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Présidentielle 2022 : la droite peut-elle encore revenir ?

EDITO - Deux ans et demi après l’élection d’Emmanuel Macron le potentiel électoral des Républicains pour la prochaine présidentielle a fondu de moitié. Ses figures sont créditées de 5 à 9% d’intentions de vote si la présidentielle avait lieu aujourd’hui. Elles peinent à se démarquer d’Emmanuel Macron.

Le siège des Républicains
Le siège des Républicains
Crédit : Sebastien SALOM-GOMIS / AFP
Présidentielle : la droite peut-elle encore revenir ?
03:45
Présidentielle : la droite peut-elle encore revenir ?
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Pauline De Saint-Rémy - édité par Thomas Pierre

La droite, telle qu’on l’a connue, est-elle fichue ? Vous allez-me dire, drôle d’idée de se poser cette question aujourd’hui. Après tout la séquence politique du moment est plutôt propice à ce qu’elle commence - un petit peu - à relever la tête, la droite. 

D’ailleurs Emmanuel Macron prend la peine de s’afficher cette semaine en Une du magazine Valeurs actuelles - mettant la classe politique en émoi – s’il "chasse" sur les terres de la droite dure, c’est bien qu’elle existe encore.

D’abord, les Républicains viennent de se doter d’un nouveau chef. Certes, Christian Jacob n’a pas le profil d’un candidat à l’élection présidentielle, mais après tout c’est peut-être ce dont le parti a besoin, pour que ses figures se retrouvent. 

Ensuite le nouveau patron des Républicains tente de renouer le dialogue avec les personnalités qui ont quitté le parti, comme Valérie Pécresse par exemple, qu’il a appelée dès son élection, ou Xavier Bertrand, dont il a pris soin d’installer deux proches dans les instances dirigeantes. 

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Parce qu’après avoir donné le ton, à la rentrée, Emmanuel Macron a été rattrapé, ces dernières semaines, par des sujets sur lesquels il n’est pas aussi à l’aise que sur l’économie : la question du port du voile, mais surtout, plus largement, celles de l’Islam et de la laïcité. 

Mais voilà. Au moins deux micro-événements qui se sont produit dans le même temps laissent à penser que la droite n’est pas encore prête à s’engouffrer dans cette petite brèche entrouverte par le président. 

Une hausse générale des salaires ?

Le premier est révélateur de la confusion idéologique qui règne chez Les Républicains : cette semaine le numéro 2 du parti, Guillaume Peltier - qui est en charge de l’organisation d’un congrès sur les idées, ça ne s’invente pas – a publié  un livre dans lequel il propose notamment accrochez-vous, une hausse générale des salaires, de 20%, en échange de la suppression de toutes les cotisations salariales et patronales, le tout financé par une micro-taxe sur les transactions, toutes les transactions, d’un retrait d’argent à un achat en ligne. 

De quoi faire faire une petite syncope à bon nombre de ses camarades… De quoi surtout pousser définitivement dans les bras d’Emmanuel Macron les électeurs libéraux qu’il reste aux Républicains…

Les "cultures de droite demeurent"

Le second événement ? Celui-là est révélateur du flou stratégique qui perdure après le départ de Laurent Wauquiez : le chef de file du parti au Parlement européen, François-Xavier Bellamy, s’est offert, l’air de rien, mais sous l’œil de photographes, une petite déambulation, mardi, au côté du maire d’extrême droite de Béziers, Robert Ménard, au prétexte, certes, de vouloir rencontrer les maires de l’Hérault après les intempéries qui ont frappé le département. Là encore, dans les rangs des Républicains, on s’étrangle.

Alors la droite a-t-elle encore un avenir, à court terme, tant qu’Emmanuel Macron occupe son espace vital ? et à moyen terme ? Ils sont quelques uns à y réfléchir. C’est par exemple le cas du Premier ministre, Edouard Philippe, qui en vient, bien sûr. J'ai eu l'occasion de lui poser la question. Il m'a répondu par cette seule certitude, que les "cultures de droite demeurent". 

Comme celle de gauche, d’ailleurs. "Vous aurez toujours des gens qui ont le cœur qui bat plus vite quand ils lisent Jaurès et Blum que De Gaulle. Et inversement", dit-il. Mais sur la droite, tel qu’elle est, aujourd’hui, en tant qu’entité politique, il est plus dubitatif, c’est peu de le dire. "La clarification doctrinale, je ne la vois pas", confie-t-il même. 

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