3 min de lecture François Hollande

Hollande veut changer les institutions : une "initiative qui manque singulièrement d’originalité"

ÉDITO - Dans son livre "Répondre à la crise démocratique", François Hollande entend "donner un second souffle à la Vème République". Son initiative manque-t-elle un peu de souffle ?

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Hollande veut changer les institutions : une "initiative qui manque singulièrement d'originalité" Crédit Image : Benoit Granier / DR | Crédit Média : RTL | Date :
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Pauline de Saint-Remy
Pauline De Saint-Rémy
édité par Marie-Pierre Haddad

Avec son livre qui vient de paraître, Répondre à la crise démocratique, François Hollande entend "donner un second souffle à la Vème République". L’ex-chef de l’Etat y fait des propositions pour réformer nos institutions : entre autres passer du quinquennat au sextennat, supprimer le rôle de Premier ministre, élire de nouveaux députés tous les 4 ans… Son initiative manque-t-elle un peu de souffle ?

Cette initiative manque singulièrement d’originalité. C’est tellement le sujet présidentiel par excellence que c’est presque devenu un classique, à gauche, de toucher aux institutions, quand on a l’élection suprême en ligne de mire

Arnaud Montebourg, dès 2001, avait créé la "Convention pour la VIème république". Sauf que lui, au contraire de François Hollande, dénonçait l’hyperprésidentialité du régime actuel. Même chose d’ailleurs pour Jean-Luc Mélenchon, qui a plaidé en faveur d’une VIème République, lui aussi. Avec une idée phare : donner beaucoup plus de pouvoir au Parlement. 

Hollande cherche-t-il à se dédouaner ?

Sans oublier enfin Ségolène Royal et sa promesse de "démocratie participative" en 2007. Sauf que François Hollande, lui, il a été au pouvoir. Et après tout, qu’un ancien chef de l’Etat, fort de son expérience, pose un diagnostic sur les défaillances de nos institutions, c’est non seulement compréhensible, mais peut-être même… sain. 

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Le problème, dans le cas présent, c’est qu’il donne étrangement l’impression de chercher à se dédouaner, lui. Comme si les institutions étaient responsables de ce qui n’a pas marché au cours de son quinquennat. Comme si on pouvait leur imputer ses erreurs de gouvernance. Il fait plus qu’en donner l’impression, quand il déclare, par exemple, à nos confrères du Parisien-Aujourd’hui en France, qu’avec une année de plus de mandat "les résultats de sa politique auraient été plus visibles"

Le pire, c’est qu’il n’a peut-être pas tort. En revanche difficile de ne pas faire le rapprochement entre ses propositions et la façon dont il a exercé le pouvoir. Ainsi donc, l’ex-"président normal" propose de renforcer le caractère présidentiel de notre cinquième république. 

Décaler les élections

Lui à qui on a tellement reproché, au cours de son quinquennat, de trop s’exposer, de ne pas savoir cultiver la rareté de sa parole - on l’appelait le "président commentateur", souvenez-vous - nous explique aujourd’hui que le Premier ministre ne remplit plus comme il faut sa fonction de paratonnerre pour le chef de l’Etat

Voilà pourquoi il n’en faut plus ! Mais qui peut croire, Yves, que sa réforme des institutions aurait changé quoique ce soit au consternant épisode de l’affaire Leonarda, par exemple ? 

Et ce n’est pas fini. Partant du constat - partagé par beaucoup - que depuis l’instauration du quinquennat et l’alignement des élections législatives sur la présidentielle, les députés sont toujours majoritairement acquis à la cause du président, et que donc l’Assemblée s’est transformée en chambre d’enregistrement de la politique du gouvernement, François Hollande propose de décaler les élections. 

Un président élu pour 6 ans, d’un côté, une assemblée renouvelée tous les 4 ans, de l’autre…

Pauline de Saint -Rémy
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Un président élu pour 6 ans, d’un côté, une assemblée renouvelée tous les 4 ans, de l’autre… Mais est-ce qu’on imagine seulement ce qu’il se serait passé s’il y avait eu des élections législatives au cours du mandat de François Hollande ? Faut-il rappeler que le parti socialiste a été balayé à toutes les élections locales depuis 2012 ? 

Pour finir je ne résiste pas à la tentation de vous livrer ce trait d’humour d’un visiteur du soir de l'Elysée, que j’interrogeais hier soir à propos du livre de François Hollande : "Au fond, il y a deux sortes de présidents. Ceux qui changent la constitution quand ils sont au pouvoir. Et ceux qui veulent la changer une fois qu’ils sont partis. Les deux sont grotesques. Mais il n’y a que les premiers qui sont dangereux".

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