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François Hollande raconte à RTL les coulisses de la grâce accordée à Jacqueline Sauvage

DOCUMENT RTL - Le 28 décembre 2016, François Hollande accorde une grâce totale à Jacqueline Sauvage, condamnée deux ans plus tôt pour avoir tué son mari violent. Dans "Les Voix du crime", l'ancien président de la République revient sur ce moment historique de son quinquennat.

François Hollande raconte les coulisses de la grâce présidentielle accordée à Jacqueline Sauvage.
François Hollande raconte les coulisses de la grâce présidentielle accordée à Jacqueline Sauvage.
Crédit : Jeanne Rouxel/AFP
56. Affaire Jacqueline Sauvage : François Hollande raconte les coulisses de sa grâce présidentielle
00:25:52
Marie Zafimehy

"Je suis convaincu que c'est la bonne décision." Le 28 décembre 2016, François Hollande signe le décret accordant une grâce totale à Jacqueline Sauvage condamnée pour avoir tué son mari violent après un an d'hésitations.

Depuis qu'il a entendu l'histoire de cette femme à la fois victime et coupable, le Président n'a cessé de vouloir trouver un compromis pour ne pas froisser l'institution judiciaire.

"J'étais devant un dilemme, confie l'ancien chef de l’État dans le podcast de RTL Les Voix du crime. Soit j'étais soucieux de l'indépendance de la justice et je ne graciais pas, soit au contraire, sans vouloir remettre en cause l'indépendance de la justice, j'étais sensible, attentif, comme président de la République, à cette cause que représentait Jacqueline Sauvage." À savoir : celle des violences faites aux femmes.

Quand j'ai écouté les filles, je n'ai pas eu de doute sur le soutien qu'elles apportaient à Jacqueline Sauvage

François Hollande

La décision de libérer Jacqueline Sauvage prend racine dans la mobilisation populaire, organisée depuis l'annonce de sa condamnation en appel en 2015. Comité de soutien, pétition, médiatisation... L'opinion publique soutient cette femme victime de violence, coupable d'avoir tué son bourreau de trois coups de fusil dans le dos. Elle demande une grâce présidentielle.

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Face à cette effusion, François Hollande sollicite d'abord son entourage et ses conseillers qui le dissuadent d'accepter. La Garde des Sceaux de l'époque, Christiane Taubira, y est elle favorable. Désireux d'en savoir plus sur la situation de la sexagénaire emprisonnée, François Hollande reçoit ses avocates et ses filles. "Quand j'ai écouté les filles, se rappelle François Hollande, je n'ai pas eu de doute sur le soutien qu'elles apportaient à Jacqueline Sauvage et ce qu'elles avaient elles-mêmes eu à endurer, y compris de violences et d'agressions."

Dans ce contexte, le Président accorde d'abord une grâce partielle à Jacqueline Sauvage. Cette décision qui se veut respectueuse de la magistrature - elle nécessite l'intervention d'un juge d'application des peines - "permet à Jacqueline Sauvage de demander sa libération conditionnelle", explique-t-il. Pour autant, cela ne suffit pas : par deux fois, les magistrats estiment que Jacqueline Sauvage n'est pas prête à être libérée.

Du jour au lendemain, Jacqueline Sauvage est libre

François Hollande

Les semaines passent, Jacqueline Sauvage reste en prison. La mobilisation se fait de moins en moins pressante comme s'il y avait une forme de "lassitude", se souvient François Hollande. "Et puis, à la fin de l'année 2016, je prends la décision d'accorder la grâce totale", raconte le Président qui publie un tweet dans la foulée. "Avec la grâce, du jour au lendemain, à la minute même ou je prends le décret de grâce, Jacqueline Sauvage est libre."

Aujourd'hui, François Hollande se réjouit d'avoir pris cette décision. "Je crois que cette décision de grâce, de libération de Jacqueline Sauvage, de la mobilisation qui s'est organisée autour d'elle, a permis de quand même ouvrir des esprits qui étaient sans doute déjà sensibilisés, mais qui, cette fois ci, ont bien pris conscience que ces violences étaient beaucoup plus fréquentes qu'on ne le croyait nous-mêmes", insiste-t-il.

Jacqueline Sauvage est décédée en juillet 2020, mais son affaire reste symbolique des violences faites aux femmes. Si bien que ses avocates Me Tomasini et Bonnagiunta ont défendu Valérie Bacot dans une affaire similaire : celle qu'on appelait "la nouvelle Jacqueline Sauvage", accusée d'avoir elle aussi tué son mari violent, est ressortie libre du tribunal en juin 2020.

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>> Les Voix du crime sont avocats ou avocates, enquêteurs ou enquêtrices, proches de victimes, de suspects ou de coupables. Ces témoins-clefs se confient au micro des journalistes de RTL. Des témoignages inédits, qui apportent un éclairage nouveau sur la justice et les grandes affaires criminelles d’aujourd’hui.

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