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Présidentielle 2022, immigration, écologie... Le résumé du débat des candidats au congrès LR

ÉCLAIRAGE - Les candidats à l'investiture LR à la présidentielle ont exposé chacun leur tour leur projet pour la France. Un débat qui a surtout montré leurs points de convergence.

Les cinq candidats au congrès LR, le 8 novembre 2021
Les cinq candidats au congrès LR, le 8 novembre 2021
Crédit : bertrand GUAY / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad

Marquer ses différences, mais pas à n'importe quel prix. Le premier débat opposant les cinq candidats au congrès Les Républicains a eu lieu ce lundi 8 novembre. Xavier Bertrand, Michel Barnier, Valérie Pécresse, Éric Ciotti et Philippe Juvin ont affiché leur volonté de ne pas céder aux sirènes de la division. Une opération d'autant plus délicate avec l'organisation d'un congrès, c'est-à-dire d'une élection destinée à désigner le candidat de la droite pour l'élection présidentielle de 2022.

Le fantôme de la primaire de la droite et du centre de 2016 est ainsi réapparu. À l'époque, les candidats avaient été dans l'incapacité de s'unir après l'élection de François Fillon. Mais cette fois-ci, l'envie de l'emporter après avoir été éloigné pendant dix ans du pouvoir semble avoir primé sur le reste. 

Autre fantôme venu hanter les candidats : les débats de 2016. Ces derniers avaient permis à François Fillon de s'imposer, alors que les sondages ne le plaçaient pas en position de favori. Que faut-il retenir de ce débat ? Quel candidat s'est démarqué de ses adversaires ? Et sur quel sujet ? RTL.fr vous résume ce premier débat des candidats à l'investiture Les Républicains pour la présidentielle. 

Première mesure et premier déplacement

Afin de mieux se projeter sur les projets et programmes des candidats, chacun s'est livré à l'exercice de l'introduction avant de débattre. Les cinq adversaires ont ainsi détaillé la première mesure qu'ils comptent appliquer en arrivant à l'Élysée. Ainsi que le premier déplacement. 

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Éric Ciotti est le premier à ouvrir le bal. Le candidat au congrès LR veut "signer un décret de convocation par référendum au titre de l'article 11 (...) pour que la France recouvre sa souveraineté juridique". Il veut que "la France recouvre le cours de son destin en matière de sécurité et de politique migratoire". Quant au premier déplacement, Éric Ciotti veut se rendre à la cité des Flamands à Marseille. "Les dealers tiennent ce quartier comme ils tiennent 500 quartiers en France. Je souhaite que la loi s'applique partout", explique-t-il. 

Au tour de Philippe Juvin. Le candidat souhaite mettre "sur la table un nouveau traité européen". "Je veux refonder l'Europe", assure-t-il. Son premier déplacement "sera à la fois symbolique et de travail", s'engage-t-il en précisant qu'il se rendra en Corse où il a ses "racines". "C'est la ruralité, c'est une île. Il faut qu'on ait une réflexion sur la spécificité des îles. La Corse est faite de multiples communes comme toute la France, donc je donnerai le top départ d'une grande loi de décentralisation et de libertés locales", conclut-il. 

Michel Barnier prend la suite. Le candidat veut envoyer "un message aux armées qui sont héritières et actrices d’une grande histoire dont nous sommes fiers et dont je ne m’excuserai jamais". Il adresse une pique au gouvernement actuel : la sécurité est "l'échec du quinquennat qui s'achève et sera la priorité du prochain quinquennat". Quant au déplacement, l'ancien négociateur du Brexit est resté flou sur le lieu. Il se rendra dans "un grand bassin industriel et agricole, où on sait ce qu’est le travail bien fait et où il y a eu des trahisons et des déceptions".

Valérie Pécresse s'exprime à son tour. "Le grand défi de ce mandat sera de ressouder la nation française qui est aujourd'hui fracturée. Et ça commence à l'école. Ma première décision, ce sera de déclarer, le 10 novembre, un jour des héros qui font la France", qui sera célébré dans toutes les écoles. "La repentance ça suffit. Je veux redonner à chaque enfant de France la fierté de son histoire", a-t-elle ajouté. Son premier déplacement se fera à la Fondation Jacques Chirac en Corrèze, qui s'occupe d'enfants handicapés. Objectif : "Mettre fin au scandale de ces millions de nos compatriotes qui vont à l'étranger pour se faire soigner".

Xavier Bertrand "ordonnera" quant à lui "au président d'EDF de lancer la construction de dix nouveaux réacteurs nucléaires". "Je vais stopper le déclin du nucléaire dans notre pays. La politique de Macron est un échec, il a commis la faute de fermer Fessenheim", explique-t-il. Le président de la région Hauts-de-France se rendra dans les quartiers nord de Marseille avec son ministre de l'Intérieur. "J'irai avec les forces de l'ordre pour montrer qu'il n'y a pas de territoire perdu de la République. Les quartiers nord c'est là ou il y a l'immigration légale, illégale, le règne des barbus. Je veux montrer à celles et ceux qui vivent dans ces quartiers qu'ils ne seront plus otages. Je veux montrer que la République sera présente", assure-t-il.

Ciotti "revendique le projet" de François Fillon

Que reste-t-il du programme de François Fillon ? Éric Ciotti revendique être le seul à reprendre les propositions économiques de l'ancien candidat de la droite lors de la présidentielle de 2017. "J'y ai adhéré (à la droite, ndlr) à 16 ans et on s'adresse à ceux qui partagent nos valeurs. Je revendique le projet de François Fillon mais aussi la fidélité à François Fillon et s'il avait été élu je pense que la France aurait été dans une autre situation", indique le député Les Républicains des Alpes-Maritimes.

Il en profite au passage pour rappeler sa présence au meeting du Trocadéro de François Fillon. "Je crois avoir été le seul sur ce plateau à y être allé", explique-t-il. Un tacle qui n'a surement pas échappé à ses adversaires. 

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Juvin contre la suppression de postes de fonctionnaires

Sur la fonction publique, Philippe Juvin se différencie des autres candidats. Le candidat ne souhaite pas supprimer de postes de fonctionnaires. "Après la crise sanitaire que nous avons vécu, je ne baisserai pas le nombre de fonctionnaires", assure-t-il. 

Le chef des urgences à l'hôpital Georges Pompidou à Paris veut "redistribuer 200.000 postes en passant des fonctions dites 'de bureau' vers des emplois au contact de nos administrés. Mais je ne diminue pas le nombre de fonctionnaires, je remuscle la fonction publique en faisant en sorte qu'elle soit plus efficace". Des économies, oui mais "pas sur les fonctionnaires", insiste Philippe Juvin avant d'ajouter que "les économies sont sur le millefeuille administratif". 

Valérie Pécresse, elle, souhaite supprimer 200.000 postes de fonctionnaires afin d'en "recréer 50.000 qui se chargeront des missions principales de l'État", à savoir "protéger, éduquer et soigner". À travers cette mesure, la présidente de la région Île-de-France veut mettre fin au "bureaucratisme".

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Pécresse veut rétablir les allocations familiales au premier enfant

Sur la politique familiale, Valérie Pécresse veut rétablir les allocations universelles familiales dès le premier enfant. La candidate à l'investiture LR pour la présidentielle explique que "nous avons 10% de naissances en moins qu'il y a 10 ans". "Je remettrai des allocations universelles de politique familiale au premier enfant et j'augmenterai celles au deuxième enfant

La présidente de la région Île-de-France veut faire de même "sur les pensions alimentaires que touchent les femmes séparées". "Je n'accepte pas qu'elles soient fiscalisées", dénonce-t-elle.

Bertrand propose une carte vitale biométrique

"La dernière fois qu'on a touché aux cartes vitales, j'étais ministre de la Santé", lance Xavier Bertrand. "Je souhaite engager dès l'été 2022 un système de carte vitale biométrique pour qu'il n'y ait plus aucune fraude", a-t-il expliqué. La fraude, c'est du vol (...) Il y a des dépenses en moins à faire mais surtout l'idée de justice. Que ce ne soit pas notre solidarité, que je ne confondrais jamais avec l'assistanat qui est du vol", a-t-il insisté. 

Que pensent les candidats de la théorie du "grand remplacement" ?

Qu'est-ce que la théorie du "grand remplacement" ? Elle a été popularisée par l'écrivain Renaud Camus dans les années 2000. Ce concept polémique est basé sur le fait qu'il existe "un plan de substitution de la population, notamment en Europe, préparée et coordonnée par les elites, de migrants extra-européens", expliquait l'enseignant et chercheur à l'université de Tours Sylvain Crepon à RTL.fr en août dernier. La théorie du "grand remplacement" "développe un discours complotiste", ajoutait-il.

Éric Ciotti assure "constater" le grand remplacement. "Nous sommes les héritiers d'une magnifique histoire, et d'une civilisation judéo-chrétienne. Nous sommes actuellement à un carrefour de l'Histoire. Les commentateurs nous ont empêchés de regarder la réalité. Il faut dire ce que l'on voit, et certains n'osent même pas dire ce qu'ils voient", a-t-il expliqué. Sans prononcer les mots de "grand remplacement", le candidat au congrès LR évoque un "remplacement". "Je n'ai aucun tabou", ajoute-t-il.

Michel Barnier "n'utilisera pas ce mot". "Je n'aime pas cette expression parce qu'elle est utilisée par des gens, notamment par une personne qui n'a pas la même histoire que nous. Une personne qui confond Pétain avec De Gaulle". L'ancien ministre vise sans le nommer Éric Zemmour. Valérie Pécresse va un peu plus loin : "Je déteste cette expression car elle donne le sentiment que tout est foutu". Propos aussi repris par Philippe Juvin.

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Nucléaire, "zéro carbone" et solaire

Sur l'écologie, les candidats ont détaillé leur projet. Xavier Bertrand veut "lutter contre le développement anarchique de l’éolien". Pour passer aux voitures électriques, il nous faut passer de 40.000 à 100.000 bornes. Vous croyez que c’est avec ces satanées éoliennes qu’on va le faire ? La France, ce sont des paysages, et on est en train de les massacrer", dénonce-t-il. Et d'ajouter : "Je veux mettre un terme au racket fiscal énergétique, à cette TVA qu'il y a sur ces taxes".

Valérie Pécresse estime que la France est face à "un défi climatique" "colossal" car le dérèglement climatique "est dans tous les territoires de France". La candidate veut en "priorité" fixer l'objectif de "zéro carbone en 2050". "Il faut marcher sur deux pieds : les énergies renouvelables et le nucléaire, car on n'arrivera pas à se passer du nucléaire", ajoute-t-elle.

Philippe Juvin poursuit : "L'objectif c'est quoi ? En 2050, il faut la neutralité carbone. Comment fait-on ? La meilleure manière d'y arriver et la moins coûteuse c'est de faire 50% de renouvelable et 50% de nucléaire mais 50% de nucléaire c'est plus qu'aujourd'hui". Selon le candidat, "ce n'est pas possible d'arriver à 50% en 2050 qu'avec du nucléaire, donc il faut du renouvelable. Pour les éoliennes nous sommes très en retard. On arrivera à 50% grâce à l'éolienne en mer. Je ne veux pas ajouter d'éoliennes terrestres dans les 20 ans qui restent mais on met la pression sur les éoliennes en mer".

Michel Barnier, lui, veut miser sur l'énergie solaire. "Si on équipait 5% de la surface du désert en panneaux photovoltaïques, nous pourrions produire toute l'énergie électrique dont le monde a besoin", assure-t-il. 

Éric Zemmour est-il un concurrent ou un adversaire ?

Éric Zemmour joue les éléments perturbateurs à cinq mois de l'élection présidentielle. Valérie Pécresse met une nouvelle fois en avant son "projet de rupture pour la France". "Éric Zemmour est un adversaire comme les autres. Mais les Français choisiront la crédibilité à l'élection présidentielle (...) On ne peut cependant pas se réclamer du général de Gaulle et dire de Dreyfus qu'on ne sait pas s'il était coupable ou non", explique-t-elle.

Michel Barnier qualifie Éric Zemmour d'"adversaire". "Sa manière de dire l'histoire n'est pas la nôtre. Je veux porter un projet de réconciliation. On ne peut pas réconcilier les Français si on accroît les tensions, qu'on stigmatise, qu'on différencie les Français selon leurs origines, leur couleur de peau. Notre pays doit se réunifier, se réconcilier. Ce n'est pas le langage que j'entends du côté d'Éric Zemmour", a-t-il ajouté.

Position différente d'Éric Ciotti. Le polémiste n'est ni un "concurrent", ni un "ennemi". "Il est aujourd'hui évident qu'il y a un intérêt parce qu'Éric Zemmour dresse un constat et ce constat moi je ne le nierai pas. Mais nous avons les réponses et je ne suis pas sûr qu'il dispose de ces réponses. Pour moi les seuls qui peuvent sortir le pays de cette situation, ils sont ici", a-t-il insisté.

Pour Philippe Juvin, "l’analyse qu’il fait qui est radicale mais n’engage à rien, ce n’est pas un adversaire, c’est un commentateur". "En politique, quand on brigue la confiance des Français, il faut jouer la carte de la vérité et de la transparence", juge Xavier Bertrand qui estime qu'Éric Zemmour est un adversaire. 

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