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Des images d'Inass Touloub, prises dans le cadre du procès de ses parents au palais de justice de Blois, le 2 novembre 2026.
Crédit : ALAIN JOCARD / AFP
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39 ans. Ce lundi 2 novembre s'est ouvert le procès des parents de la "petite martyre de l'A10". Pendant plus de 30 ans, l'identité de cette fillette est restée inconnue. Lorsqu'elle est retrouvée morte le 11 août 1987, dans un fossé au bord de l'A10, à Suèvres (Loir-et-Cher), rien ne permet encore de mettre un nom sur son visage.
L'enfant, âgée d'environ 4 ans, porte en effet de très nombreuses traces de sévices. Son corps est couvert d'ecchymoses, de brûlures attribuées à un fer à repasser et de morsures humaines. À l'époque, personne ne signale sa disparition malgré un appel à témoins. Son identité, elle, reste inconnue.
Les enquêteurs se heurtent aussi aux limites techniques et technologiques de la fin des années 1980. Il n'y a ni ADN exploitable, ni caméras de surveillance aux péages. Et en ce mois d'août, en plein chassé-croisé des vacances, des milliers de véhicules circulent sur cet axe. De quoi compliquer encore plus la tâche des enquêteurs.
Malgré la montagne qui se dresse face à eux, les juges et les enquêteurs ne baissent pas les bras. Après deux non-lieux, en 1991 et 1997, le corps de la fillette est finalement exhumé pour une nouvelle autopsie en décembre 1995. L'ADN prélevé est alors conservé.
Le temps passe mais des analyses complémentaires finissent par isoler deux profils génétiques. L'un, retrouvé sur le maillot de corps de l'enfant, correspond à sa mère. L'autre, relevé sur la couverture dans laquelle elle avait été enveloppée, appartient à son père.
Il faudra attendre 2018 pour que l'enquête bascule pour de bon. Cette année-là, un homme impliqué dans une affaire de violences après une bagarre, en 2017, a été condamné et inscrit au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG).
Après comparaison, son profil génétique correspond à des traces retrouvées sur la fameuse couverture qui entourait la petite fille. Les résultats tombent : cet homme est le petit frère de la victime. Il avait 3 ans au moment de sa mort.
L'identité de la "petite martyre de l'A10" est alors découverte. Elle s'appelait Inass Touloub. L'enfant est née au Maroc. Sa famille vivait à l'époque en région parisienne.
Après un travail discret de six gendarmes, les parents de Inass - Halima El Bakhti et Ahmed Touloub - sont finalement interpellés en juin 2018. Il faudra encore attendre huit ans - et plusieurs recours des accusés - pour la tenue d'un procès.
Depuis ce lundi, ils sont jugés devant la cour d'assises du Loir-et-Cher, à Blois. La mère, aujourd'hui âgée de 72 ans, comparaît pour "torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort" sans intention de la donner. Le père, 74 ans, est jugé pour "complicité".
Tous deux encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Les débats doivent durer jusqu'au 18 novembre.
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