1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Mort de Valéry Giscard d'Estaing : l'homme aux énigmes et du changement culturel

Mort de Valéry Giscard d'Estaing : l'homme aux énigmes et du changement culturel

PORTRAIT - Figure compliquée à cerner, Valéry Giscard d'Estaing s'est ancré dans une époque de bouleversements culturels.

Valéry Giscard d'Estaing le 20 juin 2019.
Valéry Giscard d'Estaing le 20 juin 2019.
Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
Mort de Valéry Giscard d'Estaing : l'homme aux énigmes et du changement culturel
08:40
Mort de Valéry Giscard d'Estaing : l'homme aux énigmes et du changement culturel
08:40
Jean-Mathieu Pernin
Journaliste

Troisième président de la Vème République, Valéry Giscard d'Estaing est mort à l'âge de 94 ans ce mercredi 2 décembre dans le Loire-et-Cher. La disparition de l'ancien chef d'État, c’est aussi celle d’un homme aux nombreuses énigmes, un homme d’une époque de changement culturel et politique. Il est le seul président à être appelé par son acronyme, VGE, le seul président à porter une particule…  

Dans les années 90, en regardant la fresque Française, on se demandait comment cet homme avait pu être là, coincé entre De Gaulle et Mitterrand, accélérant son destin après la mort de Georges Pompidou. 

Avant Nicolas Sarkozy, avant François Hollande, VGE était celui qui n’avait été président qu’une fois. Il y avait eu les 14 ans de François Mitterrand, Jacques Chirac bien parti pour l’imiter, mais comment Giscard s’était-il débrouillé pour ne faire que sept ans ?

Il y a les hommes d’une fois : le pape Jean Paul 1er, Georges Lazemby - le James Bond à un film entre Sean Connery et Roger Moore -,  et Valéry Giscard d’Estaing pour la présidence française, comme un destin qui prend froid en ouvrant en grand la porte de l’histoire.

Symbole d'une époque

À lire aussi

Outre la politique, Valéry Giscard d'Estaing c'est aussi une époque qui hésite entre tradition et modernité, une France qui tire encore la couette du sommeil des trente glorieuses avant de rentrer dans la crise pétrolière. Une France avec col pelle à tarte, cravate en mail, qui regarde son président jouer de l’accordéon, avec Guy Lux lançant des chanteurs à grosse moustache qui chante à leur manière les régions françaises. Et qui découvre qu’elle va aussi, longtemps, habiter en HLM, que le béton va s’arrimer au paysage, que la crise va essouffler une jeunesse. 

Gerard Lambert ou Starmania sont des enfants de Giscard. Des enfants irrespectueux, mais comment ne pas être insolent avec un président aux manières si précieuses. Au cinéma, la France se décomplexe avec Les Bronzés ou en accompagnant Romy Schneider filmée dans une brasserie parisienne au milieu d’une fumée de cigarette épaisse. On rit et on s’émeut de fragilité. L'humour est engagé : on découvre Desproges, Coluche, Le Luron ou Jean Yanne. Le temps est au grinçant, à l’acide.

De Giscard, il restera de nombreuses réformes, l’Europe et un homme ridés à la rancune tenace. Mais surtout, on retiendra cet oncle lors d’un repas de famille qui essaie de faire rire les plus jeunes en imitant VGE, voix si facilement reconnaissable. 

Combien seront-ils aujourd’hui à faire une imitation gênante à la machine à café ?  Il ne faut jamais craché sur sa caricature, c’est toujours d’elle dont on se souvient. 

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/