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"L'illustration de ce qui se passe au niveau national" : pourquoi Le Pen s'affiche aux côté du candidat RN pour les municipales à Marseille

À deux mois des élections municipales et en plein procès en appel dans l'affaire des assistants des eurodéputés du FN, Marine Le Pen se rend à Marseille, afin de soutenir Franck Alliso ce vendredi 16 janvier. Selon un dernier sondage, le candidat RN est au coude-à-coude avec le maire sortant Benoît Payan.

Marine Le Pen et Franck Allisio, à Marseille le 23 mai 2022

Crédit : Nicolas TUCAT / AFP

Marie-Pierre Haddad

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À égalité dans les sondages. À Marseille, Benoît Payan a désigné son adversaire : Franck Allisio. Dans un entretien à Marianne, publié le 14 janvier, le maire sortant, candidat à sa réélection l'assure : "Ce sera le RN ou moi". Et pour cause selon un sondage Ipsos-BVA pour La Marseillaise du 12 janvier, Benoît Payan (DVG) et Franck Allisio (RN) sont à égalité avec 30% des intentions de vote. Troisième, la candidate LR soutenue par Renaissance Martine Vassal est estimée à 23%. Sébastien Delogu, tête de liste LFI, obtient 14%. 

En campagne active, celui qui est actuellement député de la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône tient ce vendredi 16 janvier une réunion publique au Parc Chanot, à laquelle se rendra Marine Le Pen. Un soutien électoral qui n'a rien d'anodin, puisqu'il intervient alors que le procès en appel dans le cadre de l'affaire des assistants parlementaires des eurodéputés FN, ex RN se poursuit.

Le parti pourrait être en passe de remporter la citée phocéenne, ce qui serait une première pour cette ville actuellement dirigée par la gauche. Lors du précédent scrutin en 2020, la liste du Rassemblement portée par Stéphane Ravier avait obtenu 19,45% des suffrages au premier tour et 19,8% au second tour.

Un contexte local qui dope le RN

Joint par RTL.fr, Stéphane Zumsteeg, directeur du département opinion et recherche sociale de Ipsos-BVA, explique que les 30% d'intentions de vote en faveur de la liste RN portée par Franck Allisio marquent "une progression spectaculaire". "Marseille est l'illustration de ce qui se passe au niveau national. Comme partout en France, le RN progresse", note-t-il.

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Selon le directeur du département opinion et recherche sociale de Ipsos-BVA, "le contexte local avec la lutte contre le narcotrafic et l'assassinat du frère d'Ahmed Kessaci" ont aussi eu un impact et peuvent expliquer la progression des intentions de vote en faveur du parti de Jordan Bardella.

"Si nous gagnons Marseille, c'est toute la région qui tombe"

Un stratège mariniste cité par Le Figaro loue l'instinct politique de Marine Le Pen. "Elle a bien senti qu'il se passait quelque chose dans la deuxième ville de France", notait-il. Et pour cause, les dernières élections législatives ont été fructueuses pour le parti dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Sur 42 circonscription, 30 sont détenus par des élus du Rassemblement national.

Une proportion qui donne confiance au candidat RN, Franck Allisio quant au sort politique de la ville. "Si nous gagnons Marseille, c'est toute la région qui tombe", prédit-il auprès du journal. 

Lors des élections européennes de juin 2024, la liste portée par Jordan Bardella était arrivé en tête à Marseille avec 30,14% des voix. "Traditionnellement, le scrutin des européennes est plus favorable au RN que les élections locales. C'est pourquoi les estimations de vote pour Franck Allisio sont un score inédit et élevé", explique Stéphane Zumsteeg.

Marseille, l'incarnation de la lutte contre le RN

Outre la prise de guerre électorale que représenterait le basculement pour la première fois de son histoire de cette municipalité, sous bannière RN, Stéphane Zumsteeg souligne le symbole qui s'y attache. Dans l'hypothèse où Franck Allisio remporte Marseille, "ce serait un coup de tonnerre et le principal enseignement de ces élections municipales", analyse-t-il. 

Pourquoi ? Marseille est la deuxième ville de France en terme de nombre d'habitants. Puis, la ville est depuis des années "tant l'incarnation d'un FN, puis d'un RN puissant. Mais aussi du barrage contre l'extrême droite", ajoute-t-il.
Sans oublier que la citée phocéenne est aussi "la ville de cœur" d'Emmanuel Macron qui y a multiplié les déplacements depuis son élection en 2017. Renaissance n'a pas présenté de liste mais soutient celle de la candidate Les Républicains Martine Vassal. Une stratégie aussi appliquée à Paris et à Lyon.
"C'est un signe de l'affaiblissement du président de la République et des difficultés que rencontrent le parti présidentiel" en cette fin de mandat, conclut Stéphane Zumsteeg.

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