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Des manifestants indépendantistes brandissent des drapeaux du Front de libération nationale kanak socialiste (FLNKS) lors d'une manifestation à Nouméa, le 13 avril 2024.
Crédit : Theo Rouby / AFP
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Le FLNKS, mouvement indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, a annoncé son refus de participer à la réunion prévue à l'Élysée. Cette rencontre, initiée par le président Emmanuel Macron, visait à discuter de l'avenir institutionnel de l'archipel. Le président du FLNKS, Christian Tein, a exprimé son mécontentement face à ce qu'il considère comme une tentative de Paris d'imposer ses vues.
"Paris est sourd et ne connaît que le rapport de force, c'est pour cela que nous n'irons pas à la réunion. Le gouvernement essaie de nous enfermer dans (l'accord de) Bougival, nous et l'ensemble des acteurs calédoniens. Nous ne pouvons pas le cautionner", a affirmé le président du FLNKS, Christian Tein, lors d'une conférence de presse au siège de l'Union calédonienne - principale composante du mouvement - à Nouméa.
Signé en juillet, l'accord de Bougival vise à stabiliser la situation en Nouvelle-Calédonie. Cet accord prévoit la création d'un État de la Nouvelle-Calédonie inscrit dans la Constitution française. Cependant, son application est compromise par le rejet des indépendantistes du FLNKS et le report de l'examen de la loi organique au Sénat. Le texte doit être promulgué avant le 2 novembre pour éviter des élections qui pourraient fragiliser davantage l'accord.
En décembre, le président Emmanuel Macron a informé les élus locaux de son intention de réunir les représentants calédoniens à Paris le 16 janvier. L'objectif est de poursuivre le dialogue sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie et de clarifier l'accord de Bougival.
Si une majorité de forces politiques calédoniennes continue de soutenir le texte, plusieurs d'entre elles estiment qu'il doit être amendé afin de dégager un consensus jugé indispensable à sa mise en oeuvre.
Pour tenter de relancer le processus dans un archipel marqué par de graves violences au printemps 2024, qui ont fait 14 morts et rendu l'économie de l'archipel exsangue, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou avait proposé d'organiser en mars 2026 une "consultation citoyenne anticipée", avant l'adoption de la loi constitutionnelle nécessaire à son application.
Mais cette perspective a suscité des réserves, y compris parmi les soutiens de Bougival. L'Union nationale pour l'indépendance (UNI) a conditionné son appui à des modifications du texte et le Congrès calédonien, consulté pour avis le 8 décembre, a confirmé que le projet était dans l'impasse avec 19 votes pour, 14 contre et 19 abstentions.
Début décembre, le Parti socialiste a demandé au Premier ministre Sébastien Lecornu de "suspendre" la consultation anticipée, estimant qu'elle révélait "l'absence de consensus réel" autour de l'accord, ce qui rendait l'adoption du projet de loi improbable.
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