3 min de lecture Patrimoine

Notre-Dame de Paris : Macron opte pour une reconstruction à l'identique

Le chef de l'État a tranché en faveur d'une reconstruction à l'identique des parties de Notre-Dame de Paris détruites dans l'incendie du 15 avril 2019.

La cathédrale Notre-Dame de Paris le 25 mars 2020
La cathédrale Notre-Dame de Paris le 25 mars 2020 Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
et AFP

Emmanuel Macron a tranché. Après avoir consulté les élus et architectes de la Commission nationale du patrimoine et de l'architecture (CNPA), le chef de l'État a opté pour une reconstruction à l'identique des parties endommagées de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Exit donc le "geste architectural contemporain" envisagé un temps à la suite de l'incendie du 15 avril 2019. 

Emmanuel Macron a "acquis la conviction" qu'il faut restaurer la cathédrale gothique à l'identique, a indiqué l'Élysée jeudi 9 juillet au soir. "Le président a fait confiance aux experts et préapprouvé dans les grandes lignes le projet présenté par l'architecte en chef (Philippe Villeneuve), qui prévoit de reconstruire la flèche à l'identique", a précisé l'Élysée.

Ce projet propose globalement une restauration de la cathédrale et de sa flèche de la façon la plus proche de son état juste avant l'incendie survenu dans la soirée du 15 avril 2019.

De multiples querelles à ce sujet

Pourtant Emmanuel Macron ne semblait être un conquis de la première heure d'une solution classique. Il avait même surpris en évoquant juste après l'incendie "un geste architectural contemporain". Une prise de position qui avait stimulé l'imagination de nombreux grands architectes. Certains avaient proposé une flèche en verre, la création sur le toit d'un parc-jardin bio ou une terrasse panoramique...

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L'architecte Philippe Villeneuve a lui toujours plaidé la fidélité à l'ouvrage retouché dans le style gothique par Viollet-le-Duc au XIXe siècle, dont sont conservés tous les plans. Et d'arguer qu'une telle option permet de mieux tenir les délais d'une reconstruction en cinq ans, comme voulu par le président Macron.

Un avis tranché qui a donné lieu à une passe d'armes insolite fin 2019 avec le général Georgelin, nommé pour superviser le chantier : ce dernier avait demandé à l'architecte en chef de "fermer sa gueule", après sa prise de position contre une flèche contemporaine.

Philippe Villeneuve a donc fini par présenter un dossier 3.000 pages dans lequel il passe en revue les modalités préconisées pour restaurer la charpente, la flèche et le toit. Un résultat produit après des querelles entre anciens et modernes.

C'est au terme d'une réunion de quatre heures que le projet a été "approuvé à l'unanimité" par la CNPA. Elle a choisi "le parti de restauration proposé consistant à rétablir l'architecture de Viollet-le-Duc, en ce qui concerne la couverture et la flèche dans le respect des matériaux d'origine", a affirmé à l'AFP Jean-Pierre Leleux, sénateur à la tête de cette commission.

Respecter le délai de 5 ans

Concernant le choix de la charpente, sur lequel il y a eu débat, une étude à venir précisera exactement les contours de sa reconstruction qui sera en bois. Avant de parvenir à cette décision, tous les scénarios ont été envisagés, affirme-t-il, y compris de laisser la cathédrale dans son état actuel.

L'Élysée a indiqué qu'Emmanuel Macron a eu comme fil conducteur de ne pas alourdir le processus de reconstruction. "Le souci pour le président était de ne pas retarder le chantier ni de complexifier le dossier. Il fallait vite clarifier les choses", a expliqué de son côté l'Élysée.

"S'il avait fallu faire une flèche contemporaine, il fallait un concours spécifique, d'où un potentiel retard du chantier. Les consultations avec de grands architectes conduisaient à dire que ce pari de la flèche contemporaine était très compliqué et qu'un geste contemporain pouvait s'imaginer autrement", a fait valoir la présidence.

L'Élysée souhaite ainsi un travail avec la Ville de Paris pour le réaménagement des abords du monument. "S'il y a un geste contemporain, il peut être là", selon la présidence, qui rappelle aussi le projet d'une structure éphémère, une "maison du chantier" qui pourrait être installée dans la cour de l'Hôtel-Dieu, près de la cathédrale.

Repoussé en raison du confinement, le délicat démontage de l'échafaudage qui entoure Notre-Dame, déformé et soudé par la chaleur de l'incendie, sera achevé "au plus tard fin septembre", a assuré il y a une semaine le général Georgelin. Ce démontage conditionne la possibilité de démarrer la restauration proprement dite de Notre-Dame. Le président prévoit toujours une reconstruction en cinq ans avec une réouverture en 2024.

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