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Présidentielle 2027 : Attal, Philippe, Lisnard, Glucksmann... Qui veut d'une primaire du bloc central et qui s'y oppose ?

Depuis le 28 octobre et l'appel de Gabriel Attal, l'idée d'une primaire est sur toutes les lèvres du bloc central. Si Édouard Philippe oppose un refus catégorique, beaucoup poussent en faveur d'un départage avant le début de l'année prochaine.

Édouard Philippe, Bruno Retailleau, David Lisnard et David Lisnard

Crédit : AFP

Jérémy Billault & AFP

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L'idée d'une primaire du bloc central faisait déjà son chemin avant même le début de la campagne présidentielle. Mais à moins de six mois du scrutin, elle cristallise désormais les divisions entre les candidats. Au point de poser une question : cette primaire verra-t-elle seulement le jour ?

Le 28 octobre dernier, sur le plateau du journal de 20 heures de TF1, le candidat Renaissance, Gabriel Attal, a solennellement lancé un appel aux candidats d'un bloc central élargi, constatant l'absence de dynamique dans les sondages de l'automne, à moins de six mois du scrutin. "Aucun candidat n'est en situation, par sa situation dans les sondages, de rassembler les autres autour de lui. Et donc si la force ne fait pas l'union, il faut que l'union fasse la force". 

Quatre jours plus tard, Édouard Philippe, son principal concurrent, poussé à réagir par la multitude de réactions provoquées par l'idée dans la classe politique, s'est invité sur le même plateau pour la balayer d'un revers de main. "Cette primaire n'aura pas lieu", a-t-il martelé, arguant du risque d'une "division" et la "confusion" qui l'entoure. 

Quelle primaire et avec qui ?

À la peine dans les sondages à six mois du scrutin, toujours moins bien placé qu'Édouard Philippe et jamais en passe de se qualifier au second tour, Gabriel Attal réagit quelques heures plus tard sur la même chaîne : "Cette primaire, elle aura lieu et je crois que c'est inéluctable".

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En coulisses, l'entourage du maire du Havre glisse qu'il perçoit l'offensive de Gabriel Attal comme une ultime tentative d'animer le débat après un début de campagne poussif. 

Mais force est de reconnaître que depuis la prise de parole du candidat Renaissance, une multitude d'élus et de représentants de la droite et du centre se sont manifestés, chacun, ou presque, avançant une intention différente quant à l'essence de la primaire à venir. De Glucksmann à Retailleau, d'Attal à Knafo, avec ou sans Lisnard... Même chez les soutiens de la primaire, tout reste à déterminer.

Aurore Bergé et le MoDem soutiennent l'idée de Gabriel Attal

Gabriel Attal a rapidement pu enregistrer quelques soutiens dans sa démarche. La ministre macroniste de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a notamment rappelé dans les colonnes du Parisien son soutien de longue date à cette initiative, en précisant souhaiter la voir réservée à la droite et au centre, "la seule modalité de sélection possible pour avoir une candidature unique". Elle n'exclut d'ailleurs pas de prendre part à cette primaire.

Avant même l'appel de son ancien Premier ministre, Emmanuel Macron lui-même distillait la même idée en coulisses. "Il faut que tout ce petit monde s’unisse et quand il n’y a pas de leadership avéré, il n’y a pas mille solutions."

Du côté du MoDem, la tendance est également au soutien à une primaire. Dans la Tribune Dimanche, le chef des députés MoDem Marc Fesneau affirme même "ne pas voir d’autre solution que la primaire pour faire émerger un candidat". 

Mais pas question d'inclure le candidat Nouvelle Énergie, David Lisnard, testé depuis quelques semaines dans les sondages et estimé au même niveau que le LR Bruno Retailleau autour des 7% d'intentions de vote. Il l'accuse de "préparer la grande alliance avec l'extrême droite, comme Sarah Knafo", l'eurodéputée de Reconquête!, le parti d'Éric Zemmour. 

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot plaide également pour une primaire, qu'il souhaite ouverte à Raphaël Glucksmann, récemment désigné candidat de la gauche sociale-démocrate.

Lisnard pousse pour une primaire ouverte à sa droite

De son côté, David Lisnard a assuré dans une longue publication sur les réseaux sociaux le 1er novembre qu'il soutenait ce mécanisme "depuis presque deux ans". "Il y a ceux qui disent maintenant bien vouloir faire la primaire de la droite, mais avec la gauche ; et sans la droite qui n’a pas gouverné avec Emmanuel Macron", écrit-il. 

"Il y a ceux aussi qui cherchent un prétexte pour ne pas faire ladite primaire, notamment en évoquant des épouvantails qui ne sont pas candidats, de peur de la démocratie", poursuit-il. 


Désigné candidat du parti Les Républicains, Bruno Retailleau n'a pas refusé l'idée d'une primaire de la droite et du centre sur le principe. Mais elle n'aurait de sens, selon lui, que si Édouard Philippe acceptait d'y participer. "Je le battrais", assure-t-il.

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D'autres ténors du parti se sont exprimés en ce sens. Dans la semaine, l'ancien Premier ministre LR, Michel Barnier, soutien de Bruno Retailleau, a lui aussi plaidé pour une primaire "de la droite et du centre". De son côté, Laurent Wauquiez, opposant déçu à Bruno Retailleau chez LR, appelle depuis le printemps à une primaire de la droite et du centre, martelant déjà à l'époque la nécessité reprise par Gabriel Attal d'éviter un duel Mélenchon-Le Pen au second tour. 

Édouard Philippe s'oppose à une primaire et appelle à des retraits en février

C'est dans ce contexte que, dimanche 1er novembre, Édouard Philippe était appelé à clarifier sa position. Longtemps qualifié au second tour dans l'ensemble des sondages, le maire du Havre voit peu à peu sa dynamique s'essouffler, en particulier depuis la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire socialiste début octobre. 

Selon le dernier sondage Harris Interactive pour RTL et M6, il n'est en mesure de se qualifier dans aucun cas de figure, même si Gabriel Attal, Dominique de Villepin et David Lisnard ne se présentaient pas. Il estime que "chacun prendra ses responsabilités" au mois de février. "Si les Français ont décidément envie de passer à autre chose. Eh bien, écoutez, j'en tirerai les conséquences".

Raphaël Glucksmann : "Ce n'est pas mon histoire"

Édouard Philippe est rejoint dans son rejet de la primaire par quelques figures de ce champ politique. Dominique de Villepin, qui a lancé son mouvement La France humaniste, a indiqué avoir été contacté par Gabriel Attal avant l'annonce du 28 octobre. Il n'a pas encore officialisé sa candidature. Xavier Bertrand, candidat de longue date, rejette aussi le principe.

Cité à de multiples reprises, Raphaël Glucksmann ne participera pas à sa seconde primaire en l'espace de quelques semaines. "Cette primaire, c’est celle de ceux qui assument le bilan du macronisme, de ceux qui ont été premiers ministres d’Emmanuel Macron, de ceux qui ont été ministres d’Emmanuel Macron. Et donc ce n’est pas mon histoire". 

Sur BFMTV, le 1er novembre, Jean-François Copé, soutien de l'organisation d'une primaire, a résumé, désabusé : "Il n'y aura pas de primaire, c'est écrit".

"Ils ne sont pas d'accord sur qui on met dans la primaire : Gabriel Attal veut rajouter Glucksmann, Lisnard dit 'pourquoi pas aussi Knafo?' et au milieu Philippe dit 'je suis contre... Il vaut mieux assumer et dire de manière très claire qu'au mois de janvier, en fonction de la popularité évaluée de chacun, il faudra qu'ils se mettent d'accord, parce qu'ils ont une responsabilité historique".

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