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Présidentielle 2022 : Le Pen, Mélenchon, Dupont-Aignan et la "traque" sans relâche des parrainages

RÉCIT - La course aux 500 signatures est déjà bien entamée chez les candidats à l'élection présidentielle. S'il s'agit d'une formalité pour certains, c'est une toute autre bataille qui se joue pour d'autres. Dans leur cas, elle conditionne leur possibilité de candidater pour 2022.

Emmanuel Macron à l'Élysée, le 8 juillet 2021
Emmanuel Macron à l'Élysée, le 8 juillet 2021
Crédit : YOAN VALAT / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad

La bataille avant la bataille. Avant chaque élection présidentielle, une angoisse refait son apparition dans les pensées de certains candidats : les parrainages. Les fameuses "500 signatures".

500 parrainages d'élus sont nécessaires pour pouvoir candidater au scrutin. Il s'agit-là d'une condition sine qua non. Comme l'indique le site vie-publique.fr, cette règle est inscrite dans la loi du 6 novembre 1962 et est une étape "décisive" dans "la capacité d'un candidat à se présenter à l'élection présidentielle". Concrètement, les personnes habilitées à donner leur parrainage à un candidat sont les députés, les sénateurs, les maires et les conseillers départementaux.

Cette quête est une véritable course contre la montre, puisque ces précieuses signatures doivent être publiées au moins dix jours avant le premier tour de l'élection présidentielle qui a lieu le 10 avril prochain. Ces parrainages font ensuite l'objet d'une vérification de la part du Conseil constitutionnel. Il s'agit d'une "chasse", d'une "traque", à en croire les mots utilisés par un élu EELV.

Le paradoxe sondages-parrainages

Les intentions de vote dans les sondages ne sont pas forcément synonyme d'abondance en matière de signatures. Marine Le Pen, donnée au second tour face à Emmanuel Macron selon plusieurs sondeurs, peine à rassembler des parrainages. "Je rame, comme tout le monde je crois", expliquait-elle sur BFMTV, le 8 novembre 2021. Son entourage indique avoir recueilli, pour l'instant, "400" promesses de parrainages. La candidate RN n'est pas la seule dans cette situation. 

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Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, est lui aussi à la recherche du graal. "La vraie primaire, ça va être les parrainages. Il faut mettre le paquet mais la situation n'est pas simple", constate un membre de son entourage qui chiffre à "400" aussi le nombre de promesses.
À l'opposé de l'échiquier politique du Rassemblement national, Jean-Luc Mélenchon ne veut pas pécher par excès de confiance. Le 3 novembre dernier, le numéro 2 de la France insoumise Adrien Quatennens expliquait que le candidat en est à "la moitié du parcours", soit 250 promesses de signatures des élus. "Ce n'est pas une simple formalité", a ajouté le député LFI du Nord qui reconnaît une certaine difficulté.

Plus de participants pour autant de parts à se partager

La clé des signatures pour l'élection présidentielle est celle de l'ancrage territorial. Plus votre parti est implanté, plus le réseau se construit et plus vous avez d'élus, plus vous multipliez les chances d'obtenir les signatures. Raison pour laquelle Les Républicains et le Parti socialiste connaissent moins de difficulté pour se soumettre à cette règle. De même pour La République En Marche qui bénéficie de l'étiquette "Emmanuel Macron". 

Du côté d'Europe Écologie-Les Verts, "le recensement" des forces vives a débuté en octobre dernier. "On a un socle de 300-350 élus locaux. On en veut deux fois plus. On sera tranquille à 600 signatures", explique un cadre du parti. 

L'implantation des élus locaux n'est pas la seule raison qui explique le défi que représente la pêche aux 500 signatures. La multiplication des candidatures à la droite de la droite, avec Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot, François Asselineau et la tentation côté Éric Zemmour provoque un partage du gâteau avec plus de participants, pour le même nombre de parts. Chaque parrainage d'élu vaut plus cher.

De même à gauche. Candidat pour la troisième fois à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon est face à une nouvelle difficulté : il ne pourra pas bénéficier des parrainages des élus communistes qui ont leur propre candidat pour 2022 en la personne de Fabien Roussel. Ce dernier ne souhaite pas dévoiler son avancée dans la course aux parrainages.

Les élus veulent de moins en moins parrainer

Un candidat à l'élection présidentielle

Une troisième raison, plus systémique, vient aussi accroitre la difficulté. "Les élus en ont ras-le-bol. Ils veulent de moins en moins parrainer", lâche un candidat à l'élection présidentielle. En cause, la crise des "gilets jaunes" et la défiance des Français envers la sphère politique qui ont laissé les élus de terrain seuls face aux remontrances des membres de leur circonscription. 

Sur France inter, Philippe Poutou a expliqué ce mardi 16 novembre avoir obtenu "168 promesses" de parrainages sur les 500 requis. Pour le candidat du NPA, ces signatures doivent être "un acte démocratique, pas un acte de soutien politique". Certains maires estiment "que ce n'est pas à eux de choisir les candidatures", a-t-il ajouté.

La fin de l'anonymat en cause

Selon un proche de Marine Le Pen, cette fébrilité des élus à parrainer la candidate du Rassemblement national est dû à la fin de l'anonymat. En 2016, le système de parrainages a été réformé. Depuis, la liste de parrains obtenus par les candidats est rendue publique en intégralité. Un système déjà mis en place pour l'élection présidentielle de 2017. Auparavant, des noms étaient tirés au sort et ainsi dévoilés. 

Ce changement est critiqué tout en faisant un aveu d'impuissance par ce membre du premier cercle de l'ancienne présidente du RN : "Quand on veut jouer dans la cour des grands, on adopte les règles même si elles sont injustes". En 2017, Nicolas Dupont-Aignan dénonçait cette levée d'anonymat. "Cela va renforcer la pression aux subventions sur les élus", expliquait-il.

Chaque instant compte, chaque rencontre est cruciale. Les candidats en difficulté n'hésitent pas eux-mêmes décrocher le téléphone et "faire le job", comme raconte l'un d'entre eux. "J'essaye dans chaque département d'avoir 5 parrainages, explique un autre. Ca nous est déjà arrivé de faire une heure de route pour un seul maire". Mais ce dernier rappelle aussi que montrer sa sérénité sur ce sujet équivaut à se priver du soutien de certains maires, qui préféront venir en aide à un autre candidat. Une guerre à la fois de terrain mais surtout psychologique.

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