1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Présidence Les Républicains : pourquoi la menace d'une guerre de clans plane sur le parti
3 min de lecture

Présidence Les Républicains : pourquoi la menace d'une guerre de clans plane sur le parti

DECRYPTAGE - L'élection pour désigner le président des Républicains est en train de devenir l'antichambre de la prochaine élection présidentielle.

Eric Ciotti, Bruno Retailleau et Virginie Calmels
Eric Ciotti, Bruno Retailleau et Virginie Calmels
Crédit : AFP
Marie-Pierre Haddad

La droite va-t-elle se retrouver une nouvelle fois face à ses vieux démons ? Habitués aux guerres fratricides, Les Républicains doivent élire au début du mois de décembre leur nouveau président qui succèdera à Christian Jacob. Depuis la rentrée, les candidats officialisent leur volonté de prendre la tête du parti. 

Le premier a être sorti du bois est Eric Ciotti. Il devra batailler contre le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau. Aurélien Pradié dont la candidature est un secret de polichinelle devrait ajouter son nom à la liste des candidats pour le poste de président des Républicains. Quant à Valérie Calmels, l'ancienne numéro 2 du parti a lancé sa candidature, mais cette dernière a été rejetée par la Haute autorité du parti. Reste à savoir sil l'ancienne directrice générale d'Endemol Monde compte se retirer.
A travers toutes ces ambitions, ce sont les différentes familles politiques qui composent Les Républicains qui s'affrontent dans une ultime bataille pour reconstruire un parti meurtri par l'échec de l'élection présidentielle. Les wauquiezistes contre les fillonistes abandonnés et les juppéistes en mal de ligne politique. 

Eric Ciotti, pro-Wauquiez

Avec la candidature d'Eric Ciotti, c'est l'écurie de Laurent Wauquiez qui se positionne pour la présidentielle de 2027. Le député LR des Alpes-Maritimes incarne une ligne conservatrice, principalement centrée sur l'immigration et la sécurité. Durant la campagne présidentielle, il n'avait pas masqué ses points d'accord avec Eric Zemmour. 

Eric Ciotti a ainsi a d'ores et déjà apporté son soutien au président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Dans Le Journal du Dimanche du 3 septembre dernier, il a assuré que "Laurent Wauquiez est le mieux placé pour incarner l’avenir de la droite". Pour lui, "dans son territoire, Laurent Wauquiez connaît une extraordinaire réussite". "Laurent Wauquiez a développé des politiques très novatrices tout en gérant remarquablement l’argent public. Il porte une vision courageuse de la France et de son avenir", a-t-il ajouté dans le journal. 

Donnant-donnant. Laurent Wauquiez mise sur la candidature d'Eric Ciotti car ce dernier a déjà prévenu qu'il ne se présentera pas à la prochaine élection présidentielle. Sur France 2, Virginie Calmels résumait la situation : "Laurent Wauquiez n'est pas candidat à la présidence pour le parti, donc Éric Ciotti le fait à sa place".

Bruno Retailleau, de Fillon à Larcher

Ténor de la droite, Bruno Retailleau se lance donc dans la course pour la présidence du parti. Dans Le Figaro, il revendique une ligne "populaire et patriote". Il prévient que "cette élection ne doit pas se transformer en un face-à-face entre deux camps qui joueraient la surenchère" car "dans notre état de faiblesse, un choc frontal pourrait nous briser".

Proche de François Fillon, le patron des sénateurs LR a reçu le soutien de l'ancien premier ministre. "J’ai toujours pu compter sur lui dans les moments difficiles. Il a des convictions solides, une expérience forgée sur les terres de Vendée et des Pays de la Loire", a-t-il écrit sur Twitter.

Bruno Retailleau a déjà commencé à rassembler... auprès des candidats à la présidence LR qui ont retiré leur candidature : Othman Nasrou et François-Xavier Bellamy. Selon une information de L'Opinion, le premier sera son directeur de campagne chargé des opérations. Le second sera son délégué général chargé de la refondation. Avec eux, Bruno Retailleau peut compter sur le soutien président LR du Sénat Gérard Larcher.

Virginie Calmels, la candidate juppéiste

Sa candidature est incertaine, mais Virginie Calmels ne compte pas laisser passer l'occasion. Première adjointe à la mairie de Bordeaux sous l'ère Juppé, elle représente donc la famille des juppéistes. Une espèce en voie de disparition chez LR depuis que les proches d'Alain Juppé - Edouard Philippe et Gilles Boyer - ont migré chez Emmanuel Macron.

La bataille s'annonce rude entre son camp et celui de Laurent Wauquiez mené par Eric Ciotti. Un passif assez douloureux existe entre les deux personnalités politiques. En 2018, ils s'étaient livrés à une guerre sans merci qui s'était soldée par le limogeage de Virginie Calmels. Elle avait critiqué la façon qu'il avait de gérer la tête du parti, soulignant des "dysfonctionnements" et une ambiance "anxiogène".

Ces tensions pourraient s'amplifier : la candidate a menacé d'attaquer Les Républicains en justice si sa candidature n'est pas validée, rapport Le Journal du Dimanche. "Il apparait clair que ma candidature n’est visiblement pas la bienvenue, a-t-elle expliqué. Dès le mois de juillet, j’ai immédiatement compris le bidouillage auquel était en train de se livrer la direction du parti". "C’est parce que j’avais anticipé ces manœuvres grossières que tous ces échanges de mails et la mise en ligne des documents sur le site internet des Républicains ont donné lieu à des constats d’huissiers", a-t-elle ajouté.

Si chaque candidat dit vouloir éviter que cette élection ne se transforme en "guerre des chefs", le risque continue de planer au-dessus des Républicains. 

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires