3 min de lecture Présidentielle 2017

Immigration : en 2017, le candidat Macron était contre une politique de quotas

ECLAIRAGE - Le gouvernement a officialisé la mise en place de quotas pour l'immigration économique. Une mesure que ne défendait pas le candidat En Marche, lors de la campagne présidentielle de 2017.

Emmanuel Macron à Rodez
Emmanuel Macron à Rodez Crédit : ERIC CABANIS / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

C'est désormais confirmé : le gouvernement va instaurer des quotas pour l'immigration économique. Muriel Pénicaud a confirmé l'information du Parisien, ce mardi 5 novembre. Des "quotas" ou "objectifs chiffrés" d'immigrés "professionnels" vont être fixés chaque année, dès l'été prochain, pour que la "France recrute" en fonction de ses besoins de travail, a confirmé la ministre du Travail sur BFMTV

"L'idée, c'est d'avoir des objectifs chiffrés, ou des quotas, c'est une question de sémantique (...) C'est la France qui recrute par rapport à ses besoins. C'est une approche nouvelle, un peu une approche qu'a le Canada et l'Australie, c'est assez proche", a-t-elle ajouté.

L'aboutissement d'un débat rouvert par Emmanuel Macron lors de la crise des "gilets jaunes". Le président de la République invitait les Français à s'exprimer sur le sujet de l'immigration. "Une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ?", pouvait-on lire dans sa lettre adressée aux Français

Je ne crois pas aux politiques des quotas, parce qu'on ne sait pas les faire respecter

Emmanuel Macron, en 2017
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Mais depuis la campagne présidentielle de 2017, l'avis d'Emmanuel Macron a évolué sur le sujet. Le 14 janvier 2017, lors d'un meeting à Lille, le candidat En Marche assurait : "Quand j'entends qu'on peut nous proposer pour la énième fois, des quotas c'est à supposer que quand les quotas ne sont pas respectés on ait la main pour les faire respecter, ce n'est pas le cas aujourd'hui". 

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Il ajoutait : "Je ne propose pas une politique idéologique en matière d'immigration, je propose une politique efficace, claire, menée avec nos partenaires européens, c'est cela notre projet".

Quelques mois plus tard, en mars 2017, il expliquait, dans un entretien avec l'ancienne présidente de la Cimade, Geneviève Jacques, ne "pas croire aux politiques des quotas, parce qu'on ne sait pas les faire respecter. Déciderions nous, demain, d'avoir un quota de Maliens ou de Sénégalais d'un côté, d'informaticiens, de bouchers de l'autre, comme certains le proposent ? Un tel dispositif serait quasiment impossible à piloter". 

Christophe Castaner relance le débat

En juin dernier, Christophe Castaner avait relancé le débat en expliquant au Journal du Dimanche : "En matière d'asile, les quotas sont contraires à nos engagements internationaux - et à mon éthique personnelle. Toute demande d'asile doit être examinée, ce qui ne veut pas dire acceptée". 

"Mais la question des quotas pourra être posée dans le cadre du débat pour d'autres modes d'immigration légale", nuance-t-il ensuite, sans préciser quel type d'immigration pourrait être concernée (familiale, économique, étudiante...). 

A l'époque certains y voyaient l'influence des sarkozystes au sein du gouvernement. Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics très souvent comparé à Nicolas Sarkozy, aurait alors insisté pour que le gouvernement "maintienne ses positions" sur le sujet, notait Le Journal du Dimanche.  

Une proposition de Fillon en 2017

Proposition faite par la droite depuis 2006 par Nicolas Sarkozy alors ministre de l'Intérieur, François Fillon l'avait reproposée dans son programme. Il s'agissait de la proposition numéro 11 de son projet présidentiel : "Réduction de l’immigration par le biais de la mise en place de quotas"

Le candidat de la droite et du centre souhaitait "inscrire dans la Constitution le principe de quotas d’immigration, plafonnant le nombre de titres de séjour pouvant être délivrés chaque année au titre de l’immigration professionnelle et familiale, en fonction des capacités d’accueil de la France et des capacités d’intégration des demandeurs".

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