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PMA, GPA : "Il faut faire le moins de politique possible", estime Alba Ventura

ÉDITO - La PMA est donc officiellement au programme du gouvernement. C'est un débat que voulait Emmanuel Macron et ça aura aussi l'avantage de diviser la droite !

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PMA, GPA : "Il faut faire le moins de politique possible", estime Alba Ventura Crédit Image : XAVIER VILA/SIPA | Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura édité par Marie-Pierre Haddad

Et revoilà le débat sur la PMA. La promesse d'Emmanuel Macron d'ouvrir la procréation médicalement assistée à toutes les femmes va faire l'objet d'un projet de loi présenté en Conseil des ministres, le 26 juillet prochain. On en a eu quelques détails ce week-end. Ce projet du gouvernement, c'est par conviction ou par tactique ?

Les deux. C’était une des promesses de campagne d'Emmanuel Macron. On ne peut pas l'accuser de ne pas y croire, alors il est vrai que le sujet a été plusieurs fois repoussé, mais on se doutait qu’il serait inscrit un jour ou l’autre au calendrier.

Mais par ailleurs, ce qui est intéressant, c’est le moment, c’est là l’aspect tactique. On vient tout juste de sortir des élections européennes avec une droite complètement tourneboulée et le premier ministre a mis opportunément sur la table un sujet qui divise la droite.

Macron marche sur des œufs

Chez Les Républicains, ils ne sont pas tous "Manif pour tous". Il y a le camp de la droite conservatrice, la droite Bellamy, Fillon, celle qui a été surnommée "la droite Trocadéro". Et puis il y a une autre droite plus sensible à ce genre de sujets de société, plus gay-friendly. Donc politiquement, c’est plutôt malin.

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Mais est-ce qu'il n'y a pas le risque de rallumer la mèche ? Si. Même si Emmanuel Macron, souvenez-vous, pendant la campagne, avait dit : "On a eu tort d’humilier cette France-là", en parlant de ceux qui s’étaient opposés au mariage gay.
 
Mais comment ne pas humilier ceux qui pensent qu’une famille c’est un papa et une maman (et il n’y en a pas qu’à droite d’ailleurs) et pas deux mamans ou une maman toute seule ! C’est là où le président Macron marche sur des œufs, parce que ce n’est pas simple.

S'interroger sur la GPA

D’autant que, lorsque l’on parle de "PMA pour toutes", inévitablement, la question suivante est celle de la GPA, la gestation pour autrui, qui permet à des couples d’hommes d’avoir des enfants. Ce n’est pas autorisé chez nous mais ça l’est dans d’autres pays, aux États-Unis par exemple.

Alors c'est vrai que cette question-là n’est pas dans le projet du gouvernement mais lorsque j’ai entendu hier au Grand Jury RTL, la ministre du Travail Muriel Pénicaud dire qu’il fallait y aller "étape par étape", sous-entendu : "On ira mais pas trop vite". D’ailleurs, Nathalie Loiseau, la candidate d’En Marche aux européennes, s’était prononcée pour le GPA ! On peut s’interroger sur la suite.

Il faut prendre acte des faits et il faut accompagner

Alba Ventura
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Sur les sujets de société, j’ai toujours pensé qu’il fallait faire le moins de politique possible. Il faut regarder la société, il faut prendre acte des faits et il faut accompagner. Et se poser toutes les questions, purger toutes les interrogations, que ce soit pour la PMA pour toutes ou la PMA pour les couples hétéros. Quel droit pour la compagne, celle qui n’est pas la mère biologique ? Quel impact dans une famille monoparentale ? 

Et plus largement :  dans le cas de la congélation des ovocytes (parce que les femmes font des enfants plus tard), jusqu’à quel âge peut-on les congeler, c'est à dire envisager une grossesse ?

Quant à l’accès aux origines ? Jusqu’où doit-on aller ? Rappelez-vous de ce jeune homme qui avait retrouvé son père génétique et découvert grâce à lui qu’il était porteur d’une maladie. Mais on peut se demander aussi si l'enfant né du don pourra savoir s'il a des demi-frères ou demi-sœurs ?  Il y en a des questions. Quand on se pose ces questions-là, ce n’est plus de la politique au sens politicien, c’est de la politique au sens "noble", parce que ce sont des sujets qui touchent beaucoup de familles. C’est la raison pour laquelle il faut y aller avec prudence et pragmatisme.

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2019-06-24 07:42:00
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