux.

Du boulot pour les copains

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Parce que c'est vrai que lorsque que l'on sort dans les quinze premiers de l'ENA, on choisit l'Inspection générale des finances, le Conseil d'État ou la Cour des comptes. Vient ensuite le Quai d'Orsay (les Affaires étrangères). Mais on choisit rarement le Logement, l'Écologie, les Affaires sociales ou l'Éducation (alors que l'Éducation c'est le plus gros budget de l'État).

Pourquoi ces résistances ? Parce que c'est une question de pouvoir, d'argent et de réseaux. Parce que les grands corps, c'est le prestige, c'est une carrière assurée. La "solidarité des grands corps", ça vous dit quelque chose ? Ce n'est pas une légende.

On se reconnaît, on s'entraide, on se case, on se recase. Tous les énarques vous disent que le boulot consiste souvent à trouver du boulot aux copains. Et ça, ça n'est pas facile à casser.

La 'solidarité des grands corps', ce n'est pas une légende

Alba Ventura
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Il faut savoir aussi que c'est plus intéressant financièrement. Les grands corps, c'est là où l'on est le mieux payé : en prime, en avancement et en indice. En tout !

Vous savez, il y a un secret d'État. Personne n'a jamais (je dis bien jamais) obtenu la grille des indemnités de traitement de l'Inspection générale des finances. En tout cas, elle n'a jamais été publiée.

Intention louable, mais...

Donc la volonté d'Emmanuel Macron est louable. Mais "bon courage" pour changer les cultures, les mentalités ! Il faudra en passer par des règles très contraignantes et des incitations très alléchantes. Parce que sinon, cela restera un vœu pieux.

Mais je vais vous dire, la vraie révolution ce sera lorsque les grands corps d'État décideront de recruter au-delà de l'ENA, de recruter des gens venus d'ailleurs, et pas seulement parmi les quinze meilleurs élèves. Cela permettra vraiment de régénérer les administrations.

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