1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Nationalisation d'EDF : le groupe "ne peut pas faire faillite", explique François Lenglet
2 min de lecture

Nationalisation d'EDF : le groupe "ne peut pas faire faillite", explique François Lenglet

L'État a enclenché, mardi 4 octobre, le processus de renationalisation du groupe EDF. François Lenglet revient sur les différentes motivations de cette décision.

Le logo d'EDF (illustration)
Le logo d'EDF (illustration)
Crédit : Sameer Al-DOUMY / AFP
Nationalisation d'EDF : le groupe "ne peut pas faire faillite", explique François Lenglet
00:03:23
LENGLET-CO - Nationalisation d'EDF : le groupe "ne peut pas faire faillite", explique François Lenglet
00:03:23
François Lenglet - édité par Baptiste Marin

Le processus est lancé. L'État va racheter les 16% du capital qu'il ne détenait pas encore pour en faire une entreprise 100% publique. Ou plutôt refaire. Pendant la plus grande partie de son histoire, EDF a été intégralement publique suite à la nationalisation des sociétés d’électricité régionales, en 1946. 

Ce retour au point de départ est expliqué par la situation financière de l'entreprise. EDF va afficher des pertes comprises entre 10 et 20 milliards d’euros cette année. Le groupe était menacé de ne plus pouvoir se financer, d’autant que sa dette atteint les 60 milliards. Désormais garantie intégralement par l’état, EDF ne peut pas faire faillite

Pourtant, les prix de l'électricité n'ont jamais été aussi élevés. L'entreprise avait vendu en avance sa production, comme EDF le fait d'habitude, alors que les prix étaient normaux. Au début 2021, le mégawatt/heure était à 50 euros. Mais entre la vente et la livraison, deux événements se sont produits. Plusieurs centrales sont tombées en rideau, à cause de la maintenance et de problèmes de corrosion sur des circuits de refroidissement, qui serviraient en cas d’accident. Autre événement, l'explosion des prix : ils ont dépassé les 1.000 euros cet été. 

Une décision stratégique

Empêché de produire, le groupe est pourtant lié par les contrats de vente signés. EDF est obligée de racheter de l'électricité sur le marché, à prix d'or, pour le revendre à un prix très bas, convenu l'année dernière. Coût de l'opération : 29 milliards d'euros sur 2022

La nouvelle renationalisation d'EDF est aussi stratégique. La France est à la veille de lancer la construction de six nouvelles centrales, des EPR 2. Huit autres pourraient aussi être annoncées. Ces investissements représentent des dizaines de milliards d'euros. Des chantiers gigantesques, que seul l’État peut piloter et financer sur le long terme

Un choix idéologique ?

Une raison idéologique peut être aussi à l'origine de ce choix du gouvernement. Le monde a changé. Il y a 20 ans, lors de la privatisation d'EDF et de GDF, on pensait que ce nouveau marché allait permettre de faire les prix pour le consommateur et d'éviter les pénuries. Mais la guerre en Ukraine a tout bouleversé

Lors des périodes de crises, le marché ne fonctionne pas. D'où les prix délirants qu'on connaît aujourd'hui. Une profonde réforme du système européen de l'énergie, à la fois dans son fonctionnement et dans ses infrastructures, est nécessaire. Les États vont le faire, ils sont les seuls à avoir les épaules pour un tel chantier. Le mouvement ne concerne pas uniquement la France. L’Allemagne vient de nationaliser l’un de ses gros énergéticiens, Uniper. Et d'autres pays devraient suivre la tendance. 

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire