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Primaire populaire : pourquoi un numéro de carte bancaire est-il demandé pour voter ?

Pour pouvoir voter à la Primaire populaire, les internautes doivent renseigner un numéro de carte bancaire. Une mesure destinée à garantir l'intégrité du scrutin qui inquiète certains participants.

Une carte bancaire (illustration)
Une carte bancaire (illustration)
Crédit : DENIS CHARLET / AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue

De jeudi 27 au dimanche 30 janvier, les électeurs de gauche sont invités à voter pour leur candidat favori à l'occasion de la Primaire populaire. Cette initiative citoyenne issue des milieux associatifs doit désigner un candidat unique pour le prochain scrutin présidentiel, même si elle ne suscite pas l'adhésion de tous les aspirants à l'Élysée. 

Sept personnalités de gauche seront soumises aux votes des participants : Christiane Taubira, Charlotte Marchandise, Anna Agueb-Porterie, mais aussi Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot, trois candidats investis par leur parti respectif qui n'ont pas donné leur accord pour être soumis au vote.

Plus de 450.000 personnes s'ont d'ores et déjà inscrites pour participer au scrutin. Ce dernier est ouvert à tous les militants et sympathisants de gauche. Il s'agit d'un vote électronique qui se déroule sur la plateforme Neovote. L'inscription est gratuite mais les votants doivent cependant renseigner les informations de leur carte bancaire à des fins de lutte anti-fraude. Un point qui semble avoir refroidi de nombreux participants sur les réseaux sociaux.

Les organisateurs veulent garantir l'intégrité du scrutin

"On sait que ça rajoute de la complexité et on aurait bien aimé s'en passer mais il était  impossible de ne pas mettre en place de mécanisme fort pour sécuriser le processus de bout en bout et garantir l'intégrité du scrutin sinon le vote aurait été décrédibilisé", explique Victor Grezes, directeur de la Primaire populaire, joint par RTL.

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Concrètement, il est demandé aux électeurs de la primaire d'accepter une autorisation temporaire de prélèvement d'un euro sur leur carte bancaire pour en vérifier l'authenticité. Mais aucun débit ne sera effectué sur leur compte. "Une fois la vérification terminée par notre prestataire sécurisé, les informations bancaires sont instantanément supprimées et ne sont pas stockées et nous n’y avons jamais accès", peut-on lire sur le site de la Primaire

Seules les cartes bancaires françaises sont acceptées et une même carte peut être utilisée deux fois au maximum pour permettre aux personnes non bancarisées ou aux moins de 16 ans de participer au scrutin sur la carte d'un proche tout en bloquant la possibilité de faire des milliers de fausses inscriptions.

Les organisateurs de la Primaire populaire assurent qu'ils n'ont pas accès aux données bancaires. L'empreinte de la carte de paiement n'est pas conservée de façon lisible et ne peut pas être réutilisée pour réaliser des paiements. "On ne prendrait jamais la responsabilité de stocker des données bancaires. Le prestataire renvoie simplement la liste des votants avec les noms, prénoms, téléphones, mails et les informations des cartes bancaires hashées", explique l'organisation qui souligne que le même système a été utilisé dans le cadre des primaires organisées par Les Républicains et les écologistes.

La Cnil n'a pas exigé la collecte des numéros de CB

Interrogée par Next Inpact, la Cnil (Commission nationale de l'information et des libertés) admet que la finalité est légitime mais précise que la collecte d'un numéro de carte bancaire n'a jamais été exigée ou imposée par ses soins pour la Primaire populaire. 

"Si la collecte du numéro de carte bancaire a pu apparaître conforme à la législation sur la protection des données dans le cadre de précédentes primaires, c’est parce qu’il fallait verser une somme, souvent symbolique, pour participer aux primaires en question, ce qui n’est pas le cas en l’espèce", explique l'autorité. Selon elle, la collecte du numéro de téléphone et de l'adresse mail des participants auraient permis de "limiter les risques de fraude de façon suffisante et proportionnée" dans ce contexte.

De leur côté, les organisateurs disent avoir travaillé avec un expert Cnil indépendant pour répondre aux exigences de la commission. Selon ses conclusions, collecter un mail et un numéro de téléphone n'auraient pas suffi à éviter les fraudes. "N'importe qui peut accéder à des listes de numéros jetables depuis l'étranger", observe Victor Grèzes. Soucieux de trouver le meilleur équilibre entre fiabilité et sécurité, ils ont aussi envisagé d'utiliser France Connect. Mais leur demande a été refusée au motif que le vote pour une primaire ne rentre pas dans le périmètre d'application du dispositif.

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