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Présidentielle 2022 : Xavier Bertrand, une campagne de désillusion en résignation

DÉCRYPTAGE - Le candidat de droite s'est résigné à participer au congrès LR et y affrontera notamment Valérie Pécresse et Michel Barnier. Une décision difficile à justifier pour celui qui avait défendu des positions inverses il y a quelques semaines.

Xavier Bertrand, le 11 octobre 2021
Xavier Bertrand, le 11 octobre 2021
Crédit : Thomas SAMSON / AFP
Marie-Pierre Haddad

"Les adhérents LR ont écarté la primaire, ce n'est pas pour en refaire une sous une forme déguisée". Cette phrase est signée Xavier Bertrand le 30 septembre dernier. Dans un entretien au Figaro, le candidat de droite détaillait longuement les raisons pour lesquelles il ne souhaitait pas participer au congrès LR, visant à désigner le candidat du parti. 

Douze jours plus tard, Xavier Bertrand n'a eu d'autres choix que d'accepter de concourir contre Valérie Pécresse, Michel Barnier, Éric Ciotti et Philippe Juvin le 4 décembre prochain. Invité du Journal Télévisé de TF1, l'ancien ministre du Travail a expliqué que "la solution de facilité était de faire cavalier seul" mais "je n'ai pas voulu faire ce choix car, dans mon ADN, il y a le rassemblement et il y a l'union".

Xavier Bertrand opère ainsi un virage à 180 degrés et permet à la droite de souffler en évitant une double candidature. Un soulagement pour LR mais un aveu d'échec pour le candidat qui s'est résigné à choisir la solution la moins pire.

Bertrand pas parvenu à s'imposer par les sondages

À six mois de l'élection présidentielle, rien ne se passe comme prévu pour Xavier Bertrand. Le candidat de droite espérait incarner "le" candidat de la droite et du centre en s'imposant comme le choix naturel. Un choix naturel qui aurait indiscutable au vu des sondages. Mais c'était sans compter, les candidatures de Valérie Pécresse et Michel Barnier. Les études d'opinions se sont avérées décevantes pour l'ancien ministre. 

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Xavier Bertrand fait office de troisième homme, dans le scenario où Emmanuel Macron affronte Marine Le Pen. Il n'arrive donc pas dans les projections faites à se qualifier pour le second tour. Nicolas Sarkozy avait résumé l'enjeu dès janvier dernier en expliquant au président des Hauts-de-France : "Si tu es à 18% (dans les intentions de vote, ndlr) à l'automne, tu t'imposeras". La situation actuelle a démontré le plafonnement de Xavier Bertrand qui obtient en fonction des sondages entre 13 et 15%. 

Il ne parvient pas à creuser l'écart avec ses adversaires de droite. Tout cela au profit d'Éric Zemmour, dont l'arrivée dans le jeu politique ne fait que pointer les failles de la droite et des Républicains. "Valérie Pécresse et Xavier Bertrand auraient pu incarner une alternative raisonnable à Éric Zemmour. Mais ils sont complètement tombés dans l'opposé", déplore un élu Les Républicains

Une tambouille politique sur la primaire et le congrès

La droite n'ayant pas de candidat naturel, Xavier Bertrand a été forcé d'ajuster sa stratégie politique. Il a tenté de faire plier ses adversaires en évitant la case primaire. Un point non-négociable, pour le président des Hauts-de-France. Après moultes débats et discussions sur l'utilité d'organiser une primaire ou non, c'est finalement l'option du congrès qui sera retenue.

Une décision qui n'a pas fait l'unanimité au sein du parti. "La seule façon de discipliner Xavier Bertrand était d'imposer une primaire ouverte à laquelle il n'aurait pas pu échapper", analyse avec regret un ténor du parti. Mais, Les Républicains, et Xavier Bertrand, ne sont pas encore au bout de leur peine. Xavier Bertrand espérait n'avoir que son nom soumis aux militants. Une condition là encore martelée par le candidat

Une nouvelle fois, cette stratégie de campagne va être malmenée. "Christian Jacob n'arrivera pas à débrancher Michel Barnier", prédisait-on dans les rangs LR. Quant à Valérie Pécresse, des membres de son équipe se frottaient les mains à l'idée de voir Xavier Bertrand ne pas participer au congrès et se placer en dissident

Parti sans LR et obligé d'y revenir

Le cœur de la campagne de Xavier Bertrand était aussi fondé sur sa capacité à faire campagne sans parti et sans se revendiquer des Républicains. "Aucun candidat LR ne peut faire campagne sans LR. même Xavier Bertrand", explique un proche de Michel Barnier. Le président des Hauts-de-France va devoir affronter les militants au congrès, dont ceux qui lui reprochent d'avoir quitté le navire quelques années plus tôt et maintenant d'avoir voulu faire campagne sans l'étiquette LR

En réponse aux critiques, Xavier Bertrand met en avant sa volonté de rassembler sa famille politique. "Je veux rassembler l'ensemble des Français, alors il faut que je commence par ma famille politique", a-t-il expliqué sur TF1. Se présenter face aux militants LR, oui. Mais ne pas en redevenir membre pour autant. 

Selon les informations de Public Sénat confirmées par l'AFP, le candidat ne reprendra pas sa carte au sein du parti. "J’ai quitté mon parti, à l’époque je m’en suis expliqué. Je n’ai pas quitté ma famille politique, je n’ai jamais rejoint un autre parti, ni créé un autre parti. Et moi, je n’ai pas trahi non plus. Et ça c’est aussi quelque chose de très important", a-t-il expliqué devant les sénateurs LR. Une opération reconquête qui ne fait que commencer.

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