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Laïcité : pourquoi Emmanuel Macron ne veut pas d'un discours sur le sujet

ÉDITO - Pour Emmanuel Macron, il n’est pas question d’un grand discours sur la laïcité. Le sujet commence à agacer un petit peu l’Elysée.

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Laïcité : pourquoi Emmanuel Macron ne veut pas d'un discours sur le sujet Crédit Image : Ludovic MARIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Pauline de Saint-Remy
Pauline De Saint-Rémy
édité par Marie-Pierre Haddad

Emmanuel Macron annonce ce lundi 28 octobre, en exclusivité sur RTL qu’il fera "dans les semaines qui viennent" des annonces en matière de lutte contre le communautarisme islamiste, de lutte contre la radicalisation aussi. Il n’est en revanche toujours pas question d’un grand discours sur la laïcité. Le sujet commence à agacer un petit peu l’Elysée...

Je peux même vous dire que l’entourage d’Emmanuel Macron considère qu’il y a une "obsession", chez nous, les journalistes, comme chez certains politiques à vouloir le faire parler de ce sujet. "La laïcité, ça n’est pas la priorité, ça viendra plus tard", balayait l’un de ses conseillers à qui j’en parlais.

Alors ce qui est vrai, c’est que quand on l’interroge sur question de la laïcité - c’est ce qu’a donc fait William Galibert dans l’avion qui ramenait Emmanuel Macron de La Réunion - la réponse du chef de l’Etat, en apparence, elle est claire. Claire, mais étonnamment saucissonnée. 

Diviser le débat en trois sujets

Je m’explique : le président dit avoir trois "chantiers prioritaires" : lutter contre la radicalisation islamiste, en premier lieu, ensuite faire reculer le communautarisme islamiste, enfin "structurer le dialogue avec l’islam", autrement dit, revoir l’organisation du culte musulman en France.  

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Ces trois sujets se recoupent par certains aspects, et pas les moins importants ni les moins sensibles. Prenez par exemple, la seule question de la formation des imams. Dans lequel de ces trois dossiers la feriez vous entrer ? Faites pareil avec le problème du financement de l’islam et de sa transparence. Vous verrez qu’il n’y a pas beaucoup de sens à séparer tout ça.

Alors pourquoi est-ce qu’il "saucissonne" comme ça ? C’est la question que j’ai posée à ceux qui ont l’habitude de travailler avec lui. Réponse : parce que ça "floute". "Le nuage magique est une technique imparable", m'a répondu un communicant un brin ironique. 

Aujourd’hui le chef de l’Etat assure à notre micro que le travail se fait "à bas bruit"

Pauline de Saint-Rémy
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Si on ne veut pas lui prêter de mauvaises intentions, on pourrait arguer que le président cherche avant tout à "dépassionner le débat" et c’est une volonté qui peut s’entendre. Mais à condition évidemment de finir par traiter le sujet.

Et justement, si l’on prend la question - sur laquelle il n’est certes pas le premier président à butter - de la structuration de l’islam de France, les intentions d’Emmanuel Macron n’ont pas toujours été si claires. A l’Elysée certains disaient même au mois de septembre que ça n’était plus "du tout une priorité". Mais voilà qu’aujourd’hui le chef de l’Etat assure à notre micro que le travail se fait "à bas bruit".

Il faut dire que le chantier est vaste et complexe, entre autres parce qu’il comprend des ramifications internationales. Mais la vérité, c’est aussi qu’un projet a bien été dans les tuyaux, il y a plus d’un ! Il a même été validé en réunion interministérielle après des mois d’un travail auquel Emmanuel Macron a lui-même participé… C’était un texte où il était question de "taxe hallal", de taxe sur les pèlerinages, de formation supérieure des imams. Aujourd’hui, ce projet n’est certes pas totalement enterré, mais il est quand même un petit peu égaré. 

Une majorité divisée sur l'islam et la laïcité

Et pourquoi est-ce que ça coince ? Les explications sont multiples, mais avant tout politiques : Emmanuel Macron, qui a avant tout été élu sur un programme économique, doit composer avec une majorité très divisée sur les sujets de l’islam et de la laïcité. L’opinion publique attend une certaine fermeté. 

Un sondage Ifop l’a encore montré, dimanche 28 octobre. Bref attention sujet inflammable. Or le président n’a pas du tout "envie d’ouvrir un (nouveau) front sociétal", comme me l’a confié un ministre. Mais en même temps, il le sait la présidentielle se jouera, en partie, sur ce sujet.

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