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Municipales 2026 : Toulon, Marseille, Calais... Ces villes qui pourraient basculer sous bannière RN

À la tête de la ville de Perpignan, le Rassemblement national veut étendre son ancrage territorial lors des élections municipales des 15 et 22 mars. Le parti a ainsi ciblé plusieurs villes du nord et du sud de la France en y plaçant des députés en tête de liste.

Laure Lavalette, candidate aux municipales à Toulon, Franck Allisio à Marseille, Bruno Clavet à Lens et Éric Ciotti à Nice

Crédit : AFP

Marie-Pierre Haddad

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Les municipales, rampe de lancement vers l'élection présidentielle de 2027 ? Depuis plusieurs mois, le Rassemblement planche sur son ancrage territorial qui pourrait lui permettre de réaliser un coup à trois bandes : s'assurer la gestion de plusieurs villes dans un premier temps, accroître sa représentation au Sénat dans un second et, enfin, récolter le maximum de signatures sur les 500 nécessaires pour présenter un candidat - Marine Le Pen ou Jordan Bardella - à l'élection présidentielle. 

"Le Rassemblement national peut gagner des communes en nombre et c'est évidemment une marche supplémentaire à franchir avant l'accession au pouvoir", a estimé le président du RN lors d'une visite à Carcassonne (Aude) début février.


"On s’attend à un chamboulement", confie un sénateur à RTL. "Le Sénat est toujours à un tempo plus lent que l’Assemblée nationale, mais on sent bien que dans le sud de la France, il peut y avoir une bascule", explique l'élu qui estime que "le RN vise bien sûr un groupe" au Palais du Luxembourg - dont les membres sont élus par un collège électoral composé notamment de délégués des conseils municipaux. "Ce n'est pas impossible si des grosses villes basculent dans le Sud ou dans le Nord", abonde un autre. "C’est juste de l'arithmétique." 

Jordan Bardella a chiffré ses objectifs : "Plusieurs dizaines de communes" pourraient élire le parti à la flamme, selon lui. Pour s'en donner les moyens, il présentera un nombre record de listes, au moins 650. Avec, parmi les candidats, des députés déjà implantés localement, notamment dans les viviers électoraux du Nord et du Sud de la France.

À Calais, le RN en embuscade dans une ville tenue par la droite depuis 18 ans

Bénéficiant déjà d'une implantation dans le Pas-de-Calais, le RN espère remporter la ville de Calais, dirigée par la droite depuis près de 20 ans. Élue dès le premier tour des élections municipales de 2020, Natacha Bouchart brigue un quatrième mandat. Mais sa position de favorite est challengée par le député du Rassemblement national Marc de Fleurian. 

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La gauche part par ailleurs divisée : entre le PS et le PC d'un côté, LFI allié aux Écologistes de l'autre et Lutte ouvrière. "On sent cette vague RN qui arrive", estime la candidate PC-PS Marion Lavigne, interrogée par France info.

Lors des dernières élections européennes, la liste de Jordan Bardella y avait obtenu 50,73%, loin devant celle de Renaissance avec 10,21% et du Parti socialiste avec 7,45%. Aux législatives, Marc de Fleurian avait recueilli 53,68% des suffrages au second tour dans la commune, face à Pierre-Henri Dumont des Républicains (48,14%).

Les candidats déclarés aux élections municipales à Calais : Natacha Bouchart (divers droite), Marc de Fleurian (Rassemblement national), Jean-Philippe Lannoy (La France insoumise et Les Écologistes) et Marion Lavigne (Parti socialiste, Parti communiste français).

À Lens, le RN veut s'installer dans le bastion socialiste

Le Rassemblement national ne convoite pas seulement des terres de droite. À Lens, le parti souhaite s'implanter dans le bastion minier du Parti socialiste. À l'échelle de la commune, le député RN Bruno Clavet avait obtenu 48,48% des suffrages aux législatives 2024, loin devant le candidat NFP-PCF Jean-Marc Tellier (32,27%). 

Le député RN avait déjà candidaté aux municipales de 2020 et avait alors obtenu 22% des voix, après une première tentative en 2014 dans le 3e arrondissement de Paris. "Il est temps de tourner la page de 70 ans de socialisme", lançait Bruno Clavet après l'officialisation de sa candidature.  "Je pense sincèrement que Lens, pour le RN, est l’objectif numéro 1. Lens est la ville phare du bassin minier, une grande ville du département. On peut remporter la bataille", estimait-il auprès d'Ici Hauts-de-France.

Les candidats déclarés aux élections municipales à Lens : Bruno Clavet (Rassemblement national), Sylvain Robert (Union de la gauche) et Michel Darras (Lutte ouvrière).

À Toulon, Laure Lavalette en tête, mais sans étiquette RN

Le RN en a fait un symbole de la bataille des municipales. La candidate et tête de liste du parti, Laure Lavalette, est donnée favorite des élections municipales à Toulon. Députée RN depuis 2022 et réélue en 2024, l'élue a cependant décidé de se présenter dans la ville du Var sans étiquette.

Ancienne porte-parole du Rassemblement national, Laure Lavalette dit vouloir "rendre Toulon aux Toulonnais". Le député RN du Var, Franck Giletti affirme que l'objectif est de faire de Toulon "une vitrine pour le parti" mais "pas question de vendre l'idée d'un laboratoire local", défendait-il auprès du Monde.

Selon un sondage publié par Var Matin fin janvier, Laure Lavalette arriverait en tête avec 39% des intentions de vote pour le premier tour. La maire sortante Josée Massi arriverait deuxième avec 24% suivie par le sénateur Les Républicains Michel Bonnus (15%) et la liste de l'union de gauche, hors La France insoumise, portée par Magali Brunel (13%). La candidate LFI, Isaline Cornil ne dépasserait pas le seuil des 10% requis pour se qualifier au second tour.

Les candidats déclarés aux élections municipales à Toulon : Michel Bonnus (Les Républicains), Magali Brunel (Union de la gauche), Isaline Cornil (La France insoumise), Laure Lavalette (sans étiquette), Emmanuel Le Lostec (Les Écologistes) et Josée Massi (sans étiquette). 

À Marseille, Franck Allisio au coude-à-coude avec Benoît Payan

Dans la cité phocéenne, le Rassemblement national est au coude-à-coude dans les sondages avec le maire sortant Benoît Payan, comme l'indique un sondage Elabe pour BFMTV, BFM Marseille, La Provence et Le Figaro publié mi-février. Le maire divers gauche est donné en tête avec 31% des intentions de vote, talonné par son adversaire du RN, soutenu par l'UDR le parti d'Éric Ciotti, à 29%. La liste les Républicains, soutenue par Renaissance et Horizons de Martine Vassal atteint 21%. Derrière, la France insoumise et Sébastien Delogu stagnent à 12%. 

Lors des dernières élections législatives, trois des sept circonscriptions que recouvre la ville ont été remportées par le RN et ses alliés.

Les candidats déclarés aux élections municipales à Marseille : Franck Allisio (Rassemblement national, soutenu par l'UDR), Rémy Bazzali (Lutte ouvrière), Erwan Davoux (divers droite), Benoît Payan (divers gauche) et Martine Vassal (Les Républicains, soutenue par Renaissance et Horizons).

À Nice, le laboratoire d'Éric Ciotti allié au RN

Désormais à la tête d'un parti allié au Rassemblement national, Éric Ciotti est candidat aux élections municipales à Nice. L'ancien président des Républicains, parti après avoir défendu l'idée d'une alliance avec le RN aux législatives de 2024, mène une bataille fratricide avec Christian Estrosi. Le maire sortant, qui a rejoint Horizons, le parti d'Édouard Philippe, est soutenu par le centre et son ancien parti Les Républicains. 

Mais l'appui du mouvement de Bruno Retailleau a été contesté en interne, certains dénonçant la trahison du maire de Nice, soutien d'Emmanuel Macron, puis d'Édouard Philippe. "Comme je n'ai pas le syndrome de Stockholm, à mon avis LR n'a pas à soutenir ceux qui ont joué contre lui", regrettait le maire LR de Cannes David Lisnard. Observateur des tensions entre Éric Ciotti et Christian Estrosi depuis plusieurs années, le maire LR d'Antibes Jean Leonetti prévient que Nice sera "un laboratoire d'études sur l'évolution de la droite, avec des situations qui se sont enkystées autour de problèmes qui sont maintenant des affrontements de personnes".

Si Éric Ciotti et le RN misent autant sur une victoire à Nice, c'est parce que cela leur permettrait d'acquérir de nombreux grands électeurs, précieux lors des élections sénatoriales. "Si Ciotti gagne à Nice, tout sera décapsulé", a estimé un cadre LR auprès de l'AFP. 
Les candidats déclarés aux élections municipales à Nice : Juliette Chesnel-Le Roux (Parti socialiste, soutenu par Les Écologistes et le Parti communiste français), Éric Ciotti (UDR, soutenu par le Rassemblement national), Mireille Damiano (La France insoumise), Nathalie Dloussky (liste indépendante), Christian Estrosi (Horizons, soutenu par Les Républicains), Estelle Jacquet (Lutte ouvrière), Cédric Vella (Reconquête), Jean-Claude Wahid Spach (liste indépendante).

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