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Présidentielle 2022 : Wauquiez, le soutien que s'arrachent Barnier, Pécresse et Bertrand

DÉCRYPTAGE - Son refus de se porter candidat pour 2022 ne l'a pas fait sortir de l'équation Les Républicains. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes est plus que jamais courtisé par les candidats. Il peut s'avérer être un allié de poids pour le congrès le 4 décembre prochain.

Laurent Wauquiez, le 20 juillet 2021
Laurent Wauquiez, le 20 juillet 2021
Crédit : Alain JOCARD / AFP
Marie-Pierre Haddad

Le retour en politique après une traversée du désert a toujours eu quelque chose de fascinant. Laurent Wauquiez ne déroge pas à cette règle. L'ancien patron des Républicains, poussé à la démission après l'échec de son parti aux élections européennes opère un retour en force. Et à sept mois d'une élection présidentielle, cela a toute son importance. 

Les Républicains ont franchi une première étape, non sans difficulté, dans leur stratégie pour 2022. Le candidat chargé de les représenter sera désigné par les militants. L'option de la primaire ouverte est donc définitivement enterrée. Désormais, la chasse à l'opinion est ouverte : chaque candidat doit convaincre la base militante des Républicains. 

C'est là que Laurent Wauquiez devient une pièce maîtresse autant pour Xavier Bertrand, Valérie Pécresse que Michel Barnier. 

Pécresse et Bertrand tentent de se rapprocher de Wauquiez

Une situation assez atypique d'autant plus après avoir renoncé à se porter candidat. Le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes est resté très populaire chez les adhérents des Républicains et aussi chez les Jeunes LR. Lors de la rentrée de ces derniers, il a été accueilli par des "Laurent, président", lancés par la foule. Ce fait n'a pas échappé aux candidats qui tentent chacun leur tour d'obtenir son soutien.

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Fin août, Valérie Pécresse résumait les rapports de force qui structurent la droite : "Xavier Bertrand a les sondages, Laurent Wauquiez le parti et moi j'ai les idées". Sans surprise, la partie sur l'ancien président des Républicains est reprise en cœur dans les rangs wauquiezistes. "Beaucoup de gens veulent parler à Laurent Wauquiez. Il a une légitimité et un poids au sein de l'appareil politique donnés par les militants et les élus locaux", assure-t-on. 

En désaccord avec la ligne jugée trop droitière de Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse veut désormais tourner la page. De l'eau semble avoir coulé sous les ponts puisque la présidente de la région Île-de-France a déjeuné avec lui, à l'occasion d'un déplacement dans sa région mi-septembre. Dans l'entourage de la candidate, on évite soigneusement la question d'un éventuel soutien. "Une visite de courtoisie", répond-on. Le but était d'obtenir un appui en faveur d'une primaire ouverte et éviter le passage par la case Congrès. Opération ratée.

Et Xavier Bertrand ? L'opération main tendue a aussi été lancée par le président des Hauts-de-France. Mais elle s'avère plus délicate que prévue. "On est de la même famille", déclarait le candidat à France Bleu. Un rétropédalage en règle pour celui qui a bâti le début de sa campagne sur le fait de s'être affranchi des Républicains.

Le cas Barnier

Michel Barnier compte bien s'imposer lors du congrès LR avec à ses côtés Laurent Wauquiez. Mi-septembre, l'ancien président des Républicains l'a qualifié de "grand monsieur" qui va "porter les couleurs", dans Savoie News. Ce commentaire n'a pas échappé à l'entourage du candidat LR. "Il va jouer un rôle plus important" au fil des mois, parie un proche de l'ancien négociateur en chef du Brexit. "S'il n'a pas envie de donner un coup de pouce, il ne le fera pas. Laurent Wauquiez a des ambitions et des attentes qui ne sont pas guidées par l'animosité. Oui, il a des ambitions personnelles, mais il choisit le bon chemin pour les atteindre", assure-t-on dans l'équipe de campagne.

Dans l'écurie de Valérie Pécresse, on dresse le même constat mais avec un ton plus désabusé : "Tout le monde sait qu'il fait campagne pour Barnier". Du côté de Laurent Wauquiez, on minimise les propos. "Cette déclaration ne signifie pas qu'il soutient Barnier. C'était un mot gentil", nuance-t-on dans l'entourage du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Le tout étant de continuer à cultiver le désir. 

Michel Barnier multiplie les mains tendues. Interrogé par Le Point sur le "quoi qu'il en coûte" instauré par Emmanuel Macron pour faire face à la crise du coronavirus, l'ancien négociateur en chef du Brexit a déclaré : De nombreux élus locaux de la droite et du centre - je pense notamment à Laurent Wauquiez mais aussi à tant de maires - ont réussi à diminuer les dépenses publiques de fonctionnement de leur collectivité tout en améliorant la qualité du service public". 

Tout n'a pourtant pas été rose entre les deux hommes politiques. Laurent Wauquiez avait été investi par l'UMP lors des régionales de 2015 pour être candidat en Auvergne-Rhône-Alpes. Tout cela au détriment de Michel Barnier qui avait alors refusé de le soutenir. C'est là tout le paradoxe en politique : une élection en balaye une autre.

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