3 min de lecture Présidentielle 2017

L'affaire Fillon place l'UDI dans une position inconfortable

DÉCRYPTAGE - L'UDI, qui a suspendu sa participation à la campagne de François Fillon, s'interroge sur l'avenir de son alliance avec Les Républicains. Problème : des sièges de député sont en jeu.

François Fillon et Jean-Christophe Lagarde, le 27 septembre 2015 à Nogent-sur-Marne
François Fillon et Jean-Christophe Lagarde, le 27 septembre 2015 à Nogent-sur-Marne Crédit : DOMINIQUE FAGET / AFP
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Julien Absalon
et Julien Fautrat

L'UDI va-t-elle suivre la vague de désertions ? Quelques heures après la spectaculaire conférence de presse du candidat à la présidentielle, menacé par une mise en examen dans l'affaire des soupçons d'emplois fictifs portant sur sa femme Penelope, le parti centriste a annoncé la suspension de sa "participation" dans la campagne de François Fillon. "Je réunirai la semaine prochaine le bureau exécutif de l'UDI afin que nous prenions une décision collective", a déclaré son président Jean-Christophe Lagarde lors d'un entretien à l'AFP, confirmant une information de RTL.

Pour l'UDI, il s'agit désormais de savoir si la collaboration avec le vainqueur de la primaire de la droite peut se poursuivre. Faut-il continuer, malgré des défections au sein même du camp Fillon ? Ou faut-il prendre ses jambes à son cou avant que la situation ne s'enlise ? En attendant la réunion des cadres du parti, un débat dans chaque fédération aura lieu les 4 et 5 mars.

Pour le moment, les tergiversations sont importantes. "On a des perturbateurs en interne", confie-t-on, auprès de RTL, au sein du parti. "Chez nous, ça ne suit plus. La mise en examen a changé la donne", dit un autre. "Il n'est bien sûr plus question de soutenir Fillon. C'est hors de question. Il faut le débrancher et vite !", lâche même une source parlementaire UDI à l'AFP. Mais ces avis ne font pas l'unanimité. Le député François Sauvadet, dans un communiqué, a ainsi dénoncé "l'acharnement" autour de ce feuilleton. Quant à l'ancien ministre Hervé Morin, considéré comme le chef de file des pro-Fillon à l'UDI, il s'est montré très clair dans les colonnes de Ouest-France : "Je n'ai pas l'intention de changer de candidat".

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68 circonscriptions dans la balance

Jusqu'à cet énième rebondissement, les relations entre l'UDI et François Fillon étaient pourtant au beau fixe et claires. Au micro de RTL, quelques minutes avant l'annonce inattendue du report de la visite au Salon de l'Agriculture, Bernard Accoyer confiait qu'un "accord électoral de gouvernement" en vue des législatives venait d'être trouvé. Il prévoyait la mise à disposition d'une "quarantaine de circonscriptions gagnables" et une "investiture commune" pour les 28 députés UDI sortants. "C'est un accord équilibré qui est surtout fondé sur la volonté de pouvoir disposer d'une majorité de gouvernement", expliquait le secrétaire général des Républicains. Dans la foulée, mercredi 1er mars, une réunion devait sceller cet accord. Mais elle a été purement et simplement annulée.

Car au-delà même de l'approbation ou non de la stratégie offensive de Fillon sur le plan de ses déboires judiciaires, ce sont surtout des sièges à l'Assemblée nationale qui sont en jeu. Si le parti venait à abandonner le navire filloniste, les élus sortants risquent de voir des candidatures LR leur mettre des bâtons dans les roues. Idem pour ceux qui espéraient remporter aisément une circonscription. La réflexion se pose néanmoins sous l'aspect inverse. Si François Fillon venait à essuyer une débâcle à la présidentielle, cette sanction des électeurs pourrait-elle se répercuter dans les urnes des législatives ? Dans ce cas là, tous les candidats affiliés de près ou de loin aux Républicains risquent un retour de flamme. S'éloigner du danger pourrait alors être une bonne solution.

Le risque de l'isolement

Mais en cas de rupture d'alliance, l'UDI se retrouverait isolée et verrait même son groupe parlementaire au Palais Bourbon (27 députés) être mis en danger. Une fragilisation qui tombe au plus mal car le MoDem, l'autre camp centriste, s'est rapproché d'Emmanuel Macron et semblerait avoir négocié près d'une centaine d'investitures aux législatives. De quoi, potentiellement, revenir en force et faire de l'ombre à l'UDI.

Pour Jean-Christophe Lagarde, ce serait d'autant plus fâcheux car la tentation Emmanuel Macron avait existé après l'élimination d'Alain Juppé. Des "convergences" avec le programme économique du leader du mouvement "En Marche !" avaient notamment été relevées. Et aujourd'hui encore, un élu se dit prêt à un accord avec l'ex-ministre de François Hollande. Le dilemme est donc immense pour Jean-Christophe Lagarde qui, le 21 février, lâchait en évoquant le ralliement de Bayrou à Macron : "Quand on est centriste, on ne choisit pas un homme mais un projet".

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