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Présidentielle 2022 : chez LR, la féroce course aux adhésions a débuté

DÉCRYPTAGE - Depuis le congrès chargé de trancher le mode de désignation du futur candidat de la droite fin septembre, le parti a gagné selon nos informations plus de 17.000 adhérents.

Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Michel Barnier
Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Michel Barnier
Crédit : AFP
Comment les candidats LR s'organisent pour faire adhérer
01:35
Comment les candidats LR s'organisent pour faire adhérer
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Thomas Despré - édité par Marie-Pierre Haddad

À un mois et demi du congrès, les candidats Les Républicains sont en pleine opération séduction. Après Grenoble hier soir, Michel Barnier se déplace à Meaux en région parisienne, alors que Xavier Bertrand sera lui en meeting à Château-Renard dans les Bouches-du-Rhône. Valérie Pecresse se rend à Bourges. 

Objectif : se faire connaître, mais aussi recruter de nouveaux adhérents. Seuls ceux qui auront leur carte du parti, pourront voter pour désigner leur candidat le 4 décembre prochain. Chacun tente d'en convaincre un maximum.

C’est un passage obligé à l’entrée de chaque réunion publique d’un candidat au congrès du 4 décembre prochain. Juste derrière la porte une petite table est systématiquement dressée, on y trouve parfois un ordinateur, toujours une pile de formulaires d’adhésions aux Républicains

À chacun ses méthodes pour faire (re)venir les adhérents

La semaine dernière à Clamart lors d’un meeting de Valérie Pécresse, sur les 300 sympathisants de la droite et du centre présents, près de 80 ont adhéré à l’issue de la réunion publique, selon son équipe. Et c’est comme ça tous les soirs pour tous les candidats. "C’est fondamental dans notre stratégie", explique un proche d’un des prétendants. Et pour cause : en choisissant le congrès interne comme mode de désignation du candidat des Républicains, seuls les adhérents auront le droit de se prononcer le 4 décembre. Alors, dans les états-majors, chacun à ses petits secrets. 

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Chez la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, on mise sur les "bonnes vieilles méthodes" : une large campagne téléphonique. Avec une organisation militaire, ses équipes et des bénévoles passent "entre 400 et 500 appels par jour" aux adhérents de Libres !, le micro-parti qu’elle a fondé lorsqu’elle a quitté Les Républicains en 2017. Au total près de 10.000 personnes sont inscrites sur les listing du parti. C’est autant de personnes à contacter pour les inciter à (ré)adhérer chez Les Républicains. "Pour le moment nous avons appelé la moitié du fichier et le taux de conversion est impressionnant, se réjouit un élu. Plus de 85% des personnes qui nous répondent nous disent qu’ils vont reprendre leur carte". Selon nos calculs, cela représenterait déjà près de 4 000 nouveaux adhérents. 

Chacun dans ses territoires est amené à mobiliser les siens pour renouveler son adhésion avant le congrès

Un parlementaire

Dans l’équipe de Michel Barnier, c’est Daniel Fasquelle, le maire LR du Touquet, ancien député, qui est chargé de mobiliser les élus et les militants autour de la candidature de l’ancien négociateur du Brexit. Dans chaque département, des référents locaux ont été nommés, avec des objectifs chiffrés par semaine. Tant pour aller chercher les parrainages d’élus nécessaires à la candidature de Michel Barnier que pour inciter des sympathisants à devenir adhérents. "Chacun dans ses territoires est amené à mobiliser les siens pour renouveler son adhésion avant le congrès", abonde un parlementaire, soutien de l’ancien ministre. "Un élu qui s’engage pour Michel Barnier, c’est un élu qui va aussi susciter des nouvelles adhésions", croit savoir un autre.

L’enjeu s’avère tout aussi central dans la stratégie de Xavier Bertrand. "Il faut faire des cartes", a-t-il lancé à ses troupes lors d’une réunion il y a quelques jours. Bien qu’il fut secrétaire général de l’UMP entre 2008 et 2010, son départ fracassant des Républicains en 2017 a laissé des traces auprès des adhérents a laissé des traces auprès des adhérents. Il faut donc grossir les rangs de soutiens. Comme chez Michel Barnier, des référents locaux ont été mis en place en s’appuyant sur "La Manufacture", son club de réflexion lancé lorsqu’il a quitté le parti. "Xavier Bertrand dispose en plus d’un large réseau d’entrepreneurs et d’élus qui le suivent depuis presque 20 ans", ajoute un député proche du président des Hauts-de-France. "La semaine dernière, un chef d’entreprise de ma circonscription, lui-même non adhérent aux Républicains, a fait signer une dizaine de personnes !", s’amuse le même parlementaire.

Une bonne nouvelle pour les finances du parti

Chez Éric Ciotti, Denis Payre et Philippe Juvin, les trois outsiders de cette compétition, on dispose également d’outils mis à dispositions de tous les candidats par le parti pour faire campagne : l’envoi de newsletter à l’ensemble des quelques 95.000 adhérents des Républicains ainsi que d’invitations personnelles envoyées par chaque fédération départementale lors d’une réunion publique organisée sur le territoire. 

Quoi qu’il en soit, ce congrès pourrait être une bonne nouvelle pour les finances du parti. Avec une carte d’adhésion à 30 euros par personne, Les Républicains pourraient avoir déjà récolté plus de 500.000 euros depuis le mois de septembre

À cette date, Christian Jacob espérait franchir la barre des 100 000 adhérents le 16 novembre, dernier jour pour adhérer. "On les dépassera allégrement", s’est-il réjouit devant des députés la semaine dernière. Mais impossible de savoir à qui va profiter cette hausse des adhésions. "C’est hasardeux de dire que parce qu’il y a plus de carte, cela peut inverser une dynamique", résume un cadre du parti.

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