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"Pognon de dingue" : "C'est de la com' poussée à outrance", dénonce Alba Ventura

ÉDITO - Les propos d'Emmanuel Macron, selon qui les minimas sociaux coûtent "un pognon dingue" (des propos diffusés par sa conseillère de presse), n'ont pas manqué de faire réagir. Pour résumer, à droite et à gauche, on estime "qu'un président ne devrait pas dire ça".

Le Président Macron le 13 juin 2018 à Mouilleron-Saint-Germain, en Vendée
Le Président Macron le 13 juin 2018 à Mouilleron-Saint-Germain, en Vendée
Crédit : AFP / LUDOVIC MARIN
"Pognon de dingue" : "C'est de la com' poussée à outrance", dénonce Alba Ventura
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"Pognon de dingue" : "C'est de la com' poussée à outrance", dénonce Alba Ventura
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Alba Ventura & Loïc Farge

Ce n'est pas tellement le fond qui me gêne. Parce que dire que "l'on met un pognon de dingue dans les minimas sociaux et les pauvres ne s'en sortent pas", dire que le système des aides sociales ne produit pas ses effets, qu'il n'est pas efficace, qu'il faut accompagner les gens vers le travail plutôt qu'être dans une logique de guichet (le guichet des allocations), ce n'est pas faux.

Encore que dire qu'il faut "responsabiliser les gens", c'est facile à dire. Mais la réalité est plus complexe. Il y a des gens qui "survivent" avec des minimas sociaux et qui n'ont pas la possibilité de se "responsabiliser".

Non, ce qui me gêne, c'est l'instrumentalisation des gros mots. C'est la communication qui me gêne. Cette façon de se faire filmer par ses équipes à l'Élysée et de diffuser la vidéo sur les réseaux sociaux. Cette façon de publier une réunion de travail en langage brut. C'est de la com' poussée à outrance. Et je ne suis pas sûre que ce soit productif.

On a l'habitude de ce langage "direct" et "cash" avec Emmanuel Macron. Il se cache rarement derrière son petit doigt pour dire ce qu'il pense. Souvenez- vous lorsque, en visite à l'usine de l'équipementier automobile GM&S en Corrèze, agacé par des manifestants, il avait lâché : "Ceux qui foutent le bordel feraient mieux d'aller chercher des postes" ; ou quand il parlait "des fainéants" ; ou encore lorsqu'il disait que "les Français n'aimaient pas la réforme".

Provocation calculée

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C’est son style, et il pense que, parler "cash" ça paye. Ça paye sans doute auprès des "premiers de cordée". Ça paye peut-être auprès des bien-portants (physiquement et financièrement). Mais quand vous êtes dans la misère, je ne suis pas sûre que vous l'entendez de la même manière.

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Emmanuel Macron emploie des mots tellement forts que ceux qui sont concernés les prennent en pleine figure. Et même si ce n'est pas l'effet recherché, c'est assez choquant, assez stigmatisant. Parce que ça nous coûte "un pognon dingue" les minimas sociaux, mais ça nous coûte aussi "un pognon dingue" la réforme de l'ISF !

Il y a avait chez Nicolas Sarkozy ce besoin de faire de la politique par la provocation. Il le faisait en direct, devant les micros et les caméras. Emmanuel Macron va au-delà : il utilise la communication pour faire de la provocation. C'est beaucoup plus calculé.

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