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La santé des présidents, on nous cache tout, on nous dit rien

ÉDITO - En matière de secret médical, "l’histoire politique française est remplie d’oublis, de dissimulations et de mensonges sur les petits maux et les grandes maladies de nos présidents", explique Olivier Bost.

François Mitterrand le 6 mars 1995 à Jarnac
François Mitterrand le 6 mars 1995 à Jarnac
Crédit : AFP / Archives, Derrick Ceyrac
La santé des Présidents, toujours secret défense !
02:58
La santé des Présidents, toujours secret défense !
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L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
Journaliste

Mais pourquoi la santé des présidents reste-t-elle toujours de l’ordre du secret défense ? Nous sommes en 2020, et nous le voyons avec Donald Trump qui a attrapé la Covid. Ce n’est toujours pas simple de savoir de quoi souffrent nos présidents.

Avec Donald Trump, nous pourrions nous dire qu’il suffit de suivre son rythme de publication sur les réseaux sociaux et le nombre de tweets par heure pour deviner son état de santé. Mais la méthode est aléatoire, tellement Trump réagit à tout, à tout le monde et sur tous les tons.

Il n’en reste pas moins que Donald Trump qui attrape la Covid et qui essaye de le cacher - ses médecins qui s’enferrent dans le mensonge - cela a des airs de déja-vu en matière de santé pour un président. À cela s’ajoute sa réapparition théâtrale, cette nuit où Donald Trump arrache son masque. Tout cela est devenu un événement majeur de la campagne américaine. 

Pompidou, Mitterrand, Chirac, Sarkozy...

En matière de secret médical, nous n’avons pas de leçon à donner en la matière en France. Pompidou, Mitterrand, Chirac, et même Sarkozy. L’histoire politique française est remplie d’oublis, de dissimulations et de mensonges sur les petits maux et les grandes maladies de nos présidents. Et il se trouve que l’État est très bien organisé pour dissimuler ce genre de choses. 

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Dans les années 70, l’information est cadenassée ce qui évite d’avoir des images de l’ORTF d’un Georges Pompidou au plus mal. Sous François Mitterrand, au-delà de l’obsession du secret chez lui, les services de sécurité ont été d’une grande aide pour ne pas dire la vérité pendant plus d’une décennie sur son cancer.

Jacques Chirac, aussi, a dissimulé son véritable état après son AVC. Nicolas Sarkozy n’a pas été d’une grande transparence sur sa santé non plus d’une opération à vif dans la gorge qu’il a racontée récemment, jusqu’à son malaise vagal en plein footing. Les infos ont été à l’époque bien gardées. Le plus jeune de nos présidents Emmanuel Macron a réglé la question. Tant qu’il n’y a rien à dire sur sa santé, il n’y a pas de bulletin médical. 

Transparence contre sujet très personnel

Ces informations sont-elles toujours utiles ? A-t-on besoin de savoir de quoi souffrent nos présidents ? Certains ont quand même péniblement gouverné en fin de mandat : François Mitterrand, Jacques Chirac. Mais ça n’a jamais fait de scandale, ni d’affaire d’état parce que nous sommes toujours ambivalents sur ce sujet.

Nous voulons de la transparence et pour beaucoup nous détestons ces indiscrétions. La santé, ça reste très personnel et intime. À l’inverse, nous pouvons aussi penser dans une logique quasi-monarchiste que la santé d’un président ne lui appartient plus puisqu’il guide les destinées de la nation entière. Il ne peut défaillir.

À la fin, nous tolérons ces petits et ces grands mensonges. La seule différence, au fond, entre les présidents français et un Donald Trump (et pour se rassurer un peu) c’est que le président américain sortant a lui menti sur à près tout, tout le temps et pas seulement sur sa santé.

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