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Présidentielle 2022 : comment parler aux complotistes… sans (trop) partager leurs thèses ?

ÉDITO - Jouer les équilibristes, donner dans la nuance ou être carrément hypocrites et cyniques... Voilà un exercice bien périlleux pour les candidats à la présidentielle.

Jean-Luc Mélenchon, le 29 août 2021 à Châteauneuf-sur-Isère
Jean-Luc Mélenchon, le 29 août 2021 à Châteauneuf-sur-Isère
Crédit : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
Présidentielle 2022 : comment parler aux complotistes... sans (trop) partager leurs thèses ?
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Présidentielle : parler aux complotistes, sans partager leurs thèses, un jeu d'équilibriste pour Mélenchon et Le Pen
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Olivier Bost - édité par Marie-Pierre Haddad

Certains surfent avec les complotistes, les antivax et les anti-passe sanitaire de manière assez habile. Nous avons assisté à des numéros d’équilibriste et de haut vol. Tel Jordan Bardella, invité de BFM, ou Jean-Luc Mélenchon lors de son discours de rentrée à côté de Valence.

Dans les 2 cas, c’était : comment soutenir les manifestations des anti-vax, anti-passe sanitaire et anti-Macron, sans tomber dans le complotisme pur et dur. En un mot : garder des électeurs très différents. 

Cela veut-il dire que ceux qui protestent contre la politique sanitaire du gouvernement votent d’abord pour Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon ? C’est une part non négligeable de leurs électorats. C’est ce qu’indiquent les études d’opinion sur la vaccination. Début juillet,  dans un sondage de l’institut CSA et un autre d’Odoxa, 6 Français sur 10 étaient favorables à la vaccination obligatoire pour les soignants. Mais 6 proches de la France Insoumise sur 10 étaient contre. Au Rassemblement national, la moitié étaient contre.

Mélenchon, contre le passe sanitaire

Ils forment aussi le gros des bataillons qui défilent tous les samedis depuis presque 2 mois maintenant. Ils sont certes moins nombreux dans les rues mais toujours là. La question pour Jean-Luc Mélenchon, comme Marine Le Pen est de ne pas les perdre sans abîmer leur image.

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Comment font-ils ? Jean-Luc Mélenchon explique qu’il "veut fédérer le peuple" mais ne "pas accueillir les délires des complotistes". Les Insoumis sont donc en train d’organiser leur propre manifestation pour exprimer leur colère sans défiler au côté de l’extrême droite. Jean-Luc Mélenchon ne vit pas bien cette contestation qui s’affranchit de toutes les règles.

Il se désole de ces trolls sur internet, dit-il, qui lui reprochent sur les réseaux sociaux d’être vacciné ou de porter le masque. Lui, il est seulement contre le passe sanitaire, attentatoire à la liberté. Une position assez commode.

Le RN défend la liberté de choix

Cela lui permet de ne pas viser frontalement les anti-vaccins. Tout comme Jordan Bardella. Le numéro 2 du RN, vacciné lui aussi, défend la liberté de choix. Il apporte son soutien total aux manifestants sans s’afficher aux manifestations et en même temps il se dit totalement favorable au vaccin... sans appeler à se vacciner.

Le seul qui l’a fait ce week-end, c’est Fabien Roussel le candidat du Parti communiste qui revendique d’être pour le progrès. Jordan Bardella estime lui que "les Français sont suffisamment grands, majeurs et vaccinés" pour se faire un avis.

Face à ces mouvements, d’un côté Marine Le Pen ne veut pas entamer son image de respectabilité qu’elle travaille depuis des années. Mais elle ne peut pas non plus se passer de ceux qui veulent faire en finir avec le fameux "système". Jouer les équilibristes, donner dans la nuance ou être carrément hypocrites et cyniques... Voilà un exercice bien périlleux pour ces candidats à la présidentielle.

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